Annales agronomiques
Les Annales agronomiques sont destinées à réunir les mémoires, les recherches émanant des écoles d'agriculture, des stations agronomiques, qui, disséminés jusqu'i présent dans nombre de publications difTérentes, n'ont pas eu, faute d'un organe spécial, toute l'utihté qu'on en devait attendre.
Nous donnerons, naturellement, dans ce recueil fondé par l'Administration de l'Agriculture, la plus large place aux travaux français, mais nous nous efforcerons cependant de faire connaître également les recherches publiées à l'étranger ; c'est ainsi qu'on trouvera dans ce premier numéro le résumé de mémoires anglais et allemands spécialement traduits pour les Annales.
Notre but est de réunir aussi complètement qu'il nous sera possible tous les travaux scientifiques qui touchent à l'agriculture. L'accueil que nos confrères ont fait à la nouvelle publication nous promet déjà le succès, et nous sommes certain aujourd'hui de remplir utilement nos colonnes, bien que nous ayons l'intention formelle de
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repousser tout exposé de système non appuyé d'observations sérieu* ses, toute polémique, toute critique non basée sur des faits nouveaux, car c'est seulement par l'accumuialion d'observations précises que la science agricole s'avancera résolument dans la voie du progrès.
Nous espérons que cette allure un peu sévère d' effrayera pas le public agricole; si nous procédons par la voie régulière de l'expérimentation, si nos colonnes ne renfeiment que des travaux scientifiques, ils seront Ions dirigés vers ce but unique, le progrès de l'agriculture. Sans doute, on accuse parfois les savants de s'attarder dans des recberches de science pure ; mais des exemples récents ont montré qu'il ne faut pas se hâter de condamner les travaux qui, au premier abord, paraissent les plus éloignés d'être utiles à l'agriculture; c'est seulemenl parfois à l'aide des investigations les plus délicates, des métbodes les plus précises dont la connaissance ne s'acquiert que par de longues études théoriques, que les savants anivcnt à résoudre les questions qui louchent aux intérêts les plus pressants des praticiens.
Le temps n'est plus où chaque contrée, s'isolant de sa voisine, se contentait de produire les denrées nécessaires à sa consommation ; les conditions nouvelles de libre circulation ont métamorphosé nos fermes en usines où l'ignorance entraîne la ruine ; pour réussir il laut savoir. Notre agriculture n'arrivera à tout son développement que guidée, conseillée par la science; c'est & celle-ci de marcher en avant, de surmonter les obstacles, d'aplanir la voie, de l'éclairer et de la rendre d'un parcours assez facile pour qu'on n'hésite pas à l'y suivre : trouver, répandre, appliquer, telle est la devise du savant qui se voue aux études agi'onomiques.