Cœoma Laricis, R. Hrtg, sur leLarta: decidua
On voit en examinant celte liste combien il reste à faire <]ans l'étude de ces organismes. Pour les espèces 5-1 -i, il reste à découvrir ' au moins encore une forme, celle qui produit les léleulospores. Il est probable que ce sont des champignons déjà connus et qu'il suffira de constater la connexion avec une autre espèce.
Kevenons maintenant kV^ddium Pini. On ne connaît de celte espèce que l'vEcidiMm qu'on trouve aussi bien sur les feuilles (adcola) que sur l'écorce {corlkola). Il y a quelques dilTérences entre ces deux formes et nous reviendrons plus loin sur la question de savoir s'il faut les considérer comme deux espèces différentes ; en aliendanl nous les réunissons.
lie mycélium.
Le mycélium de VMcidmm Pini végète dans les feuilles du pin sylvestre et du Laricio austriaca, ainsi que dans l'ccorce, le liber et le bois du pin sylvestre et du P.strobus.
11 nonsistfi en hyphas de 3,5à4,5 microm. de diamètre, remplies dans le jeune Age d'un plasma incolore et limitées par un simple contour. Les filaments plus âgés présentent un double contour; ils sont fréquemment cloisonnés, rameux, et ils renferment, dans le voisinajçe des fructifications, des gouttelettes huileuses jaune d'or.
Enfin le contenu purement protoplasmique est remplacé par du suc cellulaire ; le plasma lui-même ne recouvre que les parois et sépare les vacuoles de suc cellulaire, de manière à simuler des cloisons transversales.
Le mycélium est intercellulaire; il s'insinue entre tes cellules parenchymateuses de la feuille, de l'écorce, du liber, des rayons
LES MAUDtES DES ARBRES FORESTIERS. ST7
médullaires, entre les fibres grillagées du liber, mais pas entre les fibres ligneuses. Quelquefois les cellules parenchymateuses sonl complélement séparées par te mycélium fortement accru. De nombreux suçoirs s'enfoncent dans les cellules parencbymaleuses et y déterminent des cbangements que nous allons apprendre à connaître. Le mycélium est vivace ; il peut atteindre l'âge de soixante-dix ans et davantage. Dans les feuilles de pin, leur ilge ne dépasse pas deux ans, parce que les feuilles malades meurent et tombent à la lin de la troisième année. Le mycélium de la forme corticale s'étend tous les ans dans le liber et le cambium, jusqu'à ce qu'il ait embrassa* tout le tronc. Cependant ces progrès demandent pour s'accomplir nn long espace de temps. On n'observe pas de différence dans les mvcélium des deux formes acicola et corticota.
lies froctiflcatioiis.
L'étal de l'atmosphère exerce une influence considérable sur le développement des spermogones et des jEcidium de la forme acicole ; quant à la forme corticole, elle parait y être îndifTérenle.
En ièl% le printemps chaud détermina dès le mois d'avril l'éruption des /Ecidiutn et des spermogones sur les feuilles, tandis qu'ils ne se sont montrés sur l'écorce qu'au commencement de juin. En 1873, le printemps froid recula le développement des j^cidium des feuilles jusque vers le 15 mai, et à la mi-juin on pouvait encore trouver sur les feuilles des jEcidium non ouverts. La forme corticole fit son apparition à. la même époque qu'en 187â. En général, on peut dire que la forme acicole fructifie en mai et la forme corticole en juin.
Les spermogones, qui précèdent un peu les jEddium, n'étaient connus que dans la forme acicole. Ils y forment des taches jaunes plus ou moins nombreuses (jusqu'à cinquante sur une feuille), longues d'environ un micr., surtout sur la face interne, plus rarement sur la face externe des feuilles d'un ou de deux ans. Ils s'élèvent en forme de cônes obtus au-dessus de la surface de la feuille; l'épiderme éclate suivant une fente étroite, et les spermaties sont libres. Rien de particulier ne distingue ces spermogones de ceux d'autres espèces de la même famille. Les hyphas constituent, entre l'épiderme et le parenchyme de la face supérieure, un pseudo-parenchyme, duquel partent de nombreux fdaments déliés, conver-
ABNALE» *C»0KOMI0UM. K» 4. — 7 ' l. ~ 'il
gents vers le soinmel du spermogone conique ; à l'extrémité de ces filaments s'insèrent les très-petites spermaties ovales, longues de 1 k % microm.
C'est à un Toreslier de Wildenbruch, M. Koltermann.que M. Ilartig doit la découverte des spermogones de la forme corticole. Sur l'écorce d'un pin de Weymoulh Agé de quatorze ans, il trouva, entre les gros jEddium, des places lisses de la grandeur d'un pois, qui se distinguaient par leur coloration plus foncée. Celaient les spermogones; ils' se rencontrent de préférence à la limite entre l'écorce saine elles parties malades. M. Ilartij; les découvrit également sur le pin ordinaire, où ils sont plus difficiles à voir à cause de leur teinte plus pâle. Les spermogones du corticola forment des taches, de 3 A 7 microm. de diamètre.
A la limite entre le parenchyme cortical el l'enveloppe subéreuse, se développe une couche d'environ 40 microm. de haut, formée intérieurement de pseudo-parenchyme d'où partent perpendiculairement des byphas qui soulèvent la coucbe subéreuse et la séparent de l'écorce.
Les jEcidium de la forme acicole se forment ordinairement en petit nombre (rarement plus de quinze) entre les spermogones sur les feuilles de deuxième et de troisième année. Comme le parasite ne tue pas la feuille, celles de troisième année portent souvent de jeunes spermogones et de Jeunes Mcidium, entre les cicatrices des fructifications de l'année précédente, cicatrices noircies el imbibées de résine. La fente de l'épiderme d'où sort le péridie de Y JEcidium a 1 à 3, rarement jusqu'à 5 microm. de long.
M JEcidmmndih sur un Rtroma lâche d'où partent perpendiculairement à la surface de la feuille des hyphas ou basides très-serrés, 4-5 cellulaires. Les cellules de l'assise extrême se soudent et forment le rudiment du péridie, qui s'accroil ensuite par l'addition de nouvelles cellules au-dessous des parties déjà formées. Les cellules du péridie ont une ouverture semblable à celle des spores; elles sont voluminenses, polyédriques, vides et transparentes. Extérieurement, par rapport aux basides qui portent le péridie, on trouve plusieurs cellules en forme de massue, qui soulèvent l'épiderme, de sorte que le péridie lui-même n'a pas à en supporter la pression. Les spores ne se suivent pas immédiatement à l'extrémité des basides, mais elles sont séparées par des lamelles qui disparaissent i mesure que les spores arrivent à leur développement complet. Le
LES NAUDIES DES UtUES FORESTIERS. S»
péridje se déchire iiTégulièrement et laisse échapper les spores.
Celks-ci sont oblongues, quelquefois ovales ou polyédriques avec (les angles et des arêtes mousses. Cette forme s'ei^lique parla pression réàproque. Le conteou est riche eu plasma jaune d'or, dans lequel llotlent des gouUeletles huileuses plus ou moins volumineuses. La membrane est incoloi*e; les épaississements eu forme de verrues sont si faiblement accollés qu'ils se détachent quelquefois par la seule pression du petit verre et fiottenl dans l'eau de la préparation sous forme de petits bâtonnets un peu étranglés au milieu . La germination s'opère facilement ati bout de 12-24 heures dans l'air humide ou dans l'eau. 11 y a 1 à 3 boyaux qui se ramifieat et renferment souvent les goullelettes jaunes des spores.
Les jEcidium du corticola sontbeaucoup plus grands et plus irréguliers.
Les plus arrondis ont un diamètre moyen d'environ 5°", les plus allongés ont la même largeur : ils confluent avec les voisins et arrivent jusqu'à la longueur de 15"', on les voit apparaître en juin sur l'écorce des branches et des rameaux de jeunes ou de viuix pias, très-souvent aussi sur le tronc même; sur les très-jeunes troncs et sur les rameaux les plus faibles, l'écorce est infectée sur tout le pourtour; sur les vieux troncs et les branches les plus fortes, ce n'est ordinairement qu'un seulcôté qui porte les ^cùftum. Lorsque le tissu de l'écorce n'est pas complètement tué h première année, de nouveaux jEddium se montrent entre les cicatrices des ancieee; mais ils apparaissent de préférence dans IcvoisTnage des tissus mortifiés, dénotant ainsi la marche progressive du mycélium. Ces phénomènes se reproduisent pendant une série d'années jusqu'à la mort de ta plante ou de la branche.
Sur les très-vieux arbres la formation des Mcidium s'arrête au bout de quelque temps ; le mycélium s'étend toujours, mais il devient stérile.
VjEcidium du corticola se distingue de celui de Vacicola nonseulement par son volume et sa forme extérieure, mais par aussi le strMna trè6-dével(^pé ; les basides sont beaucoup plus Qns et comme ils sont très-serrés il se développe sur une même surface hyméniale beaucoup plus de spores que dans In forme acicela. 11 en résulte que les lameUes qui séparent les spores sont quelquefois très-alloufrées et que les spores elles-mêmes sont parfois plus longues que dans l'acicota ; toutefois, il n'en est pas toujours ainsi et les la-
melles ont souvent la même forme ; nous ne possédons donc pas là un caractère qui puisfie servir à séparer ces deux Tonnes comme espèces distinctes. On ne poun-a répondre à cette question que quand on aura découvert les téleutnspores correspondnntes. Les ai^uments qui parlent en faveur d'une séparation sont assez {graves :