TRAVAUX PUBLIÉS A L'ÉTRANGER
Teobnologia rural on artes chimioaa, agricolao e floreatas. Relatorîo da mÎBBào agrioola na provincia do Minho (Lîsboa, 1871).
JSAO leNACIO FEBKBIBA LAFA
Dans cet important ouvrage qui comprend plusieurs volumes de 300 à fiOOpages environ, M. Lapa, professeur à t'Institutaffronomique de Lisbonne, passe en revue toutes les induslries agricoles du Portugal ; il donne un tableau très-complet de leur état actuel et des perfectionnements qui les transforment rapidement : c'est ainsi que la description des procédés d'ez- Iraction des Imiles d'olive nous fait passer des méthodes primitives qui sont employées encore dans quelques parties du Portugal aui appareils les plus récemment imaginés qui assurent au producteur un rendement notablement plus élevé. L'art du meunier, celui du boulanger, toutes les industries qui ulilisent le lait, la préparation du miel et de la cire; l'utilisation des bois à la fabrication du charbon et de l'acide acélique, l'clude des matières textiles, lin, soie, laine, sont décrits dans deui des volumes lie cet ouvrage.
Le dernier qui a été publié récemment est entièrement consacra A la iabrication du vin ou des liquides alcooliques.
H. Lapa étudie d'abord la fermentation alcoolique et il indique avec le plus grand soin (ouïes les méthodes analytiques que l'ingénieur agricole a . intérêt k cvanaitre pour conduire sûrement les fabrications. Ces iadicatioos sont moins importantes pour le lecteur étranger que l'étude trèsapprofondie que fait M. Lapa des vins portugais qui jouissent à juste titre
T£CHNOL0G[i RURAL OU ARTES CttIHtUS. 639
il'une si grande réputation. H. Lapa suil la fabricalioa du vin depuis la cueillette des giuppeg jusqu'à la vente; on sent qu'il est là sur un terrain qui a été l'objet constant de ses éludes, tous les procédés sont étudiés, tous les soins qu'exige la production sont minutieusement rappelés et les personnes qui s'occupent dans notre pays de cette industrie au moins aussi importante pour la France que pour le Portugal consulteront avec Truit cette partie de l'ouvrage de M. Lapa; ils ne rencontreront pas grande diTTiculté à te lire, le portugais est une de ces langues latines que les Français entendent aisément, de plus le style de H. Lapa, simple, dair et lucide, Tacilite beaucoup cette le<;lure.
La fabrication de la bière, celle du vinaigre, enfin la distillation du vin, des grains, des betteraves, du sorgho, sont encore compris dans co volume, qui est de beaucoup le plus important des trois. — L'ouvrage se termine par un aperçu général sur la culture de la vigne en Portugal.
H. Lapa ne se contente pas d'instruire ses compatriotes par ses ouvrages, il ne dédaigne pas d'aller porter son eopeignemenl dans les diverses parties du royaume, et la relation de la mission qu'il a accomplie il y a quelques années dans la province de Hinho est non-seulement trës-instruclive pour les lecteurs portugais, auxquels M. Lapa enseigne les méthodes nouvelles propres à augmenter la production agricole de leur , douaire, elle l'est aussi pour les lecteurs français, qui y trouvent un tableau très-sincère de l'élat actuel de l'agriculture dans ce beau pays, qui a été lent à s'engager dans la voie du progrès, mais qui parait aujourd'hui y marcher résolument.
La superficie du royaume de Portugal est de 0 000 000 d'hectares qui se divisent ainsi :
Terrei cultivée! 2 OOU 00(1 d"hecUrM.
Torrei iiiculles, nuia susceptibles d'ttre iiitics en cultuiv. 3000000 •
Terre* incullea non culUvablcs 3500000 •
VillM, etc : 500000 .
M. Lapa n'est pas un courtisan ; il ne cherche pas à flatter son auditoire, en lui vantant la prospérité uationale, il n'hésite pas au contraire à lui donner comme exemple les pays étrangers où l'agriculture est arrivée à un développement plus complet qu'en Portugal.
Ce n'est pas tant au reste dans les défrichements, dans la mise en culture des terres encore abandonnées que M. Lapa voudrait engager son pays, c'est surtout dans une meilleure culture des terres qui ne donnent aujourd'hui que de pauvres rendements : le blé ne rend guère que 8 heclolitrès A l'hectare, l'olivier que 15 hect. d'huile & l'hectare, la vigne 21 hectolitres; ce sont là en effet deï> chiffres très-faibles, est-il possible de les augmenter? M. Lapa n'en doute pas, il met sous les yeux de son auditoire les résulLils obtenus à l'aide des produits chimiques et il est bien certain que si l'emploi des engrais artificiels n'est pas toujours rémuné-
ratew dans les contrées arrivées déjà à un développement agric»le renu^ foable, dans les pays pauvres au contraire l'ef^t qu'ils produisent est merveilleux, et H. Lapa a biea raiaon de pousser ses compatriotes à faire us^e des phosphates si eommons sur les bords de la Gnadiana et qui arrivent en grande masse à Lisbonne, â destination de l'Angleterre, et du nitrate de soude dit Pérou dont les effets sont si marqua sur les sol» encore médiocFenient enrichis par les fumures anlérieuree.
Sans sa seconde conférence M. Lapa a particulièrement appelé l'atteution de son auditoire sur les iDConvéDients que présente le système snrri dans le Hinbo pour la culture de la vigne. Les ceps sont, dans cette province, plantés dans le voisinage des grands arbres, chênes et châtaigniers, la vigne s'enlace sur le tronc, atteint les branches et s'élève jusqu'à une grande hauteur, habituellement on la laisse se développer presque librement, sans recourir k la taille ; il parait que la production en raisins de cette vigne ainsi largement dévebppée est considérable, mais en revanche la qualité laisse beaucoup à désirer, les raisins sont iipres, peu sucrés, riches en tannin et en adde, ils donnent les vins désignés dans te pays sous le nom de vins verts; il semble qu'il soit facile de les améliorer si, d'après le conseil de M. Lapa, tout en conservant le système actuel de culture des v^es hautes attachées aux arbres, on taillait quelque peu les pousses de façon k nouer leurs extrémités sur les brandies de i'aHire qui les porte et d'autre part si on vendangeait plus tard.
On rencontre là une difGcalté qui existe ailleurs qn'en Portugal ; la propriété rurale n'est pas respectée aussi scrupuleusement qu'il le faudrait, et celui qui voudrait attendre que son raisin fût complètement rdtr pour le vendanger, courrait le risque de ne pas vendanger du tout. M. Laps conseille alors d'étendre le raisin sur des claies pour lui donner une plus grande maturité.
Je regrette vivement que le manque de place ne me permette pas d'analyser plus complètement la relation si intéressante de M. Lapa, j'espère cependant que iesquelques pages que j'ai consacrées & ses travaux montreront l'intérêt qu'on attache à développer dans sa patrie l'enseignement agricole; c'est une sage tendance et il n'est pas douteux que ce pays si heureusement doué, sagement gouverné par des princes qui ont su acquérir des connaissances dont l'élendue étonne tons ceux qui ont eu l'honneur de les approcher, ne prenne rapidement en Europe une importance plus grande que ne parait le comporter Texiguilé de son territoire.
Le (Hml : S. UtiMii.