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SUR LES MALADIES DES CÉDRATIERS EN CORSE

M. E. MAILI.OT

PmCcucur ajrfBiS Je l'Uniwrsiiii, Dirn-U'ur dv la Siaimn scrickolc Je llt>iil,icllicr.

A Monsieur le Mini:slrede VAtiricidturc et du Commei'ce.

Monsieur le Ministre, ,

Par une liîllro en dale du 'H mars 1871, l'honorable M. Deseilligny, votre prédèces?eur, à la suite d'un vii'u émis par le Conseil général de la Corse, m'a chargé de faire des recherches sur les maladies qui atlaquenl les Cédralicrs dans cetu; ile, et qui s'y développent depuis quelques années au point de donner de sérijïuscs inquiétudes pour l'avenir.

D'après les informations qui me furent transmises alors, lus arbres paraissaient malades parsuite de l'invasion sur eux de diverse^: sortes de parasites, et je devais étudier ceux-ci, afin de découvrir quelque préservatif contre leurs ravages.

Je fis en conséquence un premier voyage on Corse, du 4 au -15 avi'il, mais les insectes n'avaient pas encore paru, sans doute à cause du froid; je ne pus recueillir i|u'un petit nombre de renseignements sur eux et sur la culture des a'draliers. Mais dans um; deuxième excursion, du 28 juillet au 1G août, il me fut facile de trouver sur un grand nombre. d'arbres les insectes destructeui's, la fumagine, et des fruits gommcux. D'après l'étal de souffrance de certains pieds que j'observai, il me parut que la présence des insectes et des parasites en général n'était pas la seule cause du mal, el je m'efforçai d'en découvrir les diverses origines parmi les conditions mêmes de la culture; c'est un travail qui exigerait de trèslongues observations, et je l'ai à peine ébauché.

Malgré l'étal très-incomplet de mes reclicrches, je viens vous les soumettre aujourd'hui, M. le Ministre, dans l'espoir qu'elles pourront être un point de départ pour des études nouvelles.

Au point de vue pratique immédiat, je suis porté i\ crnire qu'on s'est exagéré le danger, et que les plantations de c '■draticrs ne sont pas menacées dans leur existence, ni par les insectes, ni par la

gomme, d'une manière inévitable : lel est, du moins, le sens des conclusions de mon rapport.

Jf! ne saurais oublier, M. le Ministre, de vous mentionner ici l'appui eRicace que j'ai reçu, durant mon séjour en Corse, de M. le comte de Gasabinnca, de MM. Piccioni, et de M. Florel. J'ai obtenu de M. Vallesi, à Vescovato, et de M. Francescliini, à l'He-Rousse, des renseignements précieux sur les plantations qu'ils dirigent. Je dois aussi à M. le Préfet de la Corse el à M. le Directeur des douanes de Bastia plusieurs documents statistiques que je citerai dans ce rapport; j'emprunterai enfin quelques passf^es à divers mémoires qui m'ont été communiqués avec la plus grande générosité par M. Castagnola, ministre de l'Agriculture d'Italie, et M. Goeze, directeur du Jardin botanique de Lisbonne.

J'ai riionneur d'èlre, M. le Ministre, avec le plus profond respect, Votre très-humble et très-obéissant serviteur, Le Directeur de la station séricicole, E. Maillot.

Montpellier, le S avril ISIS.

Importance de la culture du cédratier en Corse.

On comprend sous le nom collectif d'orangers plusieurs sortes d'arbres ou arbustes du Midi que les botanistes ont classés dans le penre cUriis, et que tout le monde admire pour la beauté du feuillage, ainsi que la beauté et le parfum des fleurs et des fruits. Le cédratier est un des types les plus remarquables de cette famille. II se dislingue par son porl élevé', ses rameaux courts, rigides, presque toujours armés de fortes épines, ses feuilles dentelées, se5 fniils très-gros, oblongs, à écorce généralement raboteuse. Les cédrats ont du reste la môme slnacture que les limons (vulgairement citrons); mais tandis que les limons ont une pulpe abondante et très-acide, revêtue d'une enveloppe très-mince, les cédrats ont la cbair acidulé, peu développée, et l'écorce (zeste) très-épaisse. C'est surtout pour cette écorce qu'on cultive le cédratier.

H y a, paraît-il, plus d'un siècle que cet arbuste est cultivé au cap Corse, mais il n'a été l'objet d'exploitations industrielles que depuis une trentaine d'années- Du cap, il s'est répandu dans la Balagne, le Nebbio, les environs de Bastia, et enfin dans toute l'cten-

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