LIVRE XXXV
Insnrreclion dans la vallée dii Chélit ei chea les Beoi-Menacer. — Eipédilions diverees pour la comprimer. — Foodalion d'Orléansvilte. — Occupation de Teneî, de Bogliar, de Teniel-el-Had et de Tiaret. — Dispersion de la Smala d'Abd-el-K aller. — Combal de Sldi-Rached. — Surprise du camp d'Abd-el-Kader. — Encjrsion au Sahara. — Défaile e( mort de Ben-Allal. — Abd-el-Kader ee relire sur les terres de l'empire de Maroc.
A peine le général Biigeaud était-il rentré à Alger, après sa seconde expédition du Chélif, qu'Abd-el-Kader Reparaissait dans les contrées que nos troupes venaient de parcourir. Il tomba d'abord sur les Atlaf qui s'étaient
[ les premiers rapprochés de nous, et ravagea cruellemeot leur territoire. Un flls d'El-Bagdadi fut tué dans cette
I tourmente ; le cadi de la tribu fut mis à mort judiciairement comme traître à l'Islamisme. Après cette sanglante
I exécution, l'Emir descendit en vainqueur le Chélif, s'em-
I Jiara de la personne de Mobammed-bel-Hadj, ce kaïd Ses Beni-Ouragh qui avait mis tant de noblesse et de
J bonne foi dans aa soumission aux Français, et fit marcher vers Cherchel son lieutenant El-Barkani qui n'eut pas de peine à faire insurger les Kbaîtes de celte populeuse contrée. Instruit de ces fâcheux événements, le
1 gouverneur général fit partir aussitôt pour Miliana le
I général Changarnier et pour Cherchel le général de Bar.
■ de dernier, après deux petits engagements, le 25 et le 24 Janvier, fut obligé de reculer devant l'insurrection, qui
56 ANNALES ALGÉHIUNNES.
gagnait ses derrières et menaçait la Métidja. Il alla prendre position à l'entrée de cette plaine, àlaZaouïadeSidi- Moussa, le 27 janvier. Le gouverneur général se décida alors à marclier en personne. Il arriva par mer à Chercbel le 28. Le colonel Picouleau alla remplacer, avec cinq batail- I Ions, à Sidi-Moussa, le général de Bar, qui rejoignît avec toutes ses forces le gouverneur général à Cberchel. Ce I dernier, le 30 au matin, marcha avec toutes les troupes [ qu'il avait réunies, vers l'ouest du territoire de la tribu I des Beni-Menacer, ses derrières étant couverts par le colonel Picouleau, Il marchait sur deux colonnes, ravageant et brûlant tout ce qui se trouvait sur son passage. Le 1" février, les Kbaïles attaquèrent notre avant-garde où se trouvait en ce moment le gouverneur général , dont le cbeval reçut une balle en plein poitrail et tomba roide mort. Le 4, le corps d'armée bivouaqua à Soukel-Had chez les Beni-Ferah, au sein de montagnes trèsélevées. Nos troupes furent assaillies dans cette position par une furieuse tempête, accompagnée de neige et de grêle, qui les fit beaucoup soufl'rir. Le 5, elles descendirent dans une vallée du pays des Akrebel que ses habitants n'avaient point abandonnée. Us protestèrent de I leur dévouement à noire cause, et se sauvèrent ainsi du pillage et de la destruction. Les troupes trouvèrent chez eux une température plus douce que celle des montagnes qu'elles venaient de quitter, et y prirent un peu de repos. Le soir, elles bivouaquèrent sur l'Oued-Kelellel, non loin de la mer. Le temps étant redevenu mauvais dans la nuit, et la crue des torrents menaçant de rendre bientôt les communications impossibles, il fallut songer à rentrer à Cberchel, où Ton arriva le 7, après dus fatigues inouïes.