‹ Annales agronomiquesChapitre 218 sur 221 · NOM-OCCLUSION DE L'AZOTE DANS L'ORGE EN GERMINATION. 6J · texte numérisé non relu

NOM-OCCLUSION DE L'AZOTE DANS L'ORGE EN GERMINATION. 6J

l'eau ont-elles pu condenser de dix à quinze fois leur volume de gaz? 11 est difficile de le comprendre; mais peu imporle. € Tant que ses enveloppes (de la graine) sont sèches, tant qu'elles n'ont pas lité ramollies par l'eau, elles paraissent presque imperméables aux gaz, et la vie reste à l'état latent; mais aussitôt que l'eau intervient et que le lesla est devenu perméable, les gaz pénétrent dans les tissus et s'y condensent. > Parlant de là, je suppose une graine mise dans une atmosphère humide formée de 79'"%0i d'azote et iO",9Q ti'oxjgéne, c'est-à-dire de 100"^ de gaz atmosphérique sec, et que les faits avancés par MM. Deliérain et Landrin sont exacts. Puisque, d'après eux, t au commencement de la germination les graines ahsorbent les gaz à la façon des corps poreux », je suppose qu'elles iiient ahsorhé 10'"'' de gaz azote, quantité donnée par l'analyse des gaz au sein desquels la germination s'est produite. A ce moment, les 40'" d'azote doivent être dans la graine, de sorte qu'en analysant cette dernière par la méthode de l'oxyde de cuivre, on devrait lui trouver un excès de 10" d'azote sur l'azote contenu dans la graine normale. L'analyse des deux graines par la méthode de l'oxyde de cuivre donnera certainement cette différence de 10", C'est là la marche la plus logique à suivre dans t'élude de ta germination : MM. Deliérain et Landrin n'ont donné aucune expérience qui ait été faite dans ce sens; ils ont donc négligé le véritable contrôle; cependant c'était un moyen très-sûr d'arriver à constater si l'occlusion existe ou n'existe pas. Ils n'ont même pas cherché à vérifier si les I3"',l d'azote trouvés en excès dans l'expérience n" 12 sur le blé (page 373) correspondait à l'azote trouvé en moins par les analyses n" 1 et n° 2 ^page 378). Ils n'ont fait aucune vériiication, ce qui explique probablement pourquoi ils ont admis, pour établir Icurlbéorie, les expériences les plus discordantes. En effet, ils ont trouvé (je prends leurs propres chiffres, bien qu'ils soient le résultat de fautes de calcul) par leurs méthodes analytiques que l'orge normale contient 2,88 pour iOO d'azote, el que l'orge après germination contient 1,18 pour 100 d'azote (1). Soit une différence de 1,70 pour 100 d'azote qu'ils considèrent comme représentant l'azote condensé.

La -densité moyenne de l'orge étant, d'après, mes expériences, de 1,275, et d'après ce lies de Fr.SchertIer (2) de 1,277, soiten moyenne

(h Ann. det ic. nat.. Botanique, 5° série, p. 38 {i) Die Aniemdung den 'pfcifiachtn Gewichtei. -

de 1 ,2'6, le volume de cet a2.ole occlus par 100 grammes de grains d'orge est -^^ = 1332". Or les lOO grammes d'oi^e ont un volume de -j^ = 78", d'où il résulte que 1" d'orge a condensé -^ = 17" de gaz azole! Donc, d'aprèslesanalysesdeMM.DehéralnetLandrin, l'orge sur laquelle ils ont étudié l'occlusion aurait condensé dix-sept fois son volume du gaz azote, sans compter en outre la condensation de l'oxygène, qui, d'après eux, existe aussi! Hais H. Dehérain a dit : « Cependant, M. Leclerc n'a-t-il pas vu, en effet, que 3 ou 4 grammes de graines se chargent, dans nos expériences les mieux réussies, de 3 ou 4" de gaz azote » (3). Voilà certes une contradiction des plus manifestes ; seraiL-ce parce que les expériences que Je cite sont de l'an dernier, et qu'elles auraient échappé au souvenir de M. Dehéraio? QueM. Dehérain ne se retranche pas derrière les deux méthodes d'analyse qu'il a employées, elles se trouvent au-dessus de toute critique, puisqu'elles sont dues à c deux illustres chimistes français *. Je ferai observer au professeur de chimie de Grignon qu'il ignore que la méthode de la chaux sodée a été imaginée par MM. Will et Varrentrapp'(i), et que M. PéIigot(2) en a seulement rendu l'emploi plus expéditif par l'usage des liqueurs tilrées.

L'aide-naturaiiste du Muséum a trouvé que le blé renferme 2,5 pour 100 d'azote libre dans ta graine (page 378), et que le lin en renferme 2,2 pour 100 (page 379). La densité du blé étant de 1 ,359 et celle du lin de 1,143,1e volume du gaz condensé par 100 grammes de graines sera :

ssou

pour le blé ~^^ = 1839a;,

<■•"""'" iur="='"-

Huia le volume de 100 grammes dn blé est de := Titc,

Et celui de lûO grammes de lin de 7TS" ~ *^"'

Par conséquent, d'après MM. Dehérain et Landrin,

(1| An», aijrmtmniqvrs, \, I", p. 237.

(i) ViJi et Varrcnlrnpp. .Vrui! milbodr îur Bmtimmani} det Slicktlogi in orgatùtrhrn Ytrbinilmigen [Anntd. A. Wohler utid Liehîg, iS4l).

(^j l'élîfot. Sur un jirocéilè propre à ditermintr (riinr. manirre rapide la guantitr ifaiute contenue dam lei nubtlancrs ornaniques. Compte» re-ndui de VAe. det. se., l. XXIV, 18t7.

NON-OCCLl'SION DE L'A/OTE DANS L'OBGE EN' GEHMC^ATION. («â.

1" de blé cantiendrail. — .„ - =: ÎS«,1 d'azote libre et conàeoti.

1ȕt

1" de lin ~St~ ^^ ^'A d'aiote libre e( condensé.

c'est-à-dire que le blé condense 25 fois son volume de gaz azote et, le lin 2^ Tois ! On a vu plus haut que M. Dehérain annonceque, dans ses expériences les mieux réussies, il a trouvé, d'après les analyses des gaz dans lesquels les graines avaient séjourné, que 1" de graine se chargeait à peu près de son volume de gaz azote. Ces différences énormes, que tout expérimentateur, soit chimiste, soit physiologiste, considère cerlainement comme portant un coup décisif à la théorie de l'occlusion du gaz azote dans les graines, sont insignifiantes pour M. Dehérain, qui semble vouloir plier un phénomène à ses vues.- Malheureusement pour lui, il a oublié que i la vérité est fille dti temps et non de l'autorité ». En 1875 les phénomènes de la germination sont, suivant M. Dehérain, fort dilTérents de ceux de 1874. ' D'après lui, l'an dernier les graines condensaient de 10 à 15 fois, leur volume de gaz ; cette année elles n'en condensentphis que leur volume.

M. Dehérain, qui a la prétention de faire des dosages absolus, admet sans scrupule, pour éludier l'occlusion, desanalysesdans lesquelles, par la même méthode cl pour des graines homogènes, le lin (page 379), il a obtenu un écart de U,0 pour 100 dans le taux de l'azote, et surtout quand, suivant lui, il s'agit de décider si oui ou non 1 gr. de graine se charge d'environ de 1 mgr. de gaz azote (1)! Mais 0,9 pour 100 d'azote donnent!) mgr. pour 1 gr. de graine, c'està-dire que M. Dehérain se sert, pour étudier et établir sa théorie de l'occlusion, d'expériences dans lesquelles il commet des erreurs de 9 mgr., quantité neuf fois plus considérable que celle qu'il veut déterminer!

Dans ses nouvelles recherches sur la germination, il n'a pas été plus heureux que l'an dernier; toutes ses expériences lui sont défavorables. En eflèt, il a trouvé que, sur cinq essais faits sur l'orge,, trois ont donné une absorption d'azote et deux un dégagement pendant la période d'expérience; un essai sur le lin a donné une absorption, et deux un dégagement; quatre essais sur le blé ont. donné une absorption, et quatre autres essais sur la même graine

(I) ^nn. agroncmi^uei, t. I", p. 237.

ahmales ACHonoHQUEs. f i. ~ 10. i. - 40

ont donné ua dégafemeat. Il' est probable que, s'il avait fait six essais sur l'orge et quatre sur le lin il aurait eu, comme pour le blé, nombre égal d'absorplion et de dégagement d'azote. En présence de ces faits, la conclusion n'est pas douteuse, c'est l'absence du phénomèae de la condensation, car puisque pour des expériences ayant diu-é sensiblement le même temps, on a obtenu des résultais contradictoires, c'est que le phénomène dont il s'agit n'existe pas. Mais M.Dehérain de ces expériences contradictoires conclut à l'occlusion. Il ne lui vient pas à l'esprit que si un phénomène de l'ordre de l'occlusion se produisait, ce devrait être avec constance, et que, si une même graine donne des résultats opposés, c'est par suite d'erreurs commises dans les analyses. Ses expériences nouvelles ont été faites sur l'eau ; les gaz sur lesquels il a opéré se sont-ils dissous, ou bien l'eau en a-t-elle cédé ? Puisque, de l'aveu de M. Dehéraîn luimême, t on n'a pas fait d'analyse eudiométrique, ou a admis que le gaz qui restait après l'absorption de l'oxyfrène et de l'acide carbonique était de l'azote. > Il est clair que ses nouvelles expériences présentent peu d'intérêt. Il ne craint pas cependant d'élayersa théorie par compensation : « Quand on met des graines en germination, on trouve souvent que si le volume du gaz diminue, si celte diminution porte toujoui-s sur l'oxygène, elle est parfois partiellement compensée par l'augmentation de volume de l'azole (I) ». Ainsi, aux yeux du professeur de chimie de Grignon, dans la germination l'azote peut remplacer l'oxygène par compensation (2) !

Les expériences relatées au tableau III conduisent aux mêmes conclusions. Sur neuf essais faits sur des haricots, quatre ont donné une absorption d'azole comprise entre 0",'i2 et l",83, et cinq ont donné un d^igagement variant de 0"^,07 à 2"" ,78 : M. Dehérain, de ces résultats contradictoires, conclut, comme toujours, qu'il y a réellement occlusion au début de la germination.

J'ai montré que l'azote trouvé en excès dans mes analyses provenait de la décomposition des matières azotées. M. Dehéi-ain nie cette origine; cependant il dit : < Celui (le gaz) qu'on voit se dégager dans les expériences précédentes provient, non pas de la décomposition des graines, cette hypothèse admise par M. Leclerc n'est plus soulenable, mais d'une oxydation régulière des albuminoïdes mei-

(1) ^nn. agrnoomtqutt, l. )•', p. 340.

(S) K'eit-il pas bicD clair, d'aprè« cntte citation mtme, que H. Lederc s'acharne nr un poinl qui n'a pas la moindre importance pour. la démonttralion qae je me suis efforcé de faire. p. p. q.

NO»-OCaUS10N DE L'AZOTE DA»S VORGE m GERHfNATEON. 697

tant en liberté de l'azote {i^azeux (1) i. M. Dehérain pourrait-il dire el pourrait-il démontrer pourquoi mon hypothèse n'est plus soutenable ? Cette citation, si elle n'est pas la déûnition littérale de la décomposition des matières azotées, détruit tous les travaux sur la germination de H. Boussingault et autres chimistes éminenis, qui ont démt)iitré que dans les germiasitions régulières et complètes le taux de i'azote ne varie pas. Du reste, M. Dehérain se condamne luimême ; n'a-t-il pas dit qu'il considérait l'hydrogène trouvé dans ses analyses comme un produit de décomposition des graines? et n'at-il pas considéré, comme excellentes pour sa cause, sept expériences sur neuf dans lesquelles l'hydrogène a été dosé? H. Dehérain veut répliquer à tout et n'admettre de son (jeune contradicteur > aucune de ses critiques.

Enûn M. Dehérain essaye de déplacer la discussion en disant que je nie la présence des gaz dans les graines. ( M. A. Leclerc nie que du gaz azote puisse pénétrer dans les graines au moment de la germination. M. A. Leclerc alTirme qu'il n'existe pas de gaz azote confiné dans les graines; il nie qu'il exîs|e des gaz dans les graines normales ou germées. > Je nie la condensation, l'occlusion des gaz dans les graines; comme la graine est poreuse, elle renferme nécessairement du gaz libre et non condensé, venant du milieu dans lequel elle se trouve. Si M. Dccaisne a reconnu < que le tégument n'est jamais étroitement appliqué sur la graine à la place occupée par J' embryon, et qu'il forme dans les céréales de nombreux plis sous lesquels l'air peut se trouver renfermé t, il n'a pas vu si les gaz sont ■condensés. Puisque M. Van Tieghem n'a pas vu également si les gaz contenus dans les graines étaient condensés, M. Dehérain n'a pas le droit de dire qu* * on peut donc considérer cette question résolue ». Je comprends tout l'inlérêt qu'il aurait à sortir le plus tôt possible du cercle vicieux dans lequel il se trouve engagé. Aussi, pour clore la discussion, n'examinerai-je plus que la nouvelle méthode que M. Dehérain a imaginée pour me convaincre d'erreur, et la méthode qu'il a suivie dans l'analyse des gaz après germination des graines. Voyons d'abord la méthode de l'extraction des gaz par la machine de M. Atvergniat. Ce n'est pas sans un profond étonnement que j'ai lu ses expériences de l'extraction des graines au moyen du vide. L'an dernier, en 1 874, M. Dehérain n'avait pu y parvenir ! Aussi avait-il dit :

(f) iliin. agroiMmiqats, t. \", p. 2iS.

< Quand on soumet les graines à l'action du vide, on ne peut en dégager les gaz; d'oïi il faut conclure qu'ils y sont condensés comme le sont l'hydrogène dans la mousse de platine, le gaz de l'éclairage dans le palladium, le gaz ammoniac, chlorhydrique, etc., dans le charbon (1) ». De deux choses l'une ; l'an dernier l'expérience sur les graines au moyen du vide a été convenablement faite, ou elle ne l'a pas été. Que M. Dehérain se tire de ce dilemme, et la discussion sera close.

Les graines étaient mises dans un flacon avec de l'eau bouillie; par une disposition spéciale de l'appareil, on faisait le vide et recueillait les gaz. M. Dehérain a trouvé que 100 gr. d'oi^e ont donné :

' d'oiitgino et 9;8 d'azale.

d'oxygùne el 9cc,0 ifaiole (ïj.

L'occlusion dos gaz est donc nulle, et, d'après celte nouvelle expérience, M. Detiérain est conduit à adopter mes conclusions que j'ai données dans mon mémoire, à savoir que l'orge ne condense pas le gaz azote pendant la germination. Celte expérience le condamne nettement. Si le phénomèhe de l'occlusion existait, qu'aurait-il dû arriver? D'après la nouvelle opinion de M. Dehérain relativement au vide, les 100 gr. d'orge, qui, pendant la germination, aui'aient dû condenser à peu près 100"" de gaz azote, car, dans ses expériences les mieux réussies, « 3 ou 4 gr. de graines » se chargent < de 3 oh 4^' de gaz azote i , auraient dû céder environ i 09" ,8 d'azote ; il n'en a trouvé que 9" , chiffre même inférieur à celui trouvé pour les graines normales. Ces 9", 8 d'azote trouvés dans les graines normales peuvent provenir de trois origines :

1" Du gaz libre contenu dans les pores de la graine et sous sa balle;

2" Du gaz adhérent aux parois de la graine ;

(1) Ann. da se. nal., Botanique, 5* série, t. XIS, p. 36G.

(!) Le procédé <]c discussion de M. A. Lcclerc est iei un peu vif, M. Leelprc mifiprime 9cc,0 d'acide carbonique qui proviennent de l'oxvgi'-nc qui n péni'tré dans la graine, ce qui démontre préciiécnenl le fait contesté. 11 esl donc bon de remettre sous tes yeux du lecteur les chifTrcl exacts :

G» eiinils par li mscliiac rTAhergni*) Valonie lolil Ossfhar Ao. rarb. Aïole do 100 urammci d'oral?. «. er. et. n.

K' 36. Avant germination. ... 19,0 3,0 0,2 0,K

K» 37. id .... 7.M 0,3 0,e 7,t

N° 38. Après germination l'J.U - 1,0 0,0 '.1,0

Quand on a opéré avec le blé, on a trouvé que 7 cc.de gaz ai-antgcnntnalion sont devenu) 11,1 aprÈs ^erminaiion, avec les haricots que 31.1 de gai: sont devrnos lucceMÏvemenl Tiî, 54,7, 64,5 a lITcc après 3, 4, 6 et 8 jours de gemiinntion.

NOS-OCr.U'SION DE L'AZOTE BANS L'ORGE E.N CEHMESAT10S. 6»

3° Du gaz qui, malgré une ébullition même prolongée, est resté dissous dans l'eau employée dans les essais de M. Dehérain.

.Mais, quoi qu'il en soit, si la condensation eût existé, il est clair que la quantité d'azote trouvée dans les graines après germination eût été de beaucoup supérieure à celle trouvée dans les graines avant germination. En présence d'un fait aussi concluant, on peut donc considérer la question comme résolue pour l'oi^e, et aflirmer que le phénomène de la condensation n'existe pas. Je suis donc arrivé, pour l'oi^e, à des conclusions diamétralement opposées à celles énoncées par M. Dehérain.

Le procédé analytique suivi par MM. Dehérain et Landrin pour la détermination de la composition des gaz après expérience est entaché d'erreurs graves. Après avoir, au gaz toujours humide, ajouté de l'oxygène, puis du gaz de la pile, et fait détoner le mélange qui donnait naissimce à de l'eau, < on introduisait alors dans l'eudiométre un petit bâton de potasse fixé à l'extrémité d'un fit de platine, on le retirait quand on ne voyait plus de changement dans le niveau du mercure; enfin on remplaçait ta potasse par une boulette de papier humide, fixée également à un fd de platine qu'on laissait sejourner jusqu'au mom<>nt où le gaz s'était de nouveau saturé de vapeur. Après avoir retiré la boulette humide, on notait la hauteur de la colonne merourielle dans l'eudiomèlre maintenu venical : on lisait le baromètre, le thermomètre, et l'on procédait au calcul > (1). La potasse s'est dissoute en partie dans l'eau qui renfermait l'eudiomélre, et ce liquide n'ayant pas été enlevé, ni par aucun moyen indiqué, ni par la boulette de papier humide, il en résulte qu'ils évaluaient le volume du gaz en présence d'une solution plus ou moins étendue de potasse. Or, Â température et pression égales, ta tension de vapeur de cette solution est inférieure à celle de l'eau; par suite MM. Dehérain et Landrin devaient trouver des volumes d'azote infé> rieurs -ii ceux existant réellement, et inférieurs par conséquent à ceux qui avaient été primitivement mis en expérience puisque l'azote introduit dans l'appareil avait été calculé d'après h quantité d'air employé et non déterminé par l'analyse. C'est àquoi ils sont arrivés. L'erreur commise dans ce raoïle opératoire est variable avec la proportion de potasse dissoute. J'ai trouvé, en opérant comme M.M. Dehérain et l^andrin l'indiquent, jusqu'à une diirérence de

(Ij Aim. lia ne. liât.. Cutaniqiir, 5> surit, t. XIS, |>. 300.

0**,8 à 0 et à 760™ sur un volume d'azote de i9",i à 0 et i 760, ce qui fait une erreur de plus de i pour 100. L'erreur est donc considérable : si on y ajoute maintenant celle due aux lectures, puisque M. Dehérain dit i que les erreurs que l'on peut commettre dans ces sortes d'analyses ne dépassent pas quelques dixièmes de centimètre cube >, on aura une idée de l'exactitude avec laquelle ont été faites les expériences qui ont servi à MM. Dehérain et Landrin h éublir leur Itiéorie de la germination. Ce ne sont pas les seules erreursqu'ils ont commises; leur mémoire en offre bien d'autres dans la détermination de l'azote mis en expérience. En effet, MM. Dehérain et Landrin donnent pour l'azote, au commencement de l'expérioice <Tableauxn°I et n° III, Ann. des se. nal.,Bolaniqnei) :

f*li

enrei

LoWT'

K h lolimw n

x-lest

Awte:

= 15I«,98 lB5ffl.98

X 0,7'JÎ =

Azote -

n!cc,8

Azote -.

= 7lM,5

Je n'ai pu soumettre les chiffres de l'azote obtenu après eipé* rience à aucune vérincation, puisque MM. Dehérain et Landrin n'ont donné aucun document permettant ce contrôle. Je signderai également les erreurs commises dans le calcul des taux de l'azole contenu dans l'oi^e avant et après germination. Ils ont trouvé pour l'analj'se n*ll,deroi^enonnale,2,Ji8 pour 100 d'azote au lieu de â,05pour 100 qu'on obtient d'après leurs données analytiques, et pour l'analyse n° 12, de l'orge après germination, 1,18 pour 100 au lieu de 1,49 qu'on doit obtenir (1).

En résumé, leurs expéiiences sout viciées dans leurs résulUIs pour deux causes :

1° Par l'emploi d'une méthode analytique imparfaite;

2° Par des erreurs commises dans les calculs des expériences.

De cette discussion il résulte que, comme je l'ai montré dans niMi mémoire :

1° L'or^^e placée dans une atmosphère limitée en augmente le volume.

2" Cette augmentation est due à de l'acide carbonique dont le volume est supérieur à celui de l'oxygène disparu.

Ces deux conclusions, rejetées l'an deiiiier par M. Dehérain, seul admises par lui aujorn-d'hui (2).

(I) Ann. lUx k. nal.. Botanique, 5< »érie, t. \l\. p. 3SD. \ïl Complet rendiu de lAoad. de» k., t. UXXI, p. 199.

NON-OCCLUSION DE L'AZOTE DANS L'ORGE EN fiERMINAT[ON. 83}

3° Le phénomène de rocclasion du gaz azote n'existe pas, du moins pour l'orge.

4* L'occlusion n'existant pas, il ne peut y avoir de chaleur produite, d'où résulte que la cause delà germination est due à un phénomène de tout autre ordre que celui invoqué par MM. Dehérain et Landrin. Leur théorie n'est pus admissible en tant que l'on considère l'occlusion comme Ih point de départ de tout changement dans la graine.

L'oi^e seule m' intéressant, je n'ai point étudié d'autre graine; cependant si M. Dehérain veut bien publier en entier, comme je l'ai fait dans mon mémoire, lous les documents analytiques obtenus dans ses expériences, je m'engage à procéder avec tous les soins désirables à de nouvelles expériences faites avec les graines sur lesquelles il a opéré et ii en faire connaître tous les résultats.

Avant de terminer, je veux relever l'accusation que M. Dehérain a lancée contre moi, d'avoir « wn amour de l'A llemagne poussé vn peu loin n (j). C'est une injure que chacun comprendra, et d'autant plus grave qu'elle atteint un jeune homme qui, violemment séparé de la France par la plus malheureuse des guerres, a l'honneur de rester Français par le cœur et l'option ! la science n'a pas de na~ tiooalité ! et si je cite des auteurs allemands , je n'en suis pas le plagiaire I

Nancy, le M MfMmbrc IBTft.

Je laisse de côté les aménités de M. Leclwc ; elles ne m'atteignent pas, les faits seuls m'intéressent et je veux seulement relever ici la faute flagrante de raisonnement commise par mon contradicteur : M. Leclerc donne pour troisième conclusion de son travail : Leph^ nomène de l'occlusion du gaz azote n'existe pas, du moins pour l'orge; i' l'occlusion n'existant pas, il ne peut y avoir de chaleur produite, etc. Ainsi, de ce que l'occlusion n'existe pas pour l'azote dans l'orge, ellen'existe pour aucune autre graine? de ce qu'elle n'existe pas pour l'azote, elle n'existe pas pour l'oxygène? Et cela quand j'ai indiqué une expérience qui démontre qu'il y a dans les graines après ta geimination infmiment plus de gaz qu'il n'y ea av^t auparavaat.

M. Leclerc sent bien au reste que c'est là le point feibie de son argamentation ; de li rembarras qu'il manifeste (page 6â8) quand il s'agit d'expliquer la présence des gaz dans les graines; dé Ki la m^

(1) Annaki agrvnaotiqmti, U l", ?* fateieDle, f..tU~ ■ :>' •'

'pression del'aéiiie carbonique que j'en ai exliail, ce qui m'a forcé à rêlablir les cliifTres trouvés dans la note de cette même page ; de 'là enfin le silence qu'il garde sur l'augmentation de volume des gaz extraits des gi'aines après la germination.

M. teclerc aura beau discuter, il y a un fait inconteslaljlc établi ■par nos travaux : il y a plus de gaz dans les graines germécs que dans les graines normales, et comme, d'autre part, le volume du gaz maintenu au contact des graines diminue, j'ai le droit d'affirmer que les gaz pénètrent dans les graines au moment dota germination, d'où découlent toutes les conséquences révoquées en doute par M. A. Leclerc, et que je maintiens absolument.

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