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DÉSIGNATION DES ROCHES ANALYSÉES

ACIDE

Après ces chirTres, je citerai les résultats suivants obtenus dans l'analyse de terres volcaniques :

Tableau Y.— Chaux, potasse, aqde phosphoriqiie dans dbr terres volcanioues.

Nd-ordre.

DÉSIGNATION

CMAUX.

POTASSE

ACIDE

T d Br l

2,8 0.3 iraces

Terre du Sainl-Jâcqoei, près Cler-

Ces terres, surtout les deux pi-emières, sont (rès-fertiles, malgré

UO TBIICHVT.

une faible épaisseur àe la couche arable, et à l'inspection de ces chilTres on est aineoé à conclure encore , avec H. P. de Gasparin, que l'acide phosphoriquc donne , plutôt que la potasse , la mesure de la Tertilité d'un sol.

Sans doute la composition chimique n'influe pas seule sur cette fertilité qui a bien d'autres facteurs; ainsi par exempte, en Auvergne, les terres volcaniques, d'une couleur brune, souvent trèsfoncée, s'échauffent beaucoup plus que les terres granitiques, et trouvent dans cette propriété physique un élément de ferlilité; mais on ne saurait disconvenir que les substances minérales et surtout l'acide phosphorique n'y aient une part prédominante. C'est ce qui ressort de tous les chiffres rapportés ci-dessus, ainsi que des suivants.

Terres de la Limagne. — Les analyses qui suivent se rapportent à cette puissante alluvion, à la formation de laquelle ont concouru toutes les roches d'Auvei^ne, la vase des lacs anciens et même les eaux miaérales.

L'exposition, l'épaisseur de la couche arable qui dépasse souvent plusieurs mètres , l'ameublissement indiqué par l'analyse physique, etc., contribuent évidemment k feire de la Lims^iine un grenier d'abondance; enfin si l'on considère les proportions d'acide phosphorîque , on reconnaît qu'elles sont triples de celles que M. P. de Gasparin regarde comme caractérisant les meilleurs sols.

Une remarque importante trouve ici sa place. A voir ces terres d'atlùvion de la Limagne d'une fertilité exceptionnelle et d'une couleur noire, on est tenté de les assimiler à des terres maraîchères améliorées par le terreau ; on les suppose très-riches en humus et on attribue leur fertilité â cette grande proportion de composés carbonés. Or ii n'en est rien. Leur teneur en carbone des matières organiques déterminée comme il sera dit plus loin, est assez faible et montre que beaucoup de terres moins fertiles en contiennent davantage.

Ces terres présentent en outre plusieurs particularités intéressâmes.

Elles renferment une proportion notable de lithine, ainsi que je l'ai constaté dès 1874(1).

On pourrait croire au premier abord que cet alcali a été fourni par la désagrégation des micas provenant des roches granitiques;

(1) Compta rendM de l'Académie det tcienet», 13 atiil ISTl.

COMPOSITION DES TERRES ARABLES DE L'AUVERGNE. Ut

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ce sei'ail une erreur, car les sols granitiques du Puy-de-Dôme ne renferment que des traces de lithine. Ce sont sans doute les eaux minérales d'une époque antérieure qui ont apporté cet alcali; et, en effet, les sources actuelles, si nombreuses en Auvergne, sont toutes plus ou moins chargées de lilhine; ainsi, les eaux de Itopt et de Châleauneuf contiennent 35 milligrammes de chlorure de lithium par litre.

Chose curieuse, la présence de la lithine dans ces terres n'est peut-être pas sans quelque iniluence sur certaines récoltes. On cultive depuis quelques années le tabac dans la Limiigne d'Auvergne, et, comme il fallait s'y attendre à cause de la richesse générale du sol, il y prospère et donne des rendements considérables; mais il y a plus, ce tabac est d'une qualité exceptionnelle, ce qui ne pouvait être prévu à l'avance. Le tabac est une plante lithinifère ; les meilleurs produits étrangers sont ceux qui renferment le plus de litliine, et le tabac de la Limagne en renferme plus encore : 100 grammes de cendres, provenant de 667 grammes de feuilles sèches, ont fourni , 0",340 de chlorure de lithium.

Ne serait-il pas permis de tirer de ce rapprochement la conséquence que la présence de la lithine dans les terres d'Auvergne contribue à la bonne qualité du tabac qu'on y cultive (1)?

De plus, j'ai remarqué que les solanées vireuses contiennent beaucoup de Uthine, et qu'elles prennent dans la Limagnc un développement extraordinaire. Je me propose d'étudier cette relation plus en détail.

Une autre remarque à faire au sujet de la composition des terres de la Limagnc, c'est qu'elles contiennent une certaine quantité de chlorures alcalins, dont il faut encore attribuer la présence à l'action des eaux minérales.

Et cette fois encore une culture très-importante, celle de la betterave à sucre, est influencée par ce fait en apparence insignifiant.

Ainsi que je l'ai constaté depuis deux ans, la betterave absorbe

(I) M. Schlœsing {Compte» Ttndut de l'AeadémU da nàtnce*. 1660, I. L, p. 61! H 1037 ) a constaïf que le« tabaci combudiblet sonl ceux qui renremient une certaine proportion de leli organiques A base de polasie, et que ceux, au contraire, qui contiennent en plut grande quantité des uls organiques à base de chaux, sont plus ou moiiu incombustibles. On pourrait, par conséquent, attribuer la Taciie combustibilité du tabac d'Auvergne à la présence de sels de potasse, le sot rouruissant celte base en abondance. Toutefois, Tobservalion ci-dessu* concernant l.-i lilliine m'a paru devoir élre li^nalée.

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