GS
H. Leclerc attribue ces énormes différences aux poids différents que préseolenl les graines ; il ne lui vient pas à l'esprit que le mode d'analyse soit pour quelque chose dans ces résultats qui s'accordent complètement avec ceux que nous avons publiés; puisqu'il trouve en moyenne, pour le dosage, à l'état de gaz, 3,S2, tandis que nous avions donné 3,88; il trouve, il est vrai, un nombre plus fort que le nôtre en faisant le dosage à l'état d'ammoniaque ; mais notre dosage se place encore au milieu des siens, et sa moyenne 2,09 est, comme on le voit, au-dessous du premier nombre de plus d'un quart , de telle sorte , qu'en s'appuyant sur ses propres chiffres, M. A. Leclerc devrait conclure comme nous, qu'il existe du gaz azote confmé dans les graines. La diversité de composition des graines ne l'arrête pas dans le mode d'expérimentation dont nous avions donné un exemple dans notre mémoire, mais que nous avons bientôt abandonné pai' les raisons que nous développerons plus loin. M. Leclerc met des graines en germination à l'air libre dans de bonnes conditions, il sait leur poids ; il a analysé un tôt de graines semblables, elles doivent renfermer 2,045 d'azote; après quelques jours, il prend un lot des mêmes graines germées ; k l'analyse, elles renferment 1 ,79 d'azote; un autre encore, quelques jours plus tard, elles renferment 1 ,79; eolin un dernier lot lui donne 1 ,83 d'azote '/,. 1a quantité d'azote que renfermaient les graines n'a pas augmenté, donc l'occlusion n'a pas lieu ; il est vrai que les graines, avant d'être analysées, ont été desséchées et broyées, et que par suile, si des gaz y étaient entrés, ils devraient avoir été chassés par ces manipulations. Elles inspirent au reste quelques scrupules à M. A. Leclerc qui recommence son expérience sur d'autres graines, mais en prenant soin, cette fois, avant d'analyser ses gmincs, de ne les pas broyer. Un premier dosage y accuse 2,90 pour 100 d'azote , un second 2,t»5. La moyenne est donc de 2,78; les graines sont un peu plus lourdes, puisque 100 graines pèsent 5 grammes, tandis que les précédentes ne pesaient que 4*^,886; mais est-il possible
NOUVELLES RECHERCHES SUR U GERMWATION. t»
que cette minime diiïérence de poids fasse .lugmenler dans les premières la quantité d'azote de près d'un tiers, puisque la moyenne est 2,78 au lieu de 2,045? Cette énorme différence aurait certainement frappé un observateur moins prévenu, et il se serait peut-être demandé si, en eflet, la pulvérisation et la dessiccation auxquelles avaient été soumises les graines de la première expérience, n'avaient pas eu pour effet de chasser l'azote gazeux qui y est contenu. M. A. Leclerc, malgré sa prétention à l'e/actitude, ne s'arrête pas à ces détails; il met en germination ses graines renfermant 2,78 d'azole, puis cherche leur richesse en azote après quelques jours, et trouve les nombres suivants :
Aprëi 24 heurM de genninalion 1,90
Après 30 heurei !,;i
Aprte48heDrc9 i ^'^
Si nous faisons la moyenne de l'azote contenu dans les graines après la germination, nous trouvons 2,82, c'est-à-dire que la quantité d'azote, qui était primitivement de 2,78, est devenue 2,82, elle a augmenté de 40 milligrammes pour 100 grammes ou de ■4 milligrammes pour 10 grammes, c'est-à-dire de 3",3; si donc on admettait ces expériences comme exactes, on arriverait à une conclusion diamétralement opposée à la précédente, et on conclurait que le volume de l'azole étant supérieur dans les graines germées à ce qu'il était dans les graines normales, le phénomène de l'occlusion a lieu, et qu'il est démontré par les expériences mêmes qu'on invoque contre lui.
Ce n'est pas toutefois avec des nombres pareils que nous voulons étabhr le fait contesté, car ces chiffres, au lieu d'être favorables à notre manière de voir, leur eussent été contraires qu'ils ne nous auraient pas ébranlé. Comment M. Leclerc n'a-t-il pas vu, en effet, que 3 ou 4 grammes de graines se chai^eant, dans nos expériences les mieux réussies, de 3" ou 4« de gaz azote, il était impossible de cbercbei- cette augmentation par l'analyse élémentaire qui porte seulement sur 1 gi'amme, et par conséquent dans laquelle il faudrait répondre de 1" de gaz, et cela quand on trouve entre deux lots de graines choisies avec le plus grand soin des différences de 2,90 à 2,05 pour 100 grammes, c'est-à-dire de 2 mitlig. 50 pour 1 gramme, c'est-à-dire de 3'=<= de gaz azote, quantité double de celle qu'il faut mesurer?
Gommentj M. Leclerc trouve ce fait intéressant que la composition de l'orge est extrêmement variable, et cette variation ne l'arrête pas quand il s'agit d'apprécier les faibles quantités d'azote confiné qu'il faut saisir pour véritier le phénomène que nous avons annoncé 1 M. Leclerc trouve que dans des graines normales non pulvérisées, Don Bêchées, il y a un tiers d'azote gazeux de plus que dans les graines non pulvérisées, et il nie que ces graines renferment des gazi Les expériences de H. A. Leclerc sont donc loin de détruire la théorie de la germination que nous avons proposée, elles lui sont plutôt favorables. Cependant, malgré les erreurs qu'il est si facile de relever dans ce mémoire, nous n'avons voulu y répondre qu'après avoir repris les expériences que nous avions faites l'an dernier. C'est le résultat de ces nouvelles recherches qu'il nous reste i exposer.
Vérification dM expénsnoes de 1B73 et d« 1674.
Le mode d'expérimenlation que nous avions adopté, M. Landrin et moi, est d'une telle simplicité que je n'ai pas voulu y renoncer; il permet de multiplier les expériences, ce qui, en physiologie, où tant de causes secondaires viennent masquer les phénomènes importants est une puissante garantie de succès.
Je donnerai d'abord dans le tableau n° 1 les résultats qui confir> ment complètement ceux que nous avions obtenus l'an dernier.
La lecture du tableau est assez simple pour ne pas nécessiter d'explication. Je dirai seulement que les gaz ont été mesurés sur l'eau, dans de gi-ands tubes de 100 centimètres cubes, ayant une hauteur de plus d'un mètre, de telle sorte que les lectures sont faciles, elles ont toujours été faites simultanément par M. Il, Moissan et par moi, les erreurs sont donc peu probables; enfln il est eateodu que tous les nombres sont ramenés à 0 et à 760. On n'a pas &it d'analyse eudiomélrique, on a admis que le gaz qui restait après l'absorption de l'oxygène et de l'acide carbonique était de l'azote; au reste nous avons vu, dans notre premier travail, que l'hydrogène n'apparaît que lorsque les graines séjournent pendant un temps jSEsez prolongé dans une atmosphère dépouillée d'oxygène.
On remarquera certainement que dans toutes les expériences qui
son U CERMINATIOn.
SSiôô=3S3S^
sasasasïass
—sas— —ES