Revtie horticole^ d après Visalia Times, 1893, p
grappes d'uD vignoble de 20 hectares , il a fait paître le restant à ses porcs. Il entourait quelques acres d*un grillage rudimentaire et lâchait ses cochons dans ce parc improvisé, puis il reportait Tenclos plus loin de façon qu'il les fît passer successivement dans tout le vignoble. Ils grapillèrent très soigneusement et engraissèrent dans de telles proportions, rapporte-t-on, que les raisins ainsi consommés ressorlirent à un prix qu'ils n'auraient acquis ni par la vente directe, ni par la transformation en vin.
La composition et Templdî des marcs de raisin dans l'alimentation animale ayant été étudiés ailleurs, on ne s'y arrêtera pas ici.
Châtaignes. — Le propriétaire de châtaigneraies peut avoir avantage à faire consommer les châtaignes au fur et à mesure do la récolte, et défait, il en est qui en font des distributions à leurs porcs. II est aussi des circonstances où les agriculteurs peuvent acheter ces fruits à bon marché: c'est d'abord quand les « marchands de marrons » au détail, qui animent les coins de rues des grandes villes et jettent une note pittoresque dans l'uniformité des cités en hiver, quittent leurs échoppes en mars pour regagner leurs montagnes. Il leur reste parfois des stocks dont ils sont obligés de se défaire à bas prix. Puis assez fréquemment ce sont de grands marchands de fruits qui, ayant entassé des provisions do châtaignes, ne peuvent les vendre pour l'homme parce qu'elles ont fermenté, qu'elles <( se sont échauffées », comme ils disent. Ils sont obligés de s'en défaire. La châtaigne mise en tas est, en effet, un fruit de conservation difficile. La masse s*échauffe, des moisissures couvrent le spermoderme et l'intérieur s'aigrit.
Intactes ou aigries, elles peuvent entrer dans l'alimentation du bétail. A la ferme d'application de l'École vétérinaire de Lyon, elles contribuent, chaque fois que l'occasion s'en présente, à nourrir les moutons.
On les donne crues, après avoir eu la précaution do les passer soit au coupe-racines, soit, ce qui est préférable, au brise-tourteaux, afin de les égruger. Le spermoderme n'est pas enlevé et reste mêlé à la masse farineuse.
Les moutons reçoivent :
Châtaignes égrugées 3 litres.
Foin 1 k. 500
Quand on dépasse la dose ci-dossus, il reste une certaine quantité d'enveloppes non consommées.
220 Ch. CORNEVIN
On peut constituer la ration suivante pour les porcs:
Châtaignes égrugées 2 kil.
Débris de triperie 0 800
Eaux grasses 3 litres.
D'après ce qu'il nous a été donné d'observer, la châtaigne est un bon aliment; mais Tennui pour Téleveur est le même que pour le négociant ou le récoltant, la difficile conservation; on ne peut en faire de grandes provisions à la fois ni toujours profiter des occasions avantageuses qui se présentent. Il y aurait lieu de chercher à la conserver soit dans le vide, soit sous Teau (comme on le fait pour les glands dans quelques pays), soit enfin de la torréfier. Ces points méritent d'être étudiés de près.
Sa composition est la suivante d'après Gohren :
Eau 49.2
Matières azotées 3 »
— grasses 2.5
Extractifs non azotés 42.7
Ligneux 0.8
Glands. — De la châtaigne au gland, la transition est naturelle ; bien qu"il ne sagisse point du fruit d'un arbre ou arbuste cultivé, le rôle qu'il joue et surtout qu'il pourrait jouer dans l'alimentation animale, me justifiera d*en parler ici.
Depuis le Quercus robus L. des forêts du centre et du nord de l'Europe jusqu'au Quercus suber de l'Afrique, les espèces de chênes sont très nombreuses ; certaines années elles fournissent des glands en quantité inimaginable.
De temps immémorial, le porc va à la glandée et mange à même sous les arbres; pour les autres animaux l'usage est resté plus restreint. Il n'est généralement que momentané, vu la difficile conservation des glands. Mis en tas, ils s'échauffent, deviennent humides, se couvrent de moisissures orange et bleues.
A l'état vert, avant complète maturation surtout, c'est-à-dire fin août et courant de septembre, chevaux, bêtes bovines, porcs et moutons les consomment d'emblée et intégralement, comme ils acceptent d'ailleurs les feuilles de chêne. A ce moment, la cupule est encore enlièrement unie au fruit proprement dit et elle est consommée avec lui. Pour 100 de poids total, il y a 30 de cupules et 70 de fruits. Plus mûrs, l'appétence des animaux est moins
prononcée. Ces glands frais et verts pèsent en moyenne 770 grammes le litre.
Le procédé de conservation le plus généralement employé est la dessiccation. A la campagne j'ai vu la cuisson du pain effectuée, placer les glands dans le four, procédé simple et non coûteux puisqu'il permet d'utiliser du calorique habituellement perdu.
Parfois on profite des belles journées d'automne pour les faire sécher au soleil, moyen plus recommandable pour le Midi que pour le Nord. Quand on dispose de vastes greniers, on les étale en couches très minces et on les laisse ainsi se dessécher peu à peu. Le litre de glands secs pèse environ 470 grammes.
Un autre procédé moins usité est la conservation sous l'eau. Voici en quels termes un agriculteur algérien le décrit : « Les glands étaient jetés dans des trous de 2 à 3 mètres de capacité. Ces trous étaient disposés suivant la ligne d'une pente dominée par une source, l'eau passait d'un trou dans l'autre. Le débit de la source était de 6 litres à la minute. Quelques fagots empêchaient les glands de sortir des fosses.
Après quelques jours d'immersion, les glands émettaient des exhalaisons infectes. Au bout de trois semaines, il n'y avait plus de mauvaise odeur. Les germes avaient disparu ; ils avaient été décomposés par la fermentation de la matière azotée et entraînés hors des fosses par le courant de l'eau; la peau des glands avait noirci extérieurement, les cotylédons étaient restés blancs ; ils avaient perdu en grande partie leur goût astringent.
Ces glands laissés dans l'eau très peu courante me servaient de janvier à octobre, à l'alimentation d'un fort troupeau de porcs. Les vaches et les bœufs mangeaient ces glands avec la plus grande avidité. (Beugin, in Journal de l* Agriculture ^ 1893, août, p. 250.)
Antérieurement, Magne avait fait connaître que, dans l'Aveyron, lors des années d'abondance, on met les glands dans des citernes où ils se conservent sans altération, même pendant plusieurs années^ à condition d'être constamment submergés.
Il y a aussi à signaler la pratique de la torréfaction suivie de la mouture. On obtient ainsi une farine qui se conserve fort bien en sacs. Mais ce procédé, mis en usage quand il s'agit de préparer du café de glands, n'est généralement pas usité quand il faut agir
222 Ch. €0R9iEVIN
sur des quantités très considérables comme celles qu'on manipule dans une exploitation agricole importante ; il ne serait vraisemblablement pas économique.
Enfin des auteurs, au nombre desquels il faut citer Viborg, conseillent de drécher le gland, c'est-à-dire de le stratifier dans la terre, de l'arroser, de le faire germer, puis quand la germination est accomplie, de le faire sécher et de le concasser. Soas l'influence de la germination, la dextrine et Tamidon se transforment partiellement en sucre et la proléîne devient une albumine plus digestible, mais avec le prix que nous attachons au temps et avec la cherté de la main-d'œuvre, ces avantages ne sont compensés que quand l'agriculteur peut lui-même exécuter ces manœuvres; s'il est obligé de recourir à autrui, il faut y renoncer.
Le gland se donne habituellement cru ; on ne le fait cuire que quand on le mêle à des aliments qui exigent la cuisson, comme les pommes de terre.
Cru, il est donné entier le plus souvent; quelquefois on le concasse. Bosc a recommandé de le faire macérer dans Teau alcaline pour lui enlever son âpreté. Je n'ai point remarqué que cette amertume déplût aux animaux. En ce qui concerne le mouton, j'ai même observé qu'elle lui plaît davantage que la fadeur ou même que la saveur sucrée.
A la suite de la dessiccation et surtout de la torréfaction Tenveloppe se sépare facilement du fruit, on obtient le gland décortiqué. D'après Wolf, la composition chimique des glands frais et non décortiqués et des secs et décortiqués est la suivante :
Eau.
Matières azotées
— grasses
Cellulose brute
Extractifs non azotés . .
Cendres
A ces substances, il faut ajouter du tanin, plus abondant dans les glands des chênes septentrionaux que dans ceux du Midi, et un extractif amer.
Le gland, de par sa constitution chimique, ne constitue pas un aliment concentré, mais on aurait tort de le négliger. Son asso-
GUKDSFRilS
fiUNDS SICS
BMdéeortiqiés.
dèMrtiqiéi.
cialion à d'aulres aliments dans les années d'abondance permet de conslituer des râlions économiques.
Il vient d'être dit que du tanin se trouve dans les glands ; on nous a plusieurs fois consulté pour savoir si sa présence pouvait occasionner des maladies aux animaux et, par conséquent, être un empêchement à l'introduction des glands dans l'alimentation. Des observations que nous avons faites, il résulte que le fruit du chêne provoque la constipation qui peut devenir opiniâtre si la ration en est forte, mais nous n'avons jamais observé autre chose et en particulier nous n'avons pas vu apparaître Thématurie, la néphrite ou quelque empoisonnement spécial.
Il est facile de ne pas laisser prendre à cette constipation un caractère trop prononcé en ne forçant pas les doses de glands et surtout en les associant à des aliments aqueux qui poussent à la diarrhée, tels que des pulpes, des vinasses^ des drèches très liquides, du son fraisé. C'est même un excellent moyen de combattre l'allanguissement des fonctions digestives, le début de fatigue intestinale, l'inappétence et l'hydrohémie qui se montrent quand on utilise trop exclusivement ou trop largement les déchets industriels.
Pour le cheval, il ne faut pas'dépasser chaque jour 4 kil. 1/2 de glands verts ou 2 kil. 800 de glands secs. En associant cette quantité à une poignée de graine de lin on prévient ou on atténue la constipation.
Pour la vache laitière, on adoptera les mêmes quantités, car en les forçant, on s'expose à en retrouver chaque jour au fond de la crèche. On les associe aux pulpes, aux vinasses, aux pommes de terre et surtout au son.
Pour les bœufs de labour ou d'engraissement, on va jusqu'à
6 kilos de glands frais et 3 kil. 700 de secs qu'on associe à d'autres aliments.
Les moutons peuvent recevoir 500 grammes de glands secs ou
7 à 800 grammes de verts.
Le porc en recevra de 800 grammes à i kilo de secs suivant sa taille et de 1 kil. 300 à i kil. 500 de frais.
Lorsqu'il s'agit de glands doux provenant des espèces méridio^ nales et notamment du chêne-liège, les rations ci-dessus peuvent être majorées d'un dixième.
Le lapin mange aussi le gland. Les volailles ne le recherchent
224 Ch. GORNEVIN
pas; il ne leur convient pas cru; elles l'acceplent à la rigueur quand il est cuit ou mieux quand on en fait une sorte de pain de glands, après qu'il a été torréfié. Mais il est bien d*autres aliments préférables pour les hôtes de la basse-cour.
L'alimentation au gland tonifie les chairs; à ce litre elle est recommandable pour les animaux qu'on va consommer, notamment le porc.
IL — Fruits exotiques : Caroubes, figues et dattes.
Les fruits exotiques qui peuvent servir el qui servent, surplace, de nourriture au bétail sont nombreux; la Banane, par exemple, est fort recherchée du porc et lui est très favorable. J*ai eu l'occasion d*étudier les trois espèces qui sont les plus couramment importées en Europe : la caroube, la ligue et la datte.
Caroubes. — Le caroubier est un arbre du bassin méditerranéen qui croît en Espagne, en Sicile, en Calabre, dans l'Archipel et à Chypre, en Egypte, en Syrie et en Algérie.
Son fruit est une gousse à valves épaisses, pleines d*une pulpe sucrée, mi-solide et contenant des semences ovales, aplaties, à testa corné, très dures. A l'état frais, il est mangé par Thomme et par les animaux domestiques.
Associé à Torge et à la paille, il forme une bonne ration pour le cheval. Divisé, mis en macération, puis mélangé avec son eau de macération à du son, à du foin et à de la paille hachée, il constitue pour les vaches laitières une ration dont elles sont friandes.
Ce fruit sert aussi à la fabrication de piquette, d'alcool, de sirop et même d'une sorte de chocolat.
Dans les pays producteurs, on fait dessécher les caroubes pour l'exportation et la gousse nous arrive entière, aplatie, à enveloppe brunâtre, luisante; elle est très dure, pèse en moyenne de 18 à 20 grammes et renferme des graines brun rougcâtre, excessivement dures, de grosseur rappelant les gesses. Quelquefois, après utilisation, sur place, de la pulpe, on expédie les graines seules en Europe.
En raison de la rareté des fourrages en 1893, il a été importé, en France, de bonnes quantités de caroubes sèches pour alimenter le cheptel. L'île de Chypre a été notre principal fournisseur.
LES FRUITS DANS L*ALIMBNTÂTION DU BÊTÂIL 225
Voici une analyse du fruit du caroubier :
Eau 16.30
Matières azotées 4.31
— grasses 0.54
Sucre de canne 30.10
Glucose 14.55
Hydrocarbones et Cellulose 32.10
Cendres 2.20
En raison de Télat de dureté sous lequel les caroubes nous arrivent, elles ne peuvent guère être prises parles animaux sans avoir été ramollies.
C'est pourquoi on les soumet soit à la macération, soit à la cuisson, après les avoir divisées, car Tenveloppe forme une sorte de gaine cornée qui empêche l'action, de Teau. Quand on a recours à la macération, il fautlaprolonger au moins quarante-huit heures ; car, après vingt-quatre heures, il n'y a pas encore de ramollissement sensible et les graines n'ont guère absorbé que 120 grammes d'eau par kilogramme.
Pendant la cuisson, qui doit être également prolongée, il se dégage une faible odeur de vinasse. Les eaux de macération et de cuisson ne doivent pas être jetées; elles sont bien acceptées des animaux. On les donne soit avec les caroubes, soit avec de la paille ou du foin haché, du son, des farines troisièmes.
J'ai nourri pendant quelque temps deux brebis avec la ration
suivante :
Caroubes cuites 1 kil.
Pulpes de sucrerie desséchées 600 gr.
Paille i «iserétioi.
Les pulpes et les caroubes avec l'eau de cuisson étaient mélangées un jour à l'avance. Pour tous les animaux, sauf le porc, un apprentissage est nécessaire et ils refusent de toucher d'emblée à cet aliment nouveau. Cet apprentissage est fort variable suivant les individus.
Le cheval nourri aux caroubes s*en trouve bien et il a fort bon poil, mais, par suite de la richesse en sucre de ces fruits et de la fermentation de ce corps, il se produit des flatuosités trop renouvelées.
Figues. — Bien que le figuier soit très répandu dans le midi de la France et y fournisse deux générations de fruits, la plus forte partie des figues desséchées provient de l'importation.
Tout le monde connaît le rôle qu'elles jouent sur nos tables
ARMALBS AGRONOMIQUES. XX. — 15
226 Ch. GORVETIN
comme dessert. En en faisant des distributions aux animaux, j'ai été fort étonné de voir que, le porc excepté, les autres animaux de la ferme ne les consomment point avec l'avidité qu'on aurait pu supposer en raison de leur saveur sucrée. Le mouton, en particulier, est long à s'y habituer et, dans mes essais, je n'y suis parvenu qu'en les associant à des aliments qu'ils appétaientbien, tels que des pulpes desséchées et du tourteau pulvérisé ; plus tard, même après accoutumance, quand je les donnais seules , une partie restait toujours au fond de la crèche. Est-ce simplement parce qu'elles lui empâtent la bouche ou ne serait-ce pas plutôt que le mouton appelé mieux les substances amères que les sucrées, comme je l'ai déjà fait remarquer à propos des glands?
Un prélèvement de figues sèches, fait parmi celles dont je me suis servi dans mes expériences, a été analysé par M. A.-Ch. Girard, qui a obtenu les résultats suivants :
Eau 25 »
Cendres 2.08
Matières azotées 1.95
— grasses 0.51
Sucre, amidon et analogues exprimé en glucose 51.04
Cellulose 2.61
Extractifs non azotés (corps pectiques, acides organiques, etc). 16.81
On voit que, de tous les fruits que nous avons étudiés jusqu'ici, les figues sont les plus riches en sucre.
S'ily a peu de probabilités de voir la figue sèche entrer directement dans l'alimentation animale, les résultats de sa distillation peuvent y figurer avantageusement, comme je vais le montrer. Avant l'augmentation des droits sur les alcools, il s'était créé en Algérie une industrie spéciale. On associait, en petite quantité, de Tanis et de la réglisse aux figues pour la fermentation et la distillation et on obtenait un alcool anisé. La quantité de résidus obtenus était en moyenne du double de celle des matières premières employées, 100 quintaux de figues, anis et réglisse laissant 200 quintaux de marcs.
Ces résidus, d'après des renseignements qui m'ont été envoyés par M. Brémond, d'Oran, étaient très bien pris par des bœufs et des moutons à l'engrais. La ration, par mouton, était de 4 kilos distribués en deux fois. Celle des bœufs variait de 20 à 40 kilos suivant la taille et le poids. On y ajoutait des recoupes de blé touzelle pour parachever l'engraissement.
LES FRUITS DANS L'ALIMENTATION DU BfiTAIL 227
Cette industrie a dispara par suite des mesures fiscales qui ont grevé les alcools de fabrication de 80 francs Thectolitre. Peut-être renattrait-elle si les circonstances changeaient.
En France, les figues ont été aussi employées à la fabrication de l'alcool. Leur utilisation dépend beaucoup de l'abondance de la récolte en raisins, parce que habituellement on les mélange avec des marcs de raisins, on laisse fermenter et on distille simultanément les deux résidus afin d'obtenir une plus forte proportion d*une eau-de-vie qui a été vendue parfois audacieusement sous le nom de « marc nature ». Cette addition n'est pas avantageuse quand la récolte en raisins a été abondante et que, par conséquent, les alcools sont à bas prix.
On distille rarement les figues seules, l'alcool produit ayant une odeur et une saveur dont ne s'accommodent pas les palais tant soit peu délicats. Les marcs de figues, provenant d'une distillation sans mélange sont bruns et exhalent une odeur de caramel. Voici, exécutée également par M. Girard, l'analyse d'un échantillon des marcs de figues qui ont servi à mes expériences :
Eau 48 »
Cendres i.67
liatières azotées , 1.55
— grasses 0.45
Sucres, amidon et analogues 34.32
Cellulose 1.85
Extractifs non azotés (corps pectiques, acides organiques) . . 12.16
Dans mes essais, ces marcs ont été pris d'emblée et non avec l'hésitation observée pour les figues intactes.
Une dernière remarque. Si, après avoir mis des figues en fermentation, une cause imprévue empêchait de pratiquer la distillation, qu'on ne distribue pas la masse fermentée ou fermentante au bétail. D'abord, il l'appéterait peu et ce qu'il en mangerait occasionnerait des accidents. Elle est imprégnée d'alcools ou peutêtre d'éthers toxiques; avec elle, j'ai empoisonné un de mes sujets d'expériences.
Dattes. — Dans les pays chauds où croît le dattier, ses fruits servent à la nourriture de l'homme; ceux de qualité inférieure sont distribués aux animaux. Il en est de même des noyaux de dattes qu^on donne aux chameaux, aux chèvres, aux moutons, soit entiers, soit après les avoir piles.
Ch. CORKEVIN
Les dattes qu'on importe en Europe ne figuraient guère que comme dessert sur nos tables. Depuis quelques années, on s'en sert de la même façon et dans les mêmes conditions que la figue pour la fabrication d'alcool. Distribuée au mouton, la datte est mieux acceptée que la figue, il la mange noyau compris. On a recommandé de faire bouillir les noyaux de dattes pour les ramollir avant de les distribuer aux animaux. Cette opération a besoin d'être prolongée longtemps pour amener le ramollissement car, au début, il y a plutôt durcissement. L'eau de cuisson, de couleur rouge vineuse et d'odeur agréable, peut être utilisée pour imprégner des pailles ou du son ; elle est bien prise.
Le broyage, l'aplatissement ou le concassage des noyaux me paraissent préférables. Ainsi préparés et mélangés à du fleurage, ils ont été mieux et plus rapidement acceptés par les animaux en expérimentation que les noyaux cuits. Quant à la pulpe de la datte seule et séparée des noyaux, elle est bien appétée.
Il vient d'être dit que la datte est utilisée à la production d'alcool. L'opération laisse des marcs brunâtres, à odeur de pruneaux, plutôt agréable que désagréable.
Avec sa complaisance habituelle, M. Girard a bien voulu faire des analyses séparées de la pulpe de la datte, du'noyauet des marcs de distillation dont nous nous sommes servis pour nos essais ; en voici le résultat :