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Milrele de loude «l luperphosphate.
D'après ce qui précède, nous croyons que les fabricants sont autorisés à proscrire éner^iquemeol les betteraves fumées avec du nitrate de soude isolément, surtout lorsqu'on en a employé une quantité exagérée.
Puisqu'il est prouvé que dans la majeure partie des cas on peut, sans augmenter la dépense d'engrais, remplacer avantageusement une forte partie de ce nitrate par du superphosphate, ce serait une duperie de la part des fabricants de ne pas imposer celte règle, et une inconséquence de la part des cultivateurs de ne pas s'y conformer.
Nous ajouterons même qu'il est du plus haut intérêt pour ces derniers de faire cette substitution. Le nitrate de soude est un engrais très-incomplet dont l'utilisation exclusive ne peut que dépouiller le sol de ses autres éléments utiles à l'accroissement des plantes, éléments qu'il importe de lui restituer, puisque la quantité n'en est pas inépuisable, même dans les champs les plus fertiles. Qu'on ne se le di.'isimule pas : le nitrate de soude occasionnera de grands dommages aux cultivateurs qui en feront un usage immodéré et exclusif. Déji plusieurs exemples tendent à justifier cette proposition, et la science peut afCrmer aujourd'hui son exactitude et sa l^itimité.
Dans les tableaux précédents nous avons indiqué la totalité des matières minérales, et pour les obtenir rapidement nous avons, suivant l'usage, traité les jus par de l'acide sulfurique. Voulant donner i nos essais un caractère plus scientifique et découvrir, autant que possible, l'iniluence des engrais chimiques .<iur la composition de ces matières minérales, nous avons fait des analyses complètes des cendres obtenues par la combustion des jus des betteraves récoltées en 1873. Ces analyses sont longues et laborieuses, mais, ainsi qu'on le verra, elles présentent le plus grand intérêt.
On sait qu'il n'est pas possible d'incinérer directement du jus de betteraves à cause des alcalis qui couvrent la matière d'une sorte de vernis qui la préserve de l'action de l'ox^ène. Il est essentiel, dans cette opération, de ne pas dépasser le rouge sombre, sous peine de volatiliser les chlorures et d'avoir conséquemment des résultats fautifs. Aussi avons-nous pris les précautions usitées par tous les chimistes expérimentés, c'est-à-dire que nous avons réduit le jus en charbon par une combustion ménagée; celui-ci a été lessivé à l'eau bouillante, on a séparé la dissolution, et le charbon étant débarrassé de l'alcaU qu'il contenait, nous avons obtenu, en l'inciné-
LES ENGRAIS CBIHIQUES ET LA BriTERAVE. K
.rant au rouge sombre, des cendrés parfaitement blanclies. Ajoutant ensuite le liquide de lavage à ces cendres, évaporant doucement et avec précaution, nous avons eu la totalité des matières minérales réelles que peut fournir la combustion du jus.
Nous n'entrerons pas dans plus de détails sur les procédés de ces analyses qui sont connus de tous les chimistes.
Dans le tableau suivant nous avons réuni les chiffres obtenus ( I ) :
tolubtcs pourlW
Sans engrais
60U« Ditrale de sojde.
iiOO^ sulfate d'ammai
eoil^ aitrale de Eoude — 6U0» sallate d'ammonia-
6t)Uk AitrâiD de «oudé.' 1 50 ^osphale fossile, SO sullale de potasse
50iik sulble d'ammoniaque, ISO phosphate loslilG, 60 sulfate de po-
500" sulfate d'ammoniaque. 150 phosphate fossile. 60 sulbte lie polasse, 140 chlorure de polassiimi
JOQk nitrate de soude.
300 nilrate de potasse.
4U0superphoiphate,30t pUtre
Ces résultats démontrent, ainsi qu'on pouvait s'y attendre, que les cendres des betteraves fumées avec du nitrate de soude renferment constamment moins de carbonate de potasse et plus de carbonate de soude que celles qui ont eu à leur disposition du sulfate d'ammoni.tque.
(Il Cea analjsct ainsi que les précédentet ont été elTecluéea avec le jeune chîmitle très-soigneux, H. J. Hachttetter, ingénieur civil.
(2) Dans la partie joluble, il eiisle une faible quantité de phosphate al ■TOUS nigligé pour ne pas compliquer nos résultats.
1G LtweS BV eilAEHT.
Ils prouvent aussi que le chlorure de potassium ajouté à l'engraU se retrouve dans ces cendres; c'est ce que l'un de nous adémontré, il y a déjà longtemps.
Il en résulte que lorsqu'on juge à propos d'enrichir en potasse l'engi'ais destiné aux betteraves, il est préférable d'utiliser le sulfate de potasse plutôt que le chlorure de potassium, ce dernier sel ayant, comme chacun le sait, une action nuisible sur la cristallisation du sucre.
On remarquera enfin que les sulfates ont été plus aboodants dans les beltcraves fumées avec du sulfate d'ammoniaque, et que c'est dans la parcelle où l'on a mis du plâtre que les betteraves en renfermaient davantage.
DE L'INFLUENCE QU'EXERCENT SUR LES RÉCOLTES LES RÉSIDUS LAISSÉS PAR LES FUMURES ANTÉR E U
MH. LAn'EB ET SIIAEKT.
Tous les chimistes agronomes connaissent les beaux travaux de MM. Lawes et Gilbert, et savent que depuis plus de trente ans, les deux inlàtigables travailleurs de Rothamsted çnt accumulé les documents les plus importants sur toutes les questions qui louchent à l'emploi des engrais.
Nous aurons occasion souvent, dans ies Annales, de faire de larges ■emprunts aux mémoires de Rothamsted, toutefois nous n'avons pas l'inleniion d'aborder dans cet article l'ensemble des documents publiéspar SIM. Lawes el Gilbert; ce travail, d'un grand intérêt pour les lecteurs français, a été entrepris par M. Ronna dans le Journal d'agriculture pratique, et nous avons d'autre part traduit pour la Revue scientifique le résumé des expériences entreprises à Rothamsted sur la culture des céréales, des graminées et les légiimi
RËSIDUS UISSÉS PAR LKS FUH&RES ANTËRIEURES. 11
aeuses. Nous voulons seulement appeler aujourd'hui l'atlention sur les résultats fort importants obtenus à Rothamsted dans la culture de l'orge, qui peuvent éclairer celte délicate question des engrais restés en terre à la suite d'une récolte; nous traduirons parfois esaclement le mémoire de MM. Lawes et Gilbert (i), parfois nous abrégerons pour ne pas donner à cet article une dimension exagérée.
« ... 11 est d'un grandintérêt d'avoir quelques noiions exactes sur ce sujet : quelle est la fraction de l'azote contenu dans l'engrais qui concourt à l'accroissement de la récolte à laquelle il est appliqué; cette fraction étant connue, qu'est devenue la partie non utilisée, non recouvrée dans la récolte ; est-elle fixée dans le sol à un état oùelle pourra être utilisée par les récoltes suivantes, ou biena-t-elle élé entraînée au dehors par les eaux de drainage?
Pour résoudre cette question, MM. Lawes etGilbert ont choisideux parcelles du champ destiné à la culture de l'orge, qui n'occupe pas moins d'un hectare et demi, divisé en planches diversement amendées. L'une, 4 A, a reçu tous les ans une fumure de 224 kilos de sels ammoniacaux, de 224 kilos de sulfate de potasse, de 11*^ kilos desulfatede soude, de 112 kilos de suirate de magnésie, enfin de 437 kilos de superphosphate de chaux ; la parcelle 4 A\ a reçu les mêmes engrais minéraux pendant toute la durée de l'expérience; mais durant les six années précédentes elle avait reçu 448 kilos ée sels ammoniacaux, une quantité double par conséquent de celle qu'on a donné à 4 A; ainsi, au moment où commence l'expérience en 1858, les deux parcelles reçoivent exactement les mêmes engrais, mais pendant six ans 4 AA a reçu deux fois plus de sels ammoniacaux que 4 A : le sol en a-t-il conservé quelque chose? €e grand excès de fumure, qui ne s'est manifesté que par un faible surcroît de récolte, 47 hectolitres au lieu de 44, a-t-il laissé des traces dans le sol et allons-nous trouver une différence dans les deux récoltes; c'est ce dont on jugera par le tableau suivant, dans lequel nous donnons en kilos et en hectolitres rapportés à l'hecîare les nombres fournis par les auteurs anglais en bushels et en li\Tes.
Il est clair que l'effet des fumures abondantes qu'a reçues 4 AA a été sensible pendant les dix années qu'a duré l'expérience, puisque
(TJ Expériences lur la culture de l'arge continuées penilant vingt ans de luite sur le
marne sol. {The Journal of the royal iifiricuUural Soeiely ofEngUmd, vol. IX, î* série, 1873.)
ANMAUS «Monoinouii. ' t. — !
4 AA a donné peadaut l'ensemble de ces dix années 14 hectolitres de plus à l'beclare que i A, ce qui représente 1 hectolitre 4 par an ; cette différence moyenne est précisément celle qu'on a observée quand on a mis fin à l'expérience, ce qui inditiuc que la puissante réserve que le sol avait reçue n'était pas encore épuisée.
Tableau I. — Effets oc'exercent sur la cultohe de l'orge les résidus
NON ÉPUISÉS D'tNE FLUCRE DB SELS AMMONUCATIX.
CRAIN EN HKCTOL