INFLUENCE DE U S£CUEHBSSE DE 1S70 SUR LES RÉCOLTES
de sécheresse extraordinaire où il se trouvait, à l'état de saturation où il est souvent pendant l'hiver. On peut conclure de ces obsei'vations qu'une très-faible quantité d'eau a été évaporée directement par la surface du sol, cequi n'est pas étonnant à cette époque de l'année. Une quantité beaucoup plus grande s'évapore sans doute pendant l'année entière, mais les quantités varient probablement beaucoup avec les caractères du sol et de la saison.
Vers la lin du siècle dernier Daltoa (1 ) disposa un appareil propre à déterminer quelle était, sur une quantité totale d'eau tombée, celle qui traversait le sol et celle qui disparaissait par évaporation. Cet appareil consistait essentiellement en un cylindre de O^i^S de diamètre et de O^jOÛ de profondeur, ouvertà la partie supérieure et fermé en bas, mais portant deux petits tubes abducteurs l'un vers l'ouverture supérieure, l'autre au fond pour conduire l'eau dans des flacons disposés pour les recevoir. Le vase fut rempli de terre et enfoncé dans un trou disposé de telle sorte qu'on pouvait avoir accès aux llacons. Les expériences furent continuées pendant trois ans, 1796, 1797, 1798, et on trouva en moyenne que le draini^e pendant cette période entraîne 25 pour 100 de l'eau tombée et l'évaporation 75 pour 100. Celle-ci se produisait non-seulement par la surface du sol, mais aussi par les plantes qui le couvraient, car dès la première année la terre se couvrit de gazon, circonstance à laquelle le docteur Dalton n'attribue au reste aucune importance.
Pendant huit ans, de 1836 à 1843, M. Dickinson à Abbott's Hill, King-'s Langley, Heits (2) fit une seconde série d'expériences en employant l'appareil de Datton légèrement modifié, on sema de l'herbe sur la surface du sol. M. Dickinson trouva que le drainage entraînait plus d'eau que ne l'avait trouvé Dalton ; ta moyenne des résultats obtenus pendant ces huit années d'expériences fut que le drainage entraînait 42,5 0/0 de l'eau tombée et l'évaporation du sol et des plantes 57,5 0/0 de l'eau lombée.
D'après les résultats obtenus à Rolhamsted on pourrait conclure qu'une quantité encore supérieure & celle qui a été trouvée par MM. Dickinson et Dalton s'échappe par l'évaporation (3).
(1) Mem. LU. Phil. Soc. of Manelieiiler, vol. V, partie I[.
(!) Journal of the royal agricuUvral Soclely, vol. V.
(3) Plusieurs aalres expèrinientaleurs se soni occupés encore île cetle queslion. H. Maurice expérimenla i GanÈve de 1790 i 179T, et cliercha i mesurer l'évaporation du sol au moyen d'un cyliodre de fer rempli de (erre, dont il déterminait chaque jour les
En résumé, il semble, à défaut d'observations toul à fait précises, qu'on peut admettreque les ti-ois quarts d'une pluie totale de 62™"» ,5 sont évaporés par l'action combinée du sol et des plantes qui le couvrent. Dans cette supposition il ne resterait plus que 15 centi* mètres de pluie équivalant à 1500 tonnes d'eau par hectare passant au travers du sol et entraînant avec elle une proportionplusou moins forte de matières fertilisantes.
Heureusement, quelques-uns des principes les plus importants des engrais sont retenus par le sol dans les couches où plongent les racines, mais d'autres sont entraînés facilement, et ainsi que l'ont reconnu MM. Frankland et Voelker par l'analyse des eaux de draini^e de Rothamsted, il suffît que 2,5 parties d'azote soient entrainées hors de la portée des racines pour 100 000 parties d'eau traversant le sol, ce qui aura lieu pour chaque 2<^'><-,5 d'eau de pluie tombée passantau travers, pour qu'il y ait par hectare une perte de 5 à 6 kilos de l'azote donné comme engrais, à un prix qui n'est pas inférieur à 3 fr. par kilog. (1).
Ces considérations sont sulTisantes pour faire comprendre l'intérêt qu'il y aura à déterminer les réactions qu'exercent les différents sols sur les engrais azotés, ainsi que les modes d'application, les périodes d'épandage qui permettront de réduire au minimum les perles habituelles par le drainage.
cbangemenU de |H>ida. Lef réaullate indiquent que révaporation s'élève à SI pour 100 Ae la quantité d'eau totnlc tombée qui serait environ Je 65 cent, par an. {BM. brit. de Genève : eciences et arts.) M. de Casparin eiLpérinicnta A peu près de la même fafan i Orange, dan» le sud de la France, et trouva que l'éTapopation fui d'environ 80 pour 100 de la pluie tombée qui s'éleva i environ à 10 cent. (Coun ttagricuUare, t. II, p. ItG.) H. Kisler, enHn, à Calèves près Njions, en Suisse, recueillit l'eau s'échappant de dnini placés à 1"30 de profondeur dans un sot très-compacte et Irèa-i m perméable, il esUnia l'évoporaUon à environ 70 pour 100 de la pluie tombée en 1867 et ItlM, et qui s'élève i environ 1"02& par an ; la terre élaîl cultivée pendaa' les expériences, de lolle sorte que la quantité d'eau indiquée comprend celle qui a été évaporée par les vé^laux. (^rchive» det iKifjicei de la Bil.HoUiêqiie univeriellr, septembre 1S69.) (1) yoyez Annale* agronomiques, page ti.
LES HAUDieS DES ARBRES FORESTIERS.
M. m. BAmvie (1) (suite)
Trunetea Piai Pr.
Malgré son extrême importance, la pourriture du bois n'a jamais été l'objet d'une étude approfondie. Dans la pratique on distin^e deux espèces de pourriture : la pourriture rousse, caractérisée par sa coloration foncée, et la pourriture blanche, dans laquelle prédomine au contraire la couleur blanche ; suivant le siège de l'altération on distingue la pourriture du cœur, des branches, de la souche, du tronc, etc.
Toutes ces dénominations ne sont que des noms collectifs et embrassent en partie des maladies très-diverses. M. Willkoram, dans son travail sur les pourritures rousse et blanche commet la faute énorme d'étendre les observations qu'il a faites sur te Picea à beaucoup d'autres essences, en généralisant avant d'en avoir acquis le droit par des recherches plus étendues.
La pourriture rousse du pin ne présente pas la moindre ressemblance avec celle de l'épicéa.
Th. Hartig est le seul qui ait soumis jusqu'à ce jour cette maladie à un examen scientifique, dans son Traité de ta transformation de la cellule polycolylédonée en champignons, et de la pourriture du bois qui- en est la conséquence (2).
En se remettant au point de vue de cette époque, on doit reconnaître à Th. Hartig le mérite de montrer d'abord le rôle prédominant des champignons dans cette maladie.
La pourriture rousse du pin résulte de la végétation du mycélium du Trametes Pini dans le cœur du bois.
{I) Voyez Annula agronomiqua, page !98.
(i) Ahhandlung iiier Aie Verwandiung der polycotyledoniKhen PpantenulU in Pili und Schwammgebilde und der daraut hervorgelieiuUa tûgeM»nlen FAUniu de* Hol*ei. Berlin, LUderiU, 1833.
Le mfcèliom du Tr»m»tot Pinî.
Le mycélium du Trametes Pini est aussi variable de forme et de couleur, que celui de VAgaricas melleus. Tantôt il revêt la forme de filaments isolés, bruns ou incolores, Ic^és au milieu des libres ligneuses; tantôt i! consiste en masses feutrées ou membraneuses, dont la forme varie avec celle des cavités que présente le bois. Il est alors ordinairement brun de rouille, quelquefois blanc. Tant que les hyphas (on désigne ainsi les filaments du mycélium des champignons ) renferment du liquide , on ne distingue pas le double contour des membranes, mais il est très-visible quand les h\'phas sont vides. Les hyphas ont en général une épaisseur de 3 microra. (3 millièmes de millimètres); elles donnent bientôt naissance à des rameaux dont le diamètre ne dépasse guère 1 microm. Tous ces filaments percent facilement les parois des fibres ligneuses; ce n'est que rarement qu'ils profitent des ponctuations pour y pénétrer. Les hyphas les plus volumineuses portent souvent des rameaux trèscourts qui pei'cent les parois sans pousser plus avant dans les cellules voisines.
A un certain âge, ou à la suite de la décomposition des fibres ligneuses, les hyphas les plus volumineuses se colorent en brun; il est impossible jusqu'à ce jour de préciser VAge auquel elles peuvent arriver.
Les nombreux irous qu'on observe dans les parois des fibres ligneuses du bois pourri semblent indiquer que les hyphas se résorbent et disparaissent au bout d'un certain temps. D'autres, plus jeunes, se montrent, de sorte qu'on trouve -réunies dans une même particule de bois déjeunes hyphas incolores, des hyphas plus âgées, brunes, et que les trous vides indiquent que d'autres hyphas encore plus âgées ont déjà disparu.
Les filaments blancs renferment ^n nombre plus considérable de granules et correspondent exactement aux filaments du Nyctomyces candidus figurés par M. Willkomm. Souvent on observe la réunion de plusieurs de ces filaments en faisceaux plus laides, et quand le développement peut se produire librement dans tes cavités du tronc, le mycélium forme soit de minces membranes d'un tissu
Idchement feutré, soil des masses plus compactes de dimensions considérables.
Le bois, en pourrissant et en se desséchant, se contracte souvent, «t il se produit ainsi des fentes dirigées suivant les rayons médullaires; plus souvent encore le noyau central se sépare du cylindre «xtérieur, et l'espace compris entre ces deux parties se remplit d'un tiâsu brun (xyloslroma). Ce sont des lunurcs rousses.
Au-dessous des fructifications qui sortent d'un ciiicot non recouveil de bourrelets cicatriciels, il se forme, en vertu de l'accroissement en épaisseur du tronc, une cavité qui se remplit de tissus mycéliens. Sous les vieilles fructilications on trouve souvent la branche complètement détruite par le parasite; dans ces conditions, le bois exposé à' l'humidité d'une cave, par exemple, recouvre ses sections il'une couche de mycéhum de l'épaisseur d'un doigl. • M. Caspary croit avoir vu des fructifications de Trameles Pini se ^lévelopper sur un Rhizomorpha. C'est évidemment une erreur produite par un Pin infesté en même temps par le Trameles et le mycélium de VAgaricus niellms.
Lei Cmctifl cation e du Trametes Fini.
Comme l'aubier du bois est toujours sain et exempt de champignons, le mycélium ne peut an'iver au dehore que par les chicots Don recouverts de bourrelets; c'est là en effet que se forment les fructirications; de là, il s'étend entre les écailles de l'écorce, qui sont quelquefois tellement pénétrées par le tissu du champignon qu'on les croirait entièrement transformées en ce tissu.
Lu partie de la jeune fructification qui apparaît librement entre les écailles de l'écorce possède d'abord une coloration jaune d'ocre clair et une surface uniformément veloutée. Parmi les hyphas qui viennent se terminer à la surlace, la plupart présentent un article terminal cylindrique, arrondi à son extrémité, qui est susceptible d'un allongement apical, quand l'atmosphère reste longtemps hu- . midc. D'autres, mélangées avec les premières, se terminent par des crochets de forme particulière, qui se Forment par un épaissïssement inégal de la paroi cellulaire (réduit à une bande étroite), tandis que la paroi primaire se résorbe. Quelquefois les hyphas se terminent en pointe ou portent à leurs extrémités des espèces de
m. ■ABTKt.
spores ou des cellules cylindriques allongées, insérées sur des pédoncules très-ténus, filiformes. Lorsque l'accroissement recommence après une période de repos, les extrémités des hyphas s'allongent de différentes manières; l'allongement apical commence aussitôt dans les liyphas de forme ordinaire, ou bien la pointe, surtout celle des crochets, casse, el la cellule interne se transforme en une nouvelle hypha trés-délicate. On ignore si la chute de ces pointes s'opère spontanément par la pression intérieure, ou s'il liaut une intervention mécanique étrangère.
A l'exception d'un rebord plus oo moins large et saillant, la surlace de la jeune fructification se creuse de petites fossettes, premiers indices des canaux. Deux modes de formation ont été observés : tantôt les hyphas normales à la surface s'écartent laléi-alement et circonscrivent un trou conique en forme d'entonnoir, tantôt l'accroissement apical s'arrête sur différents points, tandis que Ifts hyphas voisines continuent à s'allonger et dessinent les parois des canaux. Ceux-ci conservent partout la même lai^ur; ils s'allongent par l'accroissement des hyphas des parois et ils suivent la direction verticale, à peu d'exceptions près, de sorte que leurs embouchures sont très-elliptiques sur la jeune fructification. En même temps, toute la masse augmente de volume par l'accroissement Vèriodique du rebord qui entoure l'hyménium.
A la partie supérieure de l'hyménium, ce rebord ou bourrelet est bien plus fort que partout ailleurs et se distingue par la direction de ses hyphas. Toute la fructification a la forme d'une console dont la face supérieure stérile est formée par des hyphas rayonnantes el horizontales, et dont la fa{;e inférieure est presque entièrement occupée par l'hyménium; la face dorsale appliquée surl'écorcede l'arbre est formée par une moelle très-faible. Les hyphas horizontales de la face supérieure, arrivées au bord, se recourbent, les supérieures vers le haut, les inférieures vers le bas; celles du milieu continuent )a direction horizontale. La coloration jaune clair disparait pour faire place à une teinte plus foncée, brune. L'éclat velouté de la face stérile se trouble aussi par la destruction des extrémités des hyphas. Par suite de l'accroissement périodique il s'y dessine des zones qui sont coupées par des fissures radiales.
La partie inférieure du rebord sert à l'extension de l'hyménium : non loin de l'extrémité, on voit se creuser de nouvelles fossettes qui se transforment en autant de canaux.
Quand on enlève une fructification, il s'en foime généi'alement plusieurs autres à la même plac«, grdce à la vitalité très-active des fragments qui sont restés sur l'arbre.
On a constaté que ces fructifications peuvent atteindre l'^e de cinquante à soixante ans. Enfin l'accroissement s'arrête, l'hyménium s'altère et devient rude au toucher; tout le champignon se dessèche et se divise en froments.
Très-souvent, on observe une régénération sur des chapeaux en partie mortifiés; les canaux donnent alors naissance à de nouvelles fructifications par suite de l'accroissement des mêmes hyphas.
Sur les vieilles fructifications on remarque toujours que les canaux ne sont pas ouverts sur toute leur longueur, mais qu'ils se bouchent par une masse particulière; près de l'embouchure des canaux, où l'accroissement périodique se fait reconnaître par des zones colorées, les hyphas ne donnent pas encore naissance à des basides ou à des poils. Plus profondément, peut-être après plusieurs années, on voit apparaître des basides en forme de massues dont un nombre relativement irès-restreint donne naissance à quatre stérigmes très-allongés qui portent les spores ovales arrondies. Beaucoup de basides paraissent rester stériles. Les basides sont longuement dépassés par de singuliers poils déjà visibles à l'œil nu, et qui terminent de fortes hyphas qui se rapprochent d'abord obliquement de la couche hyméniate. Ces poils d'abord incolores, brunissent plus tard ; ils ont la forme d'alênes, quelquefois terminées par deux' pointes.
Lorsque la croissance reprend en août ou en septembre, de nouveaux basides et de nouveaux poils traversent l'ancienne couche hjTTiéniale; au mois de septembre, on trouve à côté des anciens poils les nouveaux dans tous les états de développement. Les hyphas qui s'insinuent entre les basides et qui en développent de nouveaux, acquièrent souvent une longueur démesurée; quelquefois elles ne peuvent plus développer de basides, mais se terminent par des spores arrondies de taille variable, ou se ramifient et prennent en général différentes formes anormales qui pourraient bien appartenir parfois à d'autres champignons pénétrés dans les canaux. Bientôt les canaux se remplissent d'une masse composée d'hyphas enchevêtrées les unes dans les autres.
Les spores qui naissent au nombre de quatre sur les basides, sont d'abord incolores, mais elles prennent plus tard la coloration
brune qui dislingue les vieilles hyphas. Elles sont larges, ovales, rarement presque sphériques. Leur longueur est d'environ 5,3 microm., leur largeur de 4,5 microm. A l'intérieur d'un grand nombre de spores on trouve un globule nettement délimité et qu'il faut sans doute considérer comme une goutte d'huile. La plupart des spores ne paraissent pas devoir quitter les canaux; certaines d'enti-e elles y germent même.
Les spores n'ont pas germé artificiellement.
L'accroissement annuel se fait depuis la moitié du mois d'aoàt ou septembre jusqu'au cbmmencement ou A la fin de novembre; il dépend d'un certain état d'humidité du champignon, qui ne se présente que par les temps humides de longue durée.
I>a Té^rétation du paraait«.
Comme le mycélium ne se développe que dans le cœur du bois, la plante est épargnée dans les premiers âges de sa vie. De nombreuses tentatives d'inrection sur des pins de trente ou quarante ans ont totalement échoué, tandis qu'elles ont toujours réussi sur des pins plus vieux. Une petite cheville de bois malade a été engagée dans un trou pratiqué dans un tronc sain. .4u bout d'un an le bois était malade à la distance d'un décimètre de la place infectée ; de • nombreux fdaments partis évidemment du mycélium du bois malade ont été trouvés dans les fibres ligneuses et surtout dans les rayons médullaires d'où ils portent la maladie jusqu'au centre du bois.
Les arbres de soixante à soixante-dix ans portent souvent des champignons, de sorte qu'on peut dire que c'est à quarante ou cinquante ans que l'infection se fait le plus facilement.
Comme l'aubier reste blanc el sain sur une largeur de plusieurs centimètres, même sur les troncs dont le cœur est trés-malade, et que la maladie ne part jamais des racines, il ne reste que les grosses branches cassées ou coupées qui puissent transmettre la maladie du dehors en dedans.
La maladie s'étend dans toutes les directions, mais surtout loogitudinaleraent, ce qui se voit quelquefois très-nettement sur les planches ou les poutres qui sont alors marquées de longues lignes brunes.
LES HAUDIES DES ARBRES FORESTIERS. STl
Souvent les arbres malades peuvent fournir des fragments Irèsutilisables quand on a soin d'en enlever les parlies gâtées pour s'en servir comme bois de chaulTage.
Le résultai final de ta végétation du champignon dans les éléments du bois est la destruction, de ceux-ci. Il se forme dans le cœur des trous de plus en plus grands et nombreux jusqu'à ce que le tronc soit creux et que le bois restant ne soit plus tapissé que d'une farine jaunâtre. Ajoutons encore qu'entre l'aubier sain et le cœur malade il y a une zone privée de mycélium qui est imbibée de résine.
Comme pour tant d'autres maladies on a invoqué ici comme cause véritable l'âge des arbres, l'arrêt dans les fondions du cœur du bois, qui en est une conséquence, un sol trop maigre ou trop gras, le mauvais temps qui ne permet pas au bois de l'année de s'aoùler.
L'âge ne peut pas être la cause de la maladie. Des arbres de deux cents ans sont souvent sains, tandis que d'autres qui n'ont que soixante ans sont déjà sérieusement atteints. Ce n'est pas le bois le plus âgé de l'arbre, mais souvent la couronne qui dénote les premiers symptômes de ta maladie. Elle n'est pas non plus déterminée par un arrêt dans les fonctions du bois, parce qu'alois elle devrait se présenter constamment à un certain âge tandis que le cœur conserve toujours ses fonctions.
La maladie s'est présentée dans des sols de qualités très-différentes, secs ou humides.
Enfin la maladie se développe surtout dans les endroits exposés aux tempêtes, et sur des arbres dont quelques branches avaient été cassées ou coupées, ce qi^i paraît être une suite de l'infecLion par les spores du Trametes. Dans le voisinage des villes et des villages, où la malveillance ou le vol exposent les arbres à de nombreuses blessures, cette maladie est très-répandue.
Toutes ces considérations nous fournissent les moyens rationnels d'empêcher ou de guérir cette maladie- Avant tout il faut éviter de couper ou de casser des branches fraîches.
Il n'est pas dangereux d'enlever les jeunes branches comme on le fait parfois pour obtenir des troncs sans branches jusqu'à l'âge de trente ans, parce qu'alors les branches n'ont pas encore de cœur et
que dans ces plantations de jeunes pins les chances ct'inreclion sont assez faibles loin des vieuii arbres.
Il faut recommander l'abattage des arbres inrectés pour deui raisons : d'abord parce qu'on enlève ainsi les foyers d'infection, et ensuite parce que dans les premières périodes de la maladie l'arbre est encore parfaitement utilisable, tandis qu'il ne tarderait pas à se gi\ter complètement si on le laissait sur pied.
Lorsqu'une plantation est tellement malade que l'abattage des arbres atteints y déterminerait la formation de grandes lacunes, il est de l'intérêt du propriétaire de l'abattre tout entière aussitôt que possible, car la valeur du bois diminue constamment.
En observant les arbres lues par VAgaricus melUus, on a trouvé k côté d'eux de nombreux sujets morts subitement au milieu de la végétation la plus vigoureuse, sans qu'on pût y découvrir le Rhizomorpha fragilis et sans qu'il y eût écoulement de résine sur la souche.
Cette autre maladie a été observée sur les pins de cinq à vingt ans, le genévrier, le hêtre, l'aubépine {Cratœgus monogyna et Cr. Smithii), On a trouvé régulièrement au pied de chaque arbre malade un champignon qui parait avoir échappé jusqu'ici aux yeux des mycologues, parce qu'il se développe sous la terre.
lie iDTcéliiuii.
Le mycélium de ce champignon qui habite le liber et le bois des plantes, présente beaucoup de ressemblance avec celui du Trameles Pini. Il est toujours incolore, tandis que cetui-ci est souvent coloré en brun. Les hyphas sont peu cloisonnées et très-rameuses. Les plus fortes (2 microm.) donnent naissance à des fils plus fins.
On ne voit le double contour des parois que lorsque les cellules sont vides.
Les filaments percent avec la plus grande facilité les parois des organes ligneux et libérions; les tissus mortifiés sont criblés de lacunes remplies des masses feutrées du mycélium qui apparaissent entre les écailles de l'écorce des racines et y forment de petits
tubercules blanc jaunâtre ordinairement incrustés de grains de sable et qui donnent, par-ci par là, naissance aux fi-uctiricatioDS.
FpuotiflcatioDS .
Les fructifications se développent de préférence sur la souche, là où l'humus, la mousse ou le ^zon entretiennent une humidité favorable. Souvent on les trouve aussi sur les racines, à une profondeur de 1 à 2 décim., loin de la souche. Elles sont rarement seules, ordinairement a^lomérées, et forment alors des masses en forme de grappes de couleur blanc jaunâtre ou blanche.
Les spores sont blanches, plus petites que celles du TrametesPini, d'un volume plus variable. Les poils font défaut.
Végétation du partunte.
Le mode de végétation de ce parasite est peu connu. Dans les pins abattus immédiatement après la mort, on a trouvé tout le bois et toute l'écorce traversés par le mycélium. La mort résulte de la destruction du Uber. Le champignon se propage très-vite et s'étend sur les plantes voisines.
On ignore le mode de transmission du parasite. Dans tous les cas il sera bon d'arracher les plantes malades.
La ronille yésicnleiue dn pio.
L'j^cidium Pmt appartient aux rouilles les plus connues des conifères; les maladies dont il est la cause sont si fréquentes qu'elles n'ont pu manquer d'attirer au plus haut degré l'attention du forestier. Ni le chunpignon, ni les maladies en question n'ont été l'objet jusqu'à présent, de recherches scientifiques suffisamment approfondies; la connexion même des accidents pathologiques avec la végétation du parasite n'a été qu'insuffisamment établie : ces nouveaux résultat'* viennent donc fort & propos combler une lacune importante dans la connaissance des maladies du pin.
Un grand nombre de nos lecteurs, peu au courant de ce qui concerne les champignons de la famille des Urédinées (rouille), trouveront ici avec satisfaction quelques généralités sur ces petits végétaux.
OéD«TEtlitéi tnr la rouille.
Les Urédinées se distinguent, d'après M. de Bary et d'autres observateurs, par des générations alternantes très-remarquables.
Généralement on trouve trois formes qui sont caractérisées chacune par ses fructilicalionsparLiculiërcs.
A certaines époques, ces champignons donnent naissance à des spores de longue durée appelées téleutospores, à parois très-épaisses, uniceilulées ou composées de deux ou plusieurs cellules superposées, insérées sur des pédoncules dont elles ne se détachent pas. Elles passent généralement l'hiver sur les plantes qui leur ont servi de substratum. Au printemps elles germent en donnant naissance à un boyau épais appelé promycélium qui n'est doué que d'un accroissement limité et engendre de 1 à -î rameaux latéraux pointus terminés chacun par une petite spore ovale ou en forme de rognon. Ces spores ont reçu des botanistes le nom de sporidies. Transportées sur une plante appropriée, les sporidies germent : les bopux germinatifs percent les parois des cellules épidermiques pour se Familier et former un mycélium dans le parenchyme de la feuille ou de l'écorce.
Les fructifications de ce mycélium sont les jEcidiiim et les Spermogones. Dans les Radium les files de spores qui sont insérées sur les basides de la couche hyméniale sont entourées d'une enveloppe membraneuse appelée péridie. Les œcidiospores envoient leurs boyaux germinatifs à travers les stomates dans les tissus profonds de la plante que la nouvelle génération doit habiter. Le mycélium végète dans les méats inlercellulaires : c'est VVredo; les spores {urédospores) sont disposées isolément ou en files sur des pédoncules en forme de massue.
Pendant l'été les urédospores reproduisent constamment la même forme; mais à l'arrière-saison le même mycélium produit des téleutospores qui passent l'hiver.
Les Urédinées avec un polymorphisme complet, possèdent donc trois formes :
Les téleulosphores, les ^cidium et les Uredo.
Exemple : Puccinta (rramints (rouille du blé). jEcidium Berbertdis.
Uredo Hnearis.
Quelques champignons de cette famille ne possèdent que les téleutosporcs et VjEcidium ou les téleutospores donnent naïssancR par leurs sporidies à une génération semblable (à des téleutospores) {Chi-ysomyxa).
Les rouilles des conifères, dont le nombre est encore assez restreint, ont élé divisées par M. Rees(l)en quatre sections basées sur les générations alternantes connues.