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nière question, il restait à démontrer dans les graines l'existence des g;az.
ReoliercheB des gaa contenus dans les graines avant et après la germination.
Dans nos premières recherches, nous avons essayé de résoudre celte question, M. Landrin et moi, en délerminant dans un lot de graines l'azote total par la méthode de M. Dumas, c'est-à-dire en brûlant la graine et en recueillant l'azote gazeux, puis en cherchant dans un lot de graines aussi semblable que possible au prêchent, l'azote combiné par la chaux sodée; la différence devait nous donner l'azote gazeux. M. A. Lcclerc, qui critique cette manière d'opérer, n'a rien trouvé de mieux à faire que de l'employer en substituant la méthode de dosage de M. Schlœsing à celle de Ai. Dumas ; la critique qu'il fait de notre mode de recherche porte sur les méthodes d'analyse qu'il condamne absolument dans sa note aux Comptes rendus, mais qui trouvent grâce devant lui dans son mémoire des Annales de chimie et de physique, depuis que ces méthodes, dues, on le sait, à M. Dumas et à M. Péligot, ont été vérifies dans un laboratoire allemand! C'est là, on l'accordera, un amour de l'Allemagne poussé un peu loin, et cette subordination de deux illustres chimistes français à un auteur inconnu d'un laboratoire d'outre-Rhin est faite pour étonner.
Cette méthode de recherche ne mérite peut-être pas toute la confiance que nous lui avons'accordée, Al. Landrin et moi; mais si elle est critiquable en effet, c'est par des raisons toutes différentes de celles qu'indique M. A. Lcclerc; quand on fait bien le vide dans le tube, on peut doser l'azote par l'oxyde de cuivre très-exactement, et cette méthode est employée couramment aujourd'hui dans les laboratoires d'analyse les plus scrupuleux; au reste une analyse préalable portant sur une matière connue, nous avait montré que nous opérions régulièrement; les procédés ne sont donc pas en jeu, c'est l'application que nous en avons faite qui laisse à désirer, par cette raison que la composition des graines n'est pas assez constante pour qu'on soit jamais assuré de trouver deux nombres identiques en prenant deux échantillons même avec tout le soin possible, et je reconnaîtrai sans peine que les nombres si varia-
NOUVELLES R[I£H£RCUES SDR U GERHfNATION. UB
bles obtenus par M. Leclerc dans des (graines soumises au même mode d'analyse m'ont fait voir qu'il était impossible d'affîrmer, quand on trouvait par la méthode de M. Dumas une quantité d'azote supérieure à celle qu'accusait le dosage par la chaux sodée, que cet excès provenait bien de l'azote coofmé dans la graine et n'était pas dû à la diiïércncc de composition des deux échantillons analysés.
Les raisons qui nous portent à n'attacher aucune valeur aux comparaisons établies par l'analyse élémentaire, entre la quantité d'azote contenue dans les graines avant et après germination qu'a faites M. Leclerc, me portent aussi à abandonner ce mode de recherche pour en adopter un autre qui n'olfre pas les causes d'erreur du précédent. Il est clair que s'il est possible d'extraire les gaz contenus dans les graines sans attaquer les principes immédiats, on aura une certitude que ne donnent pas les méthodes d'analyse; en faisant bouillir les graines avec de l'eau préalablement purgée d'air par l'ébullition, on ne réussit qu'imparfaitement, d'autre part, les premières expériences que nous avions faites à l'aide du vide, MM. Landrin et moi, nous avaient donné des résultats disparates, et nous avions abandonné ce mode de recherches; en opérant sur des haricots, j'ai reconnu cependant qu'il devait être beaucoup plus facile d'extraire les gaz qui y étaient contenus que nous ne l'avions pensé d'abord. En plaçant, en elTet, ces graines sous le récipient d'une excellente machine pneumatique de Carré, qui permet presque de faire un vide absolu, on voit le gaz se dégager rapidement du micropyle, en même temps le haricot se ride, l'eau pénètre entre le testa et les cotylédons, et finit par les séparer compléiemcnl; en prenant de l'eau bouillie, puis refroidie dans le vide, l'expérience n'est nullemenl modifiée, et l'on a ainsi la certitude qu'il existe des gaz dans les graines ; ce même mode d'expériences donne des résultats analogues sur les autres graines telles que l'orge, le blé, le fin, etc. ; toutefois, si ces expériences démontrent l'existence des gaz dans les graines, elles ne permettent pas d'en apprécier la quantité, car les gaz, exti'émement dilatés pur le wdc, apparaissent en bufies énormes qui, ramenées à la pression ordinaire, diminuent de volume dans une très-grande proportion, et je résolus de chercher à obtenir les gaz ainsi continés dans la graine, de façon à les mesurer et à les analyser.
Je cherchai d'abord â opérer à l'aide de moyens faciles à mettre en pratique avec les instruments que poïsèdent hahituefiement les laboratoires, et je pris des tubes à gaz ordinaires qui furent effilés
à l'une des cxtrémitôB. on y fit prâétrer quelques grains de blé ou d'orge, puis on les enronça dans une cuve profonde semblable à celle qu'on emploie dans les cours de physique pour v<^rifier la loi de Mariolte, aux pressions plus faibles que ta pression atmosphérique ; on ajoutai) quelques centimètres d'eau bouillie aux graines, puis on enfonijait le tube dans le mercure de la cuve; l'air était d'abord chassé, puis l'eau s'élan<;aitbipntôL en jet par la pointe effilée; on donnait alors un coup de chalumeau qui fermait le tube, on l'enlevait à l'aide d'une cuiller en fer, puis on le plaçait dans un vase rempli de mercure; les graines placées dans le vide barométrique laissent dégager une petite quantité de gaz, trop faible cependant pour qu'on puisse obtenir avec certitude sa composition. Cependant une expérience dans laquelle je réunis les gai! dégagés de plusieurs tubes me permit d'extraire de l'orge 2",2 de gaz renfermant la moitié de son volume d'acide carboniqae, l'autre moitié était formée d'azote.
En laissant l'expérience se continuer pendant vingt^quatre heures, je trouvai le lendemain dans les tubes une quantité de gaz considérable; c'était de l'acide carbonique presque pur, mais il était en telle proportion que j'eus immédiatement l'idée qu'il pouvait provenir d'une réaction interne due à la présence de t'eau ; je reconnus, en effet, qu'il suffisait de laisser des graines au contact de l'eau dans une éprouvette pleine de mercure 4 la pression ordinaire, pour voir se di'gajfer une grande quantité de gaz presque exclusivement composé d'acide carbonique ; il était clair par conséquent qu'il ne fallait pas compter obtenir des résultats exacts si on n'opérait rapidement, et je me décidai à avoir recours à la machine de M. AlviTRniat.
Cet hahile constructeur a, sur ma demande, ajouté à SOD appareil un tube desséchant ri'mpli de boules de verre imprégnées d'acide sulfurique et un petit tube à houles destiné à recueillir l'eau qui devait Atre entraînée en même temps que les gaK, quand on soumettait les graines 4 l'action du vide ; les expériences ont toujours en lieu avec de l'eau bouillie et refroidie dans le vide ; elles étaient conduites de la façon suivante :
Les giaines bien mouillées étaient introduites dans un petit flacon de "1^0" environ, avec de l'eau bouillie ; celui-ci était fermé par un bouchon de caoutchouc percé d'un orifice dans lequel s'enfonçait un tube à robinet sondé au tube à boule. En recouvrant le
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bouchon d'une plaqua de caoutchouc serrée à l'aide de fragmente de caouchouc coupés, on obtenait une fermeture excellente capable de garder le vide plusieurs jours.
Quand l'appareil était dispo^, on manœuvrait la machine en laissant fermé le robinet qui mettait en relation le flacon avec tout le reste de l'appareil; quaod le vide était fait, on entr* ouvrait le robinet, l'eau se précipitait, entraînant avec elle la petite quantité d'air restée dans le tube et dans le flacon au moment de la fermeture ; on refermait le flacon ^i se trouvait alors absolument rempli d'oau, et on faisait le vide de nouveau; on ouvrait alors le robinet peu à peu, on voyait les gaz se dégager tumultueusement; quand on Jugeait par le manomètre qu'il s'en était dégagé une quantité sensible, on envoyait ces gaz dans un tube retourné sur le mei'oure de la cuve de l'appareil. L'expérience d'extraction n'a jamais duré plua d'une heure, et las nombres inscrits au tableau n" 4 représentent les gaz extraits pendant ce temps.
Quand on laisse l'appareil monté pendant vingt-quatre heures, on recueille une quantité de gaz énorme, plusieurs centaines de centt métrés cubes ; il est presque exclusivement lormé d'acide carbonique, et il provient sans doule d'une réaction interne; il est curieux de Toir, que les graines donnent plus facilement de l'acide carbonique quand elles sont souslraitcsàradion de l'air que lorsqu'elles y sont exposées.
On remarquera que la quantité de gaz extraite de 100 gr. de haricots est d'environ 32''(exp. n°31); celle que nous avons retirée delOOgr. d'orgea variédei3"à7«,S(exp.n'36 et37);ile8tpro> bable que par le vide on ne retire pas tous les gaz contenus dans les tissus, et que ce mode de recherches est simplement qualitatif, mais il convenait pour éclairer la discussion dans laquelle je suis engage.
On remarqiiera encore que les gaz contenus dans les graines normales sont formés d'oxygène, d'azote et d'une très-faible quantité d'acide carbonique; l'oxygène est tantôt en plus forte,tantdt en plus faible proportion que dans l'air : ainsi dans les haricots on a trouvé pour S4,0 d'azote, 7,1 d'oxygène, au lieu de 6,3; dans l'ot^e, l'une des expériences donne 2,0 d'oxygène pour 9,8d'azote, ce qui est un peu moins que l'air ; dansTautre détermination, la proportion d'oxygène n'est plus que le huitième de celle de l'azote; dans le blé, enlin, on a trouvé 1,2 d'oxygène au lieu de 1,3 qu'auraient exigé tes 5,0 d'azote observés.
Il est donc certain qu'il existe des gaz dans les graines. C'est, au reste, ce qui n'est douteux pour aucun micrographe. Mon excellent ami M. Decaisne a bien voulu examiner quelques-unes des graines sur lesquelles j'ai expérimenté, et il a reconnu « que le tégument n'est jamnis étroitement appliqué sur la graine A la place occupée par l'embryon, et qu'il forme, dans les céréales, de nombreux plis sous lesquels l'air peut se trouver renfermé ». M, Van Tieshem de son côlé a récemment attiré l'attention sur les (;raines renfermant des gaz, on peut donc considérer cette question comme résolue. (1) TAliLEAt; N' IV.
Z EXTRAITS TAn LA VACÎIINX D'ALVERGMAT DE 100 GRAMMES DB HARICOTS.
N« 31. Avant la gnrminalion
H° 3j. Apri's !l jours de ecrmin.'ilîaii
Ro H8. A|)Fè> 1 jours dn giTintiiaiiua
N» ;il. A|iri-s G jfliin de priiiination. . : .
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haricots ûtaie^it dt'puuillcs ilcleur lesta.
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GA2 EXTRAITS PAR LA. XAcmNE D'.ALVERCSIAT, DE 100 GRAMMES D'ORGE.
^> 36. Avant germination 1 19.0 1 Î.O 1 0.3 | 9.E
N- 3?. Avant eermination 7.8 0-5 O.i 7.1
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