A PROPOS DU HÉHOIRE DE H. A. LECLERC
Nous insérons ci-dessous, à la demande de M. A. Leclerc, la réponse qu'il oppose à nos nouvelles recherches sur la germination publiées dans ce volume, page 229.
Au lieu de rechercher comme je le lui avais demandé si la présence des balles dans l'orge en gennination ne détermine pas quelques phénomèoes secondaires capables de masquer les résultats qu'on obtient toujours avec les graines dépourvues de balles et qu'on observe même souvent avec l'orge elle-même, M. Leclerc restreint la question à un sujet unique, la non-occlmion de l'azote dans l'orge en germination.
Il discute ainsi avec beaucoup d'ardeur un sujet qui ne présente pas le moindre intérêt. En effet, la théorie de la g;ermination
que nous avons prêsenlée, M. Landrin et moi, repose sui- ce fait : Au commencemenl de la germinatioD les gaz se condensent dans la graine, l'élévation de température qui accompagne rorcément celte condensation est la cause qui favorise la combustion lente, qui se traduit par le dégagement de l'acide carbonique. Nous n'avons jamais voulu établir un autre point que celui-là. Quel est le gaz qui, ainsi condensé, oxyde les tissus? C'est à coup sûr l'oxygène, c'est donc la condensation de l'oxygène qui est importante. La condensation de t'azote n'avait d'intérôt qu'autant qu'il n'était pas possible de prouver directement la condensation de l'oxygène, ce que la diminution de volume du gaz primitif ne prouvait pas absolument, car on pouvait supposer que le gaz oxygène manquant non représenté par l'acide carbonique était peut-être combiné et non condensé; mais, dans mon second mémoire, j'ai montré {page 248) qu'on extrait directement des graines en germination un volume de gaz bien supérieur à celui qui était contenu dans les graines normales; ce gaz est en grande partie formé d'acide carbonique qui provient à coup sûr de la transformation de l'oxygène disparu. Je'constate donc d'une part que l'oxygène diminue de volume au contact de la graine, d'autre part je l'etrouve dans la graine cet oxygène métamorphosé en acide carbonique; j'arrive ainsi à la démonstration complète du fait que j'avais voulu établir, et j'ajoute qu'il est indifférent pour que notre lliéorie soit exacte, qu'on observe ou non la condensation de l'azote. Elle a lieu souvent, parfois elle ne se produit pas sans que cela infirme en rien la manière de voir, que nous proposons, M. Landrin et moi qui repose sur la condensation des gaz dans les graines au début de la germination, car, je le répète, à l'aide de la macbine d'Alvergniat cette condensation est démontrée aujourd'hui très-aisément; l'expérience qui' l'établit est tellement Eacile à réaliser que j'ai pu en rendre témoin toutes les personnes que cette question intéresse.
Mais je m'arrête, je ne veux ni exciter l'ardeur belliqueuse de mon jeune contradicteur ni provoquer de nouveau la publication d'un monument de science aimable et courtoise semblable à celui que renferment les pages suivantes; les lecteurs des Annaies, j'imagine, ne m'en sauraient aucun gré.