‹ Annales agronomiquesChapitre 74 sur 221 · GAZ EXTRAITS PAR LA M.ACHLNE D'ALVERCMAT, DE 100 GRA.MUES DE BLK · texte numérisé non relu

GAZ EXTRAITS PAR LA M.ACHLNE D'ALVERCMAT, DE 100 GRA.MUES DE BLK

N< 39. Avant gcrniinalion . .

J'avais en outre, dans l'emploi de la machine d'Alvergniat, une métbodc excellente pour reconnaître si la quantité de gaz contenue dans les graines pouvait augmenter pendant la germination. J'ai donc mis des graines à f;ermer à l'air, puis je les ai introduites, après avoir compté le nombre de grains employés cl leur poids à l'état sec, dan-s le flacon (îxé à l'appareil. On a recueilli les gaz comme ii a été dit plus haut, on les a soumis à l'analyse, puis, en les ramenant à 100 grammes de graines, on a pu établir le tableau n* tV.

(1) Ph. Van Tieghem, Obserimiiota sur la légèreii spéâfique au graina, etc. — Mém. loc. des seience» nat. de Cberbourç, t. XIX.

NOUVELLES RECBERCBES SUR LA GERKMATION. Si

On remarquera que le volume an ^az extrait des graines va toujours en augmentant à mesure que la germination a duré plus longtemps; que la quantité d'oxygène diminue ; que la quantité d'acide carbonique aii<^mente énormément: que la quantité d'azote a augmenté dans les expériences sur le blé; que dans l'orge elle a diminué si on la compare à la première analyse ; qu'elle a, au contraire, au^enté si on la compare à la seconde, on retrouve là les divergences signalées par l'analyse du gaz resté au contact des gi'aines qui montre timtôt unn absorption lanlôt un dégagement d'azote. 11 n'en est pas ainsi pour le blé : on trouve plus d'azote dans les grains à ia iin de l'expérience qu'au commencement; enfin pour les haricots, l'expérience est irês-instructive.

La quantité d'azote augmente pendant les premiers jours d'une fagon très-sensible, elle past^e de 24" à 20 et à près de 40"; et par suite elle démontre victorieusement le fait contesté, à savoir que les gaz pénétrent dans tes graines et s'y condensent. Si cette expérience eût été faite en vase clos, elle aurait donc donné, pendant les premiers jours, une diminution dans le volume de l'azote; mais quand l'expérience dure plus longtemps, le gaz azote se dégage, au lieu de 24", les 100 grammes de haricots n'en renferment plus que 7",7. Si donc l'expérience eût été faite en vase clos, elle nous eût donné un dégagement d'azote, sans que les albuminoîdes se fussent altérés; après huit jours, expérience n' 35, la quantité d'oxygène est plus gnmde que celle qu'on a trouvée après 6 jours de germination, mais moindre que celle qu'on a trouvée dans les haricots avant la germination ; quant à la quantité d'azote, elle est plus grande que celle qu'on a trouvée après 6 jours, mais il est à remarquer que dans l'expérience n" 35, le testa était enlevé, ce qui empêche qu'elle puisse être comparée rigoureusement aux précédentes,

Nous insisterons sur cette expérience n* 35, dans laquelle les haricots étaient dépouillés de leur testa ; elle nous fait voir que, pendant la germination, les gaz ne sont pas logés entre le lesta et les cotylédons, mais qu'ils pénètrent ceux-ci ; que par suite il y a bien occlusion de ces gaz dans ces tissus où ils vont exercer leur action oxydante ; on remarquera que la quantité d'oxygène contenue dans la graine a diminué à peu près régulièrement dans les quatre premières expériences sur les haricots, tandis que la quantité d'acide carbonique augmente toujours, iln'y a d'exception que pour l'expérience n^SS, dans laquelle l'oxydation a été moins active ; mais dans les deux der*

nières expériences, au coalraîre, la quantité d'acide carbonique est considérable, et je ne puis attribuer cet acide carbonique qu'à la réaction do l'oxygène qui pénètre dans la graine ; quand les graines sont sousti'aites à l'action de l'oxygène, elles dégagent des quantités énormes d'acide carbonique, ainsi que nous l'avons dit plus haut, mais alors elles semblent être le siège d'une véritable fermentation, il y a là un phénomène secondaire très-important, mais qui n'a pas lieu quand les graines humides sont exposées à l'action de l'oxygène. Dans les expériences sur l'orge, dans celles qui ont porté sur le blé, on a recueilli plus d'acide carbonique des graines germées que des graines normales, les réactions sont donc analogues aux précédentes. Elles nous font bien voir que l'oxygène pénètre dans la graine, s'y condense, y exerce son action oxydante et s'y métamorphose en acide carbonique.

RtiUUÉ BT CONCLDSIONS

Revenons maintenant sur l'objet de la discussion :

M. A. Leclerc nie que du gas azote puisse pénétrer dans les graines au moment de la germination f

Or, j'ai fait voir que M. Leclerc a observé lui-même i différentes reprises cette pénétration ; j'ai de plus donné quatorze expérienceB dans lesquelles le volume du gai azote a diminué, après que les graines ont séjourné pendant quelque tâmps dans une atmosphère confinée.

M. A. Leclerc affirme qu'il n'existe pas de gaz azote confiné dans les graines, que par suite, celui qu'on voit se dégager parfois dans les expériences de germination, est dû i une décomposition des albuminoides.

Je fais voir que du gaz asote apparaît dans des germinations parfaitement régulières où toutes les graines ont germé.

Enfin, j'extrais directement les gaz contenus dans les grainaa i Taide de la machine d'Alvergniat, et je trouve :

1* Qu'il existe du gaz azote dans les graines normales. Expériences 31, .*»6, 37, 39.

â° Que la quantité de ce gaz confmé augmente pendant les premiers jours de la germination, expériences 33, 33, mais que quelques jours plus tard elle diminue au contraire.

Je oe crois donc pas dsroir modifier les conclusions du mémoire

NODTELLES REOmiCHtS StHI U «RHIUATIOn. VU

que nons avons publié, M. Landria et moi l'&n dernier, et le» conolusions que je tirerai de mes nourelles expériences, lont semblables à celles qui découlaient de noa premières recherches.

Je répéterai donc encore :

i' Que les gaz pénètrent dans lesgrainesaa commencement d« la germination (tableau I, II, III);

3* Que l'occlusion porte aussi bien aur Toxygâne que snr l'azote (tableau I, III et IV);

3* Qae lonvait, an lieu de voir l'oxygène et t'azote pénétrer dans les graines, on ne constate qu'une diminution dans le volume de l'oxygène, mais qu'au contraire la volume de l'azote augmente (tableau II, III);

Â* Que cette augmentation est due i de l'azote confiné qui existe dans les graines normales et qui s'en dégage pendant la germination même (tableau IV) ;

5° Que la condensation des gaz dans les graines est forcément accompagnée d'uD dégagement de chaleur qui favorise l'action de ' l'oxygène atmosphérique et peut-être la détermine.

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