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Cette amande renferme donc en totalité

Acido pha^hori(|ue 1<67 p. 100

La composition de ces cendres est remarquable à plusieurs égards, on n'y irouve pas sensiblement de chlorures ni de sulfates. Elles sont riches en potasse, mais la soude n'y figure pas en quantité appréciable, ainsi que je m'en suis assuré directement ('2).

(1) H. Cluëz a Irouvé dans celle amande à l'état normai :

BuUc M.H p. 100.

t) Voir mon mémoire intitulé : De la Soude lUnu la végétaux. Année 1874.

C'est une aouvelle confinnatiDD des doctrines de M. Eug. Peljgot, qui admet avec raison que les plantes ne s'approprient la soude que dans de rares eHceptions.

Si l'on groupe les éléments de cette dernière analyse sous foriBe de combinaisons salines, on obtient les résultats suivants ;

SELS MStOOl DkSi L'Eau.

Pboaphale de potasse

PluupbAte Je niagicfësie., ,.,....

SEUS OCSaLUILES DAMS Ltl.V

Phosphate de mat^nésle

Phoipbota de cbaui ,

Silice, chaux, perte , . . . .

o.ns

ti.mi

On voit par ces chiffres que (es cendres de l'amande de la noix de fiancouj ne sont composées pour ainsi dire que de phosphates solubles et insolubles. Une petite quantité de phosphate de magnésie est entrée en dissolution, probablement k la faveur du phosphate alcalin.

Cette copslitution des substances minérales qui existent dans cette amande est digne d'attention. L'absence de chlorures et de ' sulfates que J'y ai constatée prouve que ces sels ne sont pas absolumenl nécessaires au développement de l'embryon (1).

Ce n'est pas, du reste, dans cette amande seule qu'on ne trouve pas de clitorures. D'après M. Boussingault, les graines de froment n'en contiennent que des traces. Dans d'autres graines, la quantité en est nulle ou irès-faiblc. Quant aux sulfates, ils dominent ordinairement davantage dans !a plupart des semences.

Les pliosphates, au contraire, abondent dans le périsperme et la maase embryonnaire de toutes les graines, Nul doute qu'ils ne rem-

(1) On lait que las chlorurei alcsliat eout vulalils a une teoipéralure ilevic; aussi dans la crainle il'BfBnncr à lorl ijuc ces amandes n'en contiennent pas, ai-je eu la précaution de li's incinérer lenlement, en ne déliassant pas le rouge sombre. Siii*ant l'hahilude que j'ai conlraclée dam ceg opérations, j'ai lessivé la nuLière charLunnnusc avec de l'e.-iu, avant de I* brObr complètement.

U mit D£ BAIICOIIL. Hi'

plissent un rôle essentipl au moment de la germination. Cette observation est ancienne déjà; elle a été faite pour la première fois par Th. de Saussure.

Dans un mémoire où j'ai réuni l'ensemble de mea études sur la migration du phosphore dans les plantes, j'ai démontré que ce corps ne fait pas partie intégrante du tissu végétal. 11 s'y emmagasine temporairement; mais aussitôt que les ovules sont fécondés, il quitte ce tissu pour aller se condenser dans les organes destinés i foomir au fœtus végétal la première nourriture dont il aura besoin pour se développer, c'esl-à'dire dans le périsperme ou les cotylédons. En d'autres circonstances, il va hiverner dans les bourdons conjointement avec des substances azotée? et carbonées, pour contribuer & un moment donné à raccompiissement d'une fonction analogue. En général, tous les or^nismes destinés  transmettre, A perpétuer la vie animale et végétale, en sont pourvus abondamment. Je citerai la liqueur séminale, la laitance des poiuons, les globules de la levure, le pollen des fleurs, les spores des cryptogames, etc. ; et ce qui est fort remarquable, c'est que les cendres de tous ces orçanismes renferment du phosphate de potasse, du pliosphatede magnésie, -quelquefois de l'acide phosphorique hbre.

L'amande de la noix de Baocoul est entourée d'un testa dur et pierreux, dont la matière nfinérale a une composition toute différente de celle que je viens d'établir. On y trouve au contraire des chlorures, des sulfates, de la chaux en grande quantité et pas sensiblement de phosphates. Celte constitution minérale est celle qu'on rencontre dans toutes les parties des végétaux qui ne jouent qu'un r6le secondaire et qui ne contribuent pas directement h l'acte essentiel de la vie : la reproduction de l'espèce.

Ce testa présente une particularité assez remarquable. Il est recouvert de concrétions blanches de carbonate de chaux. En effet, en jetant la noix entière dans de l'eau acidulée, H se produit un dégagement très-vif d'acide carbonique à sa surface, et le liquide renferme de la chaux en Confiance.

Enfin j'ai fait un essai de cet organe pour savoir s'il contient de l'azote. J'en ai trouve une faible quantité : 0,31 pour lûÛ du poids normal (1).

(1) On doilàH. Daiiiour l'analyse suivante ite ce lesta piert/em:

Matière arganUjiie H^.Si

HiliJve minérale i.3«

tuu.uo

SS4 ■■ C««BKWnB^

Tourteau de l'amande de Bancotil.

Soumises à la pression dans une usine munie d'un outillage perfectionné, les amandes de la noix de Emcoul donnent de 56 i 57 pour 100 d'huile et 40à Ai pour 100 de tourteau. C'est ce qu'on a constaté dans la fabrique de M. Ed. Nay à Saint-Denis (Seine), à qui je dois les renseignements intéressants qui vont suivre, ainsi que le tourteau dont Je vais faire connallre la composition.

Ce tourteau est d'un gris jaundtre; il est compact, bien pressé, mais sa pâte n'est pas fort homogène, parce qu'elle renferme des débris de testa que l'on n'a pu séparer entièrement. Son goût est amer, assez désagréable. L'échantillon que j'ai soumis ù l'analyse a été réduit en poudre fine sous le pilon ; celle-ci a été parfaitement mélangée, puis on a prélevé dans la masse une prise d'essai moyenne. Voici les chiffres que j'ai obtenus :

Eau 10.25

Huile 5.50

Subslancoi aiotéei 17.81

— non ualéei, S4.M

Acide phosjihoriqiM 3.68 ^

PolMse 1.53 1 18.40

HtgnigU, cbauï, acide sulfUrique, «ilice, etc. 7.19 )

Ce tourteau dans son état normal renferme :

Atolc - 7.65 p. 100,

D'après cette analyse, le tourteau de l'amande de la nois de Bancou) serait le plus riche en azote de tous les tourteaux connus, soit exotiques, soït indigènes. Ainsi que je l'ai fait observer, il est encore mélangé de fragments de testa. Ces fragments diminuent la , richesse du tourteau, puisqu'ils ne renferment qu'une faible quantité d'azote qui certainement serait peu assimilable par les plantes.

Si l'amande de la noix de Bancoul était soumise à la presse après avoir été dépouillée entièrement de son enveloppe, elle donnerait, d'après la composition que je lui ai attribuée, un tourteau ' quipourrailcontenirjusqu'àOpourlOOd'azote elipourlOOd'acide

LanuUère minérale conlifol ;

Carbonate de rhaax 81.Î5

CarbonalG de maRnésif 13.76

Proloxyde de manganèie 0.87

PoUese ■ 3.30

Silice 1.7*

U NOIX t»E fiAKCODL. SCS

phosphorique. Ce serait \m engrais fort riche et complet, puisqu'il s'y trouve aussi de la potasse ul de la magnésie.

Ce tourteau serait supérieur, comme matièi'e fertilisante, à celui qui provient des graines d'arachides décortiquées. Dans les meilleures conditions, ce dernier renferme environ 7,30 pour 100 d'azote, rarement davantage, si ce n'est dans des cas exceptionnels.

Ce tourteau serait-il comestible? Cela n'est pas probable. On sait qu'en général les graines de la famille des Euphorbiacées sont purgatives et même vénéneuses, telles sont les graines de ricin, de pignon d'Inde, etc., qui appartiennent à cette famille. D'après l'expérience qui a été tentée avec l'huile et que je signale plus loin, il n'est pas douteux que le tourteau de Baucoul est au moins pui^alif. Il ne pourrait donc servir qu'à fertiliser les terres, et, ainsi que je viens de le dire, ce serait un engrais précieux. (Note 3.)

J'ai annoncé précédemment que, d'après M. Ed. Nay, on peut retirer industriellement de l'amande de la noix de Bancoul de 56 à 57 pour 100 d'huile et de 40 à ii pour 100 de tourteau.

Cette huile n'est pas comestible; elle est purgative, les ouvriers de l'usine de Saint-Denis en ont fait l'espérience à leurs dépens. Pour l'éclairage, elle est supérieure à l'huile de colza, et peut être brûlée sans subir d'épuration. Une .ijimple filtration suffit pour la rendre claire et limpide (1). Des essais ont été faits à ce sujet par les ingénieurs de 1 administration des phares, dont les i-appoi-ts établissent d'une façon indiscutable la supériorité de cette huile pour cet usage. Il paraît aussi qu'elle est très-siccative, et des personnes autorisées prétendent qu'appliquée en couche sur la coque d'un navire, elle préserve celle>ci, pendant longtemps, de toute espèce d'altération. Des expériences intéressantes auraient été faites A cet égard sur des navires de l'État, en Gochinchine.

D'après M, Cloëz, la densité de l'huile de noix de Bancoul est de 0,923 à 15°. On en a remarqué de beaux échantillons à l'exposition de Vienne, où ils avaient été envoyés par la Société agricole de Taïli.(Note4.)

De ce qui précède il faut conclure que la noix de Bancoul est une

(1) Les Nukahiviens écUireni leur» demeures avec les noix très- huileuses de Bancoul {Aleuriles triloba), cnSUei sur une brochette, ce qui oc leur coûte pas beaucoup de peiDe.

(H. D. Jonan, capitaine de vaiiseau, Ut Planta aiimmkteirtt de l'Oeéanie), àkiullbs «GROtioaiaiit*' n*%~S. i.— IS

graine dont l'exploitation pourrait devenir ahe ressource pour nos colonies, un éliiment de fret pour la navigation, une matière première pour nos usines. Je viens d'en faire connaître les avantages. Il ne faut pas s'en dissimuler, toutefois, les inconvénients, ni ee faire illusion sur les difûcultés qu'on devra rencontrer dans la mise en valeur de ce produit naturel.

J'ai déiriontré précédemment que dans cette noix il n'y a environ que 33 pour 100 d'amande, c'est-à-dire de substance utile. Le reste n'est probablement bon à rien. Il en résulte que si l'on voulait transporter en Europe les noix entières, le fret en serait si onéreux que l'opération deviendrait tout à fait impossible. En effet, admettant un nolis de 100 francs la tonne pour les noix brutes, il monterait nécessairement à 300 francs pour la tonne d'amandes, ou 30 francs les 100 kilog. Il n'y faut pas songer.

Il est donc de toute nécessité, si l'on veut importer des noii de Bancoul en Europe, d'en opérer la décortication sur les lieux de production, et d'expédier ces amandes en sacs, ainsi que cela se fat pour les arachides décortiquées qui viennent de l'Inde ou dei parties éloignées de la côte occidentale de l'Afrique. Ces amandes se conserveraient-elles pendant la travei'sée, c'est ce que l'eipérience seule pourra nous apprendre.

Malheureusement, la décortication de cette noix n'est pas facile. Les enveloppes sont si compactes et si dures qu'il faut des machines puissantes pour les concasser. De plus, l'amande adhère fortement à sop testa et on ne parvient pas à en détacher tous les fragments. H faut ensuite opérer un vc\a%e minutieux de ceux-ci pour ne pas en laisser dans les amandes. M. Ed. Nay a tenté de faire celle opération au moyen de ses cylindres concasseurs. Ses efforts ont été inutiles. Les instruments ont été détériorés à cause de la dureté excessive des enveloppes. Il a tenté ensuite l'opération au moven de l'appareil Toufjlin, (concasseur Cars). Cet engin a réduit le tout en farine (bois et amandes), ce qui a rendu l'extraction Je l'tiuile impossible; enfin, voulant absolument avoir à sa disposition une certaine quantité d'amandes pour faire l'essai qui lui était demandé par H. le ministre de la marine, M. Ed. .Nay a eu recours au personnel des prisons, qui a concassé les noix au marteau et a opéré le triage des amandes à la main. Cette opération a coûté fort cher et ne serait pas praticable.

Le comité agricole de Talti a indiqué un procédé qui a été

u NOit fil uncool. m

essayé aussi par M. Ed. Nay. Ce procédé consiste  soumettre les Doii à une [égère cuisson dans de l'eau bouillante. Par ce moyen le testa s'attendrit, il se brise plus aisément, mais il parait que l'amande est cuite presque instantanément, malgré l'épaisseur et la dureté de son enveloppe; sa richesse en huile ost diminuée, probablement par suite d'une modification que ce corps éprouve sous l'inDuence de la chaleur.

Cette œuvre de la décorlication présente donc mille difficultés. Toutefois, il sultira peut-être de Taire connaître l'inlérèl qai s'attache à cette question pour exciter l'émulation des mécaniciens. Celui qui parviendrait à construire un appareil simple, peu coûteux, qui pourrait être transporté dans les colonies pour y réaliser le travail désir/', ferait probablement une bonne affaire et rendrait au pays un service signalé.

ASDinONS

Les notes suivantes sont extraites d'un intéressant ouvrage que M. le docteur G. Cuzenl a publié en 1800 sur les productions de l'Ile de Talli, dans laquelle il a s^'^ourné en qualité de pharmacien de la marine. La compétence de ce savant n'est pas douteuse et les reuseignements qu'il donne seront lus avec intérêt.

Note 1.

De l'Aleuritea triloba, dans les lies de la Société.

Ambinux àe Commerson; Crotonmolaccanumàe Liane; Camiricûm de Rumphius; Aleurites triloba de Forster; Aleuriles molaccana, Willd; Tutui à Taïti; Ama aux Marquises; Kiikui aux Sandwich.

Ce végétal est très-répandu aux Marquises, à Taïti, am îles Gambier, à la Nouvelle-Calédonie et surtout aux îles Sandwirh, où il constitue de vastes forêts. Il acquiert de fortes dimensions dans toute rOcéanie, où l'on trouve des arbres qui ont de ]'2 à 15 mètres de hauteur sur 1°',5'> de circonférence. Il n'es! l'objet d'aucune culture à cause de sa grande profusion. Il pousse partout, sur les crêtes des montagnes, sur les flancs escarpés et inabordables, dans tes ravins profonds, dons de fraîches et fertiles vallées. Il est trèsabondant Jusqu'à une hauteur de SOOmètres; au delà il devient rare

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et dispArattcomplétcmentà 1200 mètres. Toutes les lies del'Océanie regorgent donc de noix d'Aleurites.

Note 2.

Les Taîtiens se servent de cette noix pour talouer. A cet p-fTet, on brûle l'amande et on recueille l'huile mélangée de noir de fumée qui s'en écoule. C'est dans cette simple préparation que les Indiens trempent les petites dents de poisson avec lesquelles ils piquent les parties du corps qu'ils veulent orner.

Note 3.

€ Les résidus ou tourteaux que l'on obtient après la préparation de l'huile à'Aleuriles peuvent servir de nourriture aux animaux. Celte expérience a été tentée à Taïtî, et nous avons pu remarquer que les volailles et les porcs les mangent avec avidité, surtout lorsqu'on y incorpore quelques fruits sucrés du pays, telsque des goyaves ou des papayes. >

Cette affirmation contredit l'opinion que j'ai émise au sujet du tourteau fabriqué en France. Cependant, comme d'après M. G. Cuzent lui-même (voit* ta note suivante) l'huile est drastique, c'est-à-dire violemment putative, il est probable que la quantité qui en reste dans ce tourteau suflirait pour incommoder nos animaux de l'espèce bovine. S'il n'en est pas ainsi à Taîti pour les porcs et les volailles, c'est peut-être que l'addition des fruits sucrés neutralise les propriétés nuisibles de là matière huileuse.

Note 4.

Les noix de Bancoul sont utilisées pour l'éclairage à Noukahiva, aux Iles Gambier et dans plusieurs autres lies de l'Océanie. A la Nmitelle-Calédonie elles sont sans usage.

On prépare d'assez fortes quantités d'huile d'Aleurites aux îles Sandwich, où on la désigne sous le nom d'huile de kukui. Ces Ues en exportent annuellement 10000 barils qui vont à Callao, Valparaiso, Acapulco, New-York, la Californie, etc.

NOUVELLES REGBERCHES SUR LA GERHINATION. t»

A Taïii, cette fabrication n'a pas pris encore une grande extension. Le manque de bras et )e pris énonne de la main-d'œuvre ne permettent pas actuellement de se livrer à cette fructueuse exploitation.

Cette huile a de nombreuses et utiles applications.

Elle peut être employée en peinture comme huile siccative : après avoir été bouillie, elle sèche complètement au bout de six heures.

Dans la fabrication du savon, elle remplacerait avec avantage l'huile de coco qui sert actuellement à cet usage.

Bien préparée, cette huile forme un très-bon produit. Elle est excellente pour l'éclairage et brûle sans répandre une odeur infecte comme l'huile de coco ; elle n'a pas, comme celle-ci, le désavantage de détériorer les lampes; eniin, elle donne une lumière très-vive.

En médecine, elle doit être rangée parmi les purgatifs drastiques.

Enfm, elle mérite à tous égards d'être fabriquée en Océanie et à la Nouvelle-Calédonie.

HODVELLES

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