‹ Annales agronomiquesChapitre 147 sur 221 · OBSERVATIONS · texte numérisé non relu

OBSERVATIONS

ÏJniai

30 mai

2jmi.

3j"in...

ces trois jours il est lombi! sur le sol de

33 juin

loi. 6

notre École, par lieclare, un million de

iliuiu

litres d-eau reurernianl plus d'un Lilo-

^mme d'amnioniaquc.

Sjuillel

* juillet

S juillet

9i"il!el

15 juillet

tejuilleL

43 juillet

!5 juiUet

Î6 juillet

on emploie la potasse ils peuvent être trop élevés A cause de la destruction partielle des matières organiques.

Enfm ces matières organiques elles-mêmes peuvent avoir une grande inilucnce sur les rcsulfats fournis par la distillation.

RECHERCHES SUR L'AHHONfiQUE CONTENUE DAHS LES EAUX. 407

M. Faurc, dans un litre d'eau de mer bien limpide, prise à Arcachon, trouve 0 «',5^ de matières organiques.

Cette matière organique doit varier beaucoup suivant les lieux, suivant les saisons et diverses circonstances météorologiques. Elle est certainement constituée par des organismes morts et des organismes vivants; tous ces corps, par leur décomposition, peuvent donner des sets ammoniacaux, fixes ou volatils; mais ces derniers, en présence des sels de chaux, de magnésie, que renfei'me l'eau salée, ne doivent pas tarder à devenir fixes à leur tour; de plus, ces corps peuvent réduire les sulfates, les nitrates, comme on l'a constaté souventdans les eaux douces. On sait depuis longtemps que la matière organique réduit le sulfate de chaux, il est possible qu'elle réduise de même le sulfate d'ammoniaque; Uineau a montré que les algues décomposent les nitrates; M. Schlœsing a signalé le même fait pour ta matière végétale morte. Ces divers phénomènes peuvent se produire dans nos flacons, et il y a donc, pour les résultats, intérêt à tenir compte du temps écoulé entre la prise d'eau et l'analyse.

N'ayant que tardivement employé la potasse pour déplacer l'ammoniaque de l'eau de mer, j'examinerai les résultats fournis par l'emploi de la magnésie. Neuf expériences ont été faites avec elle ; pour quatre d'entre elles l'eau n'est restée qu'un jour dans le flacon ; elles ont donné des résultats très-voisins les uns des autres dont la moyenne est :

OB^g'IH d'ammoniaiiue par lilre.

Pour les cinq autres expériences, si nous laissons de côté l'expérience particulière du 29 juin, rapportée plus haut, nous trouvons :

il juin i jours I lil (rive droiln)

au juin ï ■ m (rire gauche)

lijuUlcl 3 ' 013

ISIjuUlet : • 0^

Les deux premiers résultats s'écartent notablement de la moyenne ci'dessus; ils m'étonnèrent d'abord beaucoup, et comme ils ont été vériGésavec soin je ne trouve d'autres raisons de cette anomalie que dans les circonstances météorologiques qui ont correspondu aux dates des prises d'eau. C'est, comme on le voit dans le tableau 11, l'époque de ces grandes perturbations qui ont amené les inondations du Midi.

L'influence de la durée du séjour dans les flacons s'est surtout révélée dans l'eau prise le 26 juin, qui, sans alcali, donnait :

après 2 jours O'^jOO d'ammoniaque et après 5 jours 1 ,06 d'ammoniaque.

Elle se manifesle encore pour l'eau prise le 3i mai, qui donnait après 1 jour 0""°ï',16 d'ammoniaque avec la magnésie el après 12 jours O"", iO d'ammoniaque sans alcali.

Enfin les expériences faites sans alcali montrent avec évidence qu'une eau traitée peu de temps après son extraction ne contient pas d'ammoniaque volatile, mais qu'il peut s'en révéler avec le temps dans les flacons renfermant l'eau. En voici le résumé :

i£au du 31 mai \i jours 0.10 '

du 30 juin

e 11 juillet

lait en quelque sorte anormale,

du lU juillet

Remarquons que l'eau duS!6juin éla nous l'avons déjà dil.

Comme oo pouvait m'objecter que le transport long et accidenté de l'eau jusqu'à mon laboratoire (1) pouvait,, par ra{;itation du liquide, entraîner malgrélabonne fermeture des flacons une perte en ammoniaque volatile; comme il élail bon d'une autre part de se rendre compte, dans l'hypothèse de l'existence de cette ammoniaque volatile dans les eaux marines, de la quantité qui pourrait s'échapper du sein de la mer par le mouvement des vagues, le brisement des flots sur les rochers ou les cailloux de la plage, j'ai fait le 10 juillet l'expérience suivante ;

J'ai relié successivement l'un à l'autre une forte pompe à main, une grande éprouvette à dessiccation à pouce sulfuiique, un grand ballon de 2 litres el une autre éprouvette à pouce imbibée de potasse; cette dernière portait un tube â dégagement qui débouchait au fond d'un petit ballon, très-incliné, contenant 10 cent, cubes de la liqueur oxalique titrée. Dans le grandballon j'ai mis 10 cent, cubes d'une solution de carbonate d'ammoniaque contenant l°"f,5 d'ammoniaque, puis un litre d'eau. Pendant 20 minutes la pompe a fonctionné; l'air circulant a produit une vive agitation, un bouillon-

(1) L'eau puisée A la mer était paitéc à la g>ire do Palavas, de Palavas en chemin de ter à Monipellier. di^ 1» gare de Hnnlpellier i Dion dotnicite et de celui-ci à l'Ëcole qui en est distante de Sliil.5.

RECHEHCHeS SUR L'ANMOMAQUC CO:<Te»UE DANS LES EAUX. 409

nement énergique du liquide. La liqueur acide titrée accusait alors 0""S',12 d'ammoniaque, c'esl-à-dire les ^ de la quantité totale.

L'expérience a été reprise avec 20 cm. cubes de la liqueur alcaline, le litre d'eau contenait donc 3"*^ d'ammoniaque volatile; après une demi-heure de manœuvre, la liqueur titrée décelait : 0-^',35 d'ammoniaque, c'esl-à-dire les ^ du poids tolai. On voil que c'est à peu prés pour les deux expériences 7^ de la quantité totale. En admettant que l'eau de mer contint par litre un milligramme d'ammoniaque volatile, il ne s'en serait perdu dans ces conJilions exceptionnelles que 7^ de milligramme, quantité inappréciable.

Ainsi le transport de nos échantillons d'eau n'a pu avoir aucune influence sensible sur nos résultats, et nous pouvons affirmer que Veau de mer, prise limpide, dans son état normal, ne contient pas de sels ammoniacaux volatils et renferme une quantité d'ammoniaque fixe variant entre certaines limites, et dont la moyenne me p&raîl être d'après les résultats fournis par la magnésie, O^tc.lS, par litre.

La conclusion à laquelle nous venons d'arriver en ce qui concerne l'eau de mer se maintient, mais avec certaines restrictions, pour l'eau des étangs et des marais salants, de notre littoral. Ces étangs et ces marais sont plusou moins étendusetplusou moins profonds; ils sont séparés de lamerpar une plaije étroite, nommée Cordo»J't((orai, qui s'élcnd de la montagne d'.Vgde à la limite orientale de l'étang de Mauguio; ils n'ont de communication avec la Méditerranée que par des ouvertures étroites appelées grauss. Leurs eaux sont par cela mèmetrès-tranquiiles; et sur les bords, là oi!i le fond ne présente qu'une faible profondeur une végétation aquatique s'y développe avec abondance. En ces points les sels ammoniacaux volatils s'y révèlent non-seulement à l'analyse, mais souvent même à l'odorat; leur présence s'explique tout naturellement par la décomposition de la matière oi^anique et par la réduction que celle-ci opère sur les nitrates et les sels ammoniacaux fixes contenus dans les eaux.

C'est ainsi que pour la partie de l'étang de Villeneuve qui avoisine Palavas, j'ai trouvé par litre :

le ("juillet 0""!'SI U'ammoniaque volalils

et le 33 JDillet 0 30 Id.

La première de ces dates est peu éloignée de l'époque des grandes pluies de j uin ; la seconde termine une période de beaux jours.

410 A. «t.'B*V!C«UB.

Dans le premier cas le mélange de l'eau douce el de l'eau salée explique la valeur du premier résullat 0,81 .

Mais quand on prend l'eau en dehors de ces circonstances particulières, là où la végélation aquatique manque, là où l'eau est limpide, où le fond est bas, alors on ne trouve plus d'ammoniaque volatile. C'est dans ces conditions qu'ctait l'eau de l'étang d'IngrU, près Frontignan ; cette eau, prise le 28 juillet, même après quelques jours de pluie, ne présentait aucune trace d'ammoniaque volatile. Nous pouvons dire en passant que l'assainissement des terres voisines des marais ou des étangs n'aura lieu qu'en Taisant disparaître les végétations de leur rive ou de leur fond.

Comme les eaux des étangs reçoivent et conservent les eauit pluviales, comme d'une autre part elles n'ont que des communications rares et étroites avec celles de la mer, elles conservent sensiblement le même degré de salure, et il ne faut pas s'étonner d'y voir la proportion des sels ammoniacaux différer peu de celle de la mer. Cependant elle est un peu |ilu8 élevée.

Nous avons admis plus haut qu'un litre d'eau de mer devait en moyenne renfermer 0°'°e', 18 d'ammoniaque. Les nombres les plus élevés du tableau sonlceux du 26 juin et du 11 juillet, oii la potasse a donné :

Immgrg: (Û 56 + 0 71) et 1»""«W.

Or, pour l'étang de Villeneuve nous trouvons au 1 "juillet 1""P',20 par la magnésie, et le 23 juillet 2"""' ,12 par la potasse.

Sur les tables salantes les sels ammoniacaux fixes diminuent; celte diminution doit certainement être attribuée à ces organismes qui, apportés par l'air viennent vivre ou mourir dansées eaux suivant leur densité et leur donnent ces teintes blanchâtres on rosées parfois si remarquables. Ainsi sur une table (salinoUe) des salines de Frontignan, l'eau à teinte blanchâtre, prise le 6juiHel, marquant 21° Baume, traitée par la potasse a donné

et celle prise le 28 juillet avec une teinte rosée, marquant 25° B. a donné

O"»*"!)? d'ammoniaque par lilre,

dont 0,35 d'ammoniaque volatile ; el encore est-on en droit de soup-

RliCHEnCHCS SUR L'AMMOMIAQUIH CONTENUE DATtS LES EAUX. 41t

çonner qu'une partie de cette ammoniaque provient de la réduction des nitrates que les eaux doivent renfermer. Ces nitrates doivent même très-probablement concourir à former dans les étangs l'excès de sels ammoniacaux que nous avons constaté ci-dessus.

Si nous résumons la discussion précédente, nous pouvons dire que l'eau des étan^ pas plus que l'eau de la mer ne contient de sels ammoniacaux volatils; mais qu'en certains points où l'i^au est peu profonde, ou les végétations d'eau salée ou saumAtre se développent,, l'ammoniaque volatile apparaît.

Notre conclusion finale est donc celle-ci : l'eau de la mer ne rc?ifennc pas d'ammoniaque volatile et n'en exhale pas ; ce n'est que sur certains parag^es infiniment restreints, très-minimes relativement -k son étendue que la mer peut céder à l'atmosphère qui la couvre cette ammoniaque volatile et concourir à celte restitution dont nous parlions en commençant ce mémoire.

.\ii sein des mers, les sels ammoniacaux apportés par les tleuves, ceux qui se forment par réduction des nitrates, sont pris et assimilés par tous ces êtres organisés, infiniment petits, qui y vivent ; les dépouilles de ces êtres entraînées, ensevelies peu à peu au fond des mers avec les matières terreuses, forment ces couches géologiques actueiles.qui ne restitueront que dans un avenir inconnu, à la végétation aérienne, la matière azotée qu'elles renferment; de même que les couches des anciennes époques géologiques du globe nous ta restituent de nos jours quand elles surgissent au-dessus de la surface des océans.

DE L'ANALYSE COMMERCIALE DES SUCRES

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