‹ Annales agronomiques (volume 2)Chapitre 65 sur 253 · DUHOIVT · texte numérisé non relu

DUHOIVT

TABLEAU I?. - Cul-

NUMéROS paroaUes.

CULTURES ET FUMURES eo 1890.

Pomme de terre, sans engrais . . . . . "

Trèfle

Maïs, 30,000 kil. fumier, 200 kil. nitrate..

Maïs, 40,000 kil. fumier, 200 kil. nitrate...

Betterave, 30,ono kil. fumier, 200 kil

nitrate

Trèfle

Pomme de terre, sans engrais

Trèfle

Pomme de terre, sans engrais

Trèfle

Betteraves: 40,000 kil. fumier ......

Betterave, sans engrais

Betterave, 40,000 kil. fumier

Trèfle

Pomme de terre

NATURE ET POIDS

de l'eograis.

distribué en 1891.

Blé des

Sans engrais

200 kil. superphosphate j

200 kil. chlorure de potassium. . . |

200 kil. superphosphate, 200 kil.j chlorure de potassium

iOO kil. superphosphate, 200 kil.l nitrate, 200 kil. chlorure de potassium

Sans engrais

102 kil. superphosphate, 100 kil.

nitrate, 100 kil. chlorure de potassium

Sans engrais .

Blé de

Sans engrais

200 kil. superphosphate. . . . 200 kil. chlorure de potassium

200 kil. superphosphate, 200 nitrate, 200 kil. chlorure potassium

Sans engrais

kil.

de

Blé de

Sans engrais

200 kil. superph., 200 kil. nitrate.

200 kil. superphosphate, 200 kil.

chlorure de potassium, 200 kil.

nitrate

Sans engrais

Sans engrais . . . -

200 kil. superphosphate, 200 kil.

nitrate, 200 kil. colorure de potassium

Blé de

Sans engrais

400 kil. superphosphate

200 kil. chlorure de potassium . .

200 kil. superphosphate, 200 kil.

chlorure de potassium

200 kil. superphosphate, 200 kil.

nitrate, 200 kil. chlorure de potassium

Sans engrais

Blé de

Sans engrais

200 kil. nitrate de soude

GULTIRËS DU CHAMP D^KXPÉRIBNGBS DE 6RI6N0N DE 1890 A 1893 tare dn blé en 1891.

DÉPENSE d'eagrait.

POIDS de

graio.

VOLUME

du

graio.

POIDS delà paiUe.

VALEUR

du

grain

i 23 fr.

le qaintaL

VALEUR

de U

paille

i 4 francs

les 100kil«s.

VALEUR

de U

récolte.

BÉNÉFICE

frais fixes :

300 fr.

fr. c.

fiiDt. lét.

hecloL

qiiot. m.

fr. c.

fr. c.

Merchines.

Rambouillet.

Saumor.

Ckdd

ondrop.

Schlanstedt.

150 J. IIUHONT

(( Mais le blé ne gële que lorsqu'il a fait, pendant une semaine au moins, une température chaude atteignant jusqu'à 13 degrés environ ; sous l'influence de cette température le blé pousse et on voit au ras du sol une partie presque blanche et extrêmement tendre ; c'est cette partie tendre qui est très sensible à la gelée, mais il faut, pour produire la congélation, que la température de l'air à 2 mètres au-dessus du sol descende jusque vers 13 degrés au-dessous de zéro. Ainsi un abaissement de 26 degrés au moins de température est nécessaire pour détruire le blé ; il est non moins nécessaire que cet abaissement se fasse en quelques jours, autrement le blé se raiFermit, verdit et ne craint plus la gelée.

ce Ainsi, pour que le blé soit détruit par le froid, il faut une cha* leur suffisante et assez prolongée pour qu'il entre en végétation ; une température voisine de 12 ou 13 degrés succédant en quelques jours à la chaleur ; un sol découvert de neige, ou, ce qui est encore bien plus dangereux, un sol couvert de 1/2 ou 1 centimètre de neige ; le dégât sera alors bien plus grand que sur une terre sèche.

« On voit pourquoi le blé ne gèle pas souvent; pourquoi les blés faits un peu plus tôt ou un peu plus tard n'éprouvent point de dommage, les conditions nécessaires à la production des dég&ts ne se rencontrant heureusement pas souvent réunies. »

Il est curieux de constater que le blé résiste, dans les conditions ordinaires, à de très basses températures. L'interprétation de M. Renou est très instructive et particulièrement intéressante. Il ne nous semble pas inutile cependant de faire entrer, dans les causes de congélation du blé, la longue durée des gelées. Nous avons vu à différentes reprises, et notamment en 1892, le thermomètre descendre, à l'École de Grignon, à 17 degrés; le blé cependant a moins souffert qu'en 1891, bien que la récolte ait été mauvaise. Est-ce parce que la terre n'est pas restée aussi longtemps gelée? C'est, à notre avis, la seule explication qui paraisse logique. Il est bien naturel de croire que quand le sol est gelé à une profondeur de 0*^,50 et que le gel persiste pendant quinze ou dix-huit jours, les racines des végétaux et le végétal tout entier sont cruellement éprouvés.

L'influence des variétés joue aussi un rôle considérable; le Schlanstedt que nous avions conservé à titre de renseignement s'est montré très résistant à la gelée ; quand on lui a donné, au

CULTURES DU CHAMP D*BXPfiRIENCBS DE GRIGNON DE 1890 A 1893 151

printemps, 200 kilos de nitrate de soude il a pu fournir 17 quintaux métriques de grain et 51 quintaux de paille.

Blés de printemps. — Parmi les différentes variétés que nous avons signalées plus haut, il en est une qui attire particulièrement notre attention : c'est le Goldendrop. Yoilà, en effet, un blé d'hiver qui nous donne comme culture de printemps les plus forts rendements. Les parcelles 7i, 72, 73, 74 et 75, cultivées en betteraves Tannée précédente, ont donné en moyenne 30 quintaux métriques de grain, rendement que nous obtenons dans les années ordinaires avec les blés à épis carrés ; le Goldendrop, habituellement considéré comme variété d'automne fort appréciée dans différentes régions, peut donc devenir un excellent blé de mars/

Le Goldendrop n'est pas le seul blé des deux saisons, M. Paul Genay a signalé également le blé rouge hâtif d'Alsace. « Cette variété, écrit le distingué cultivateur de Belle vue, est intermédiaire entre le blé de Bordeaux et le blé de Noé; en raison de sa rusticité on peut le semer au printemps ou à Thiver, comme blé de printemps elle peut fournir 26 hectolitres à l'hectare ; le grain est un peu retrait. »

Cependant tous les blés d'hiver ne jouissent pas de cette faculté ainsi que nous le verrons plus loin ; il y a des raisons physiolo* giques, encore inconnues, qui rendent telle variété plutôt que telle autre apte à tel mode de culture. Il est permis de supposer que les blés à développement rapide, comme le Goldendrop, sont particulièrement prédisposés à devenir, soit des variétés d'hiver, soit des variétés de printemps.

Le blé des Merchines a donné les plus mauvais résultats. Nous avons déjà dit qu'il avait été clairsemé, il ne faut pas croire cependant que cette raison seule doit prévaloir. Il y en a une autre, plus importante que la précédente : c'est que ce blé a été semé sur prairie récemment défrichée. Les parcelles i, 3, 4, 6, 7, 8 et 9 sont des anciennes prairies défrichées; ainsi que l'a montré M. Paturel, on éprouve beaucoup de difficultés à remettre en culture de semblables terres ; les céréales en particulier y réussissent très mal et deviennent la proie d'une multitude d'insectes et particulièrement des taupins.

L'action des engrais n'est pas bien manifeste. Le superphosphate de chaux, qui avait donné de bons résultats dans les parcelles épuisées, n'a pas d'effet sensible dans celles qui sont régulièrement

152 J. DUHONT

fumées ; le chlorure de potassium est inefficace sur les terres du champ d'expériences, qu'elles soient épuisées ou non.

C'est après une plante sarclée bien fumée que le froment a donné encore les meilleurs rendements.

L'efTet du nitrate de soude est manifeste sur la parcelle 5i cultivée en Schlanstedt ; et bien que sa récolte ait été plus abondante après cette fumure, elle est tellement faible, qu'il ne semble pas y avoir intérêt à conserver les blés d^hiver quand ils ont été aussi cruellement éprouvés qu'en 1891 ; il est bien préférable de bouleverser le sol après la gelée, et de Tensemencer en blé de printemps.

Les cultures du blé de 1891 peuvent servir à renseigner le cultivateur, sur les variétés à semer, quand, par l'effet de la gelée, les blés d'hiver sont détruits, et tout d'abord répétons, en nous appuyant sur les rendements des parcelles 40 et Si, qu'il ne faut pas conserver un blé mis en mauvais état par la gelée, on n'en fait rien de bon. Le blé étant détruit, il faut semer de nouveau ; il suffit de voir le tableau IV, pour se décider à l'abandon du blé des Merchines et du blé de Saumur, mais au contraire on peut hésiter entre le blé de Rambouillet (probablement identique avec le Chiddam blanc de mars) et le Goldendrop. Ce dernier est beaucoup plus connu, et le marché en est bien approvisionné ; en outre le rendement a été un peu supérieur, tandis que le blé de Rambouillet a donné en moyenne 27*»",2 à l'hectare, le Goldendrop en a fourni 28'*°',66, ce qui est un fort rendement pour un blé de printemps.

Culture de l'avoine.

L'eau tombée pendant le printemps et l'été ayant été assez considérable, les récoltes d'avoine n'ont pas trop souffert. Les parcelles 22, 23| 24 et 25 ont donné chacune 36 quintaux métriques de grain correspondant à 75 hectolitres environ.

L'avoine des Salines se montre encore supérieure à celle de Houdan. Si nous comparons successivement les numéros 22, et 27, 23 et 26, 24 et 28, nous constatons que l'avoine des Salines, succédant à une mémo culture ayant reçu la même fumure, donne 4 ou 5 quintaux métriques en plus de grains par hectare.

La parcelle 21 épuisée a reçu du superphosphate de chaux à raison de 200 kilos sur le côléËst; le rendement n'a pas été sensiblement plus élevé. Ainsi que l'a observé déjà M. Dehérain : les

CULTURES DU CHAMP I) EXPÉRIBNCKS DB GRIGNON DB i890 A 1893

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