‹ Annales agronomiquesChapitre 68 sur 221 · La graine dans son état normal renferme · texte numérisé non relu

La graine dans son état normal renferme

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Indépendamment des graines oléagineuses exploitées aujourd'hui par l'industrie européenne, il en existe encore beaucoup dans les pays chauds qui pourraient à leur tour être mjses à prolit par l'homme pour augmenter ses ressources matérielles. J'ai fait connaître également Ib composition d'une de ces graines que l'on désigne -tous le nom de ttotio de Para, ckâtnigne dv. Brésil, juviit. Ilumboldl a donné & l'arbre qui la produit le nom scientifique de BerthoHetia exceUa, en l'honneur de son célèbre contemporain BerthoUct.

La noix de Para est une des graines les plus riches m huile que

U nOIt bE BAHCAUL. III

l'on connaisse. Cependant elle n'est guère exploitée. Tout m plue en fkit-on un peu d'huile à la Guyane et en Portugal. Celte noli, que l'on vend chez les marchands de comestibles et dans les ruet de Paris, est connue de tout le monde. Fraîche, elle a une saveur agréable; mais elle rancit rapidement. C'est sans doute à cause de cet inconvénient que son emploi ne s'est pas propagé dans l'industrie. Je rappellerai aussi, & litre de renseignement, l'analjse que j'en ai publiée au commencement de l'année 1870. La voici :

Eau 8.00

Huila 69.60

SMbalaiiceg atolies. < 15. 91

Subilancei orginiqud non uolées 7.39

Acide phoiphorique.. . 1.35

PdUsse, chaUx, lilioe, elc 1.95

Cette amande dans son étal normal renferme :

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Un savant chimiste du Muséum deParis, M.CIoëz, a fait, il y aune diïaine d'années, des recherches sur un grand nombre do graines oléagineuses des régions intertropicales, et il y a trouvé des quantités d'hulio souvent fort élevées. Il y a Cftrtainement dans l'exploitation de ces richesses naturelles tin vaste champ à parcourir pour l'agriculture de ces régions, ainsi que pour l'industrie et l'agriculture deg pays tempérés.

De mon côté j'ai aussi commencé des recherches dans cette voie utile, et depuis longtemps, car mes premiers essais sur le pouvoir fertilisant des tourteaux d'arachides datent de 1855, Depuis, j'ai profité detoutesle.soccaaion8quej'flipurencontr6r pour me procurer d'autres graines oléagineuses d'origine exotique, 11 y a quelques mois, on m'a offert des noix de Bancoul, récemment arrivées d'une de nos colonies. Dans l'espoir de recueillir des observations utiles k la science, et peut-être au commerce, à l'industrie, à l'agriculture, je me suis donné )a satisfaction de les soumettre k une étude chiniique approfondie.

La noix de Bancoui est ta graine d'un arbre de la famille des Euphorbiacées que l'on désigne plus particulièrement sous le nom à'Ahirites Iriloba ou A mbimix. On en connaît deux ou trois espèces répandues dans les Iles Moluques, à Ceyian, dans les lies du Paclfiquo. On trouve ces noix à profusion dans lesforâtsdesiles Moluques, de la

ttO

Cochinchlne, de la Nouvelle-Calédonie, de Taitl, etc., où, dans certains endroits, elles couvrent le sol comme des i^lands de chênes dans nos forêts. Il suffît donc de les ramasser, mais il paraît que cette opération, simple en apparence, est assez coûteuse. (Noi«l.)

Par son abondance, cette graine oléagineuse ptourrait devenir peut-être l'objel d'un commerce d'importation qui offrirait à nos navires un élément de fret, à nos usines une nouvelle et précieuse matière première.

Les noix d'A leuriteî dont je vais donner t'analyse ont été recueillies dans l'île de Taïti, d'où elles ont C^ê transportées en France par un navire de l'État. M. le ministre de la marine en a distribué chez plusieurs fabricants d'huile pour- les expérimenter dans leurs usines. C'est à l'obligeance de l'un d'eux, M. Ed. Nay, à Saint- Denis (Seine), que je suis redevable des échantillons sur lesquels j'ai opéré, ainsi que des renseignements intéressants que je transcrirai à la fin de ce mémoire.

La noix de Bancoul est composée d'un testa ligneux, très-dur et compact, renfermant une amande blanche, huileuse, aj-ant une saveur assez agréable. Ainsi que tous les fruits de la famille des Euphorbiacées, cette amande est purgative, mais elle n'est pas vénéneuse, si, comme le prétendent certains auteurs, les naturels des îles de la mer du Sud en mangent. (Note 2.)

Le lesta étant dépourvu probablement de toute utilité (c'est au moins ce qu'on peut supposer actuellement), i) importait d'abord de connaître quel rapport existe entre l'amande et cette enveloppe ligneuse.

Voici les résultais de cette première détermination :

50 noix, prisea au liaurd, ont pesé ensenihie .... 569b'.40 Les amandes sciilei 188 .70

Les tcsLis 383 .70

Ce rapport est donc, en centièmes :

AnKinilcï 32.80

. Tcst.1! 67.20

Conséquemment cette graine ne renferme, à peu près, que le tiers de son poids d'amande, c'est-à-dire de substance utile. Je discuterai plus loin les conséquences qui en résultent.

Ce premier essai étant effectué, j'ai séparé une certaine quantité

LA NOIX bt BANCOUL. Ml

d'amandes de leurs enveloppes et j'en oî dosé avec soin l'eau, l'huile, l'azote, ainsi qiie la lolalité des malières minérales.

Voici, d'après ces délerminalions, quelle est la composition chimique de l'amande de la noix de Bancoul :

Eau ■ 5.0»

Huile Sî.ns'

Sululancea azotées 23.6S3

. Substances non azotjei 6.837

Hutièrea minérales 3.345

Celte amande dans son état normal contient :

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Celte graine renferme donc plus d'huile que celle de l'arachide, mais elle est moins riche à cet égard que la noix de Para. Celte huile est blanche, limpide. J'en ferai connaître les propriétés.

Les matières azotées sont un peu plus abondantes dans celte amande que dans celle de l'arachide : aussi le tourteau qu'on en retire par expression de l'huile conlient-il beaucoup d'azote, ainsi qu'on le verra plus loin.

L'analyse des matières fixes m'a donné les résultats suivants :

I Polasse 0.S7T

Sûuite 0,000

Magnéïie O.OÎÎ

Jlii Clilora 0.000

^"•Sl Acide Bulhjricinc 0.000

I Acide phos[>lioricp]C 0.179

S S ==f Magnésie 0.484

n^J Chaux 0,437

|l-i SiiiM, perle 0.155

■^■-■=\ Acide phciiphori<iue 1.191 2.Î67

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