LIVRE XXV. Tt
l'attaqua, fit sur elle beaucoup de butin, et la dispersa. C'était UD des débris de cette colonne qui était lombée, le 20, entre les mains du gouverneur général. Les deux géoéraux réuDÎs dirigÈrent, le 50 juin, une attaque codtre les Hallouïa; tes Beni-Ouragh marchèrent avec eux.
Le 3 juillet, le général Bugeaud fut informé que Ben- Thatni et Ben-ÂIIal, lieutenants de l'Émir, n'étaient qu'à cinq lieues de son bivouac; il chercha vainement h surprendre le leur dans la nuil du 3 au i, et les poursuivit 410D moins vainement les jours suivants en avant de rOued-Hardjem . Le manque de vivres le força ensuite à se replier sur Orléansvîlle, Dans ce mouvement de retour, son arrière-garde eut à soutenir deux combats assez vifs, dans l'un desquels le colonel Renault, du 6' léger, fut grièvement blessé; le dernier de ces combats eut lien, le 11, sur le territoire des Senadjaj le jour même de la rentrée des troupes à Orléansville. Le 12 juillet, le gouverneur général laissa le commandement de sa colonne au colonel A. Pélissier, son chef d'élat-major, et partit pour Tenez, d'où il retourna à Alger. Peu de jours après, il fut élevé à la dignité de maréchal de France, récompense un peu anticipée peut-ôlre de la pacification non encore accomplie de l'Atgéric.
Pendant que le général Lamoricière manœuvrait pour se rapprocher du gouverneur général, le colonel Gcry, qui commandait une colonne vers le bassin supérieur de l'Oued-Abd, po^la à Abil-el-Kadcr un coup terrible, qui fut bien près d'être le dernier. Cet officier supérieur, dont le corps valétudinaire renfermait une âme de feu et un cœur intrépide, informé, le 21 juin au soir, que l'Émir était campé à Djeda, dans le pays des Hassasna, à quatre lieues de lui, résolut de tenter de le
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surprendre dans cette position ; il s'y dirigea dans 1% ouif , et arriva au point du jour sur le camp de rtiinir, qui était mal gardé. Lii surprise aurait pu être complète ; aialheureusement le colonel Géry, cédant à des conseils peu réfléchis, fit commencer l'attaque par les Arabes 'Auxiliaires, qui, après avoir donné l'éveil au camp par leurs cris, tournèrent bride aux premiers coups de fusil, ■C'était évidemment trop exiger de ces hommes que de vouloir qu'ils coopérassent, d'une manière si directe, à la perte de celui qui avait été si longtemps l'objet de leur êmour et de leur admiration. Noire cavalerie et notre infanterie, qui suivaient de près les auxiliaires, n'en culbutèrent pas moins en un clin-d'œil le camp ennemi; J'Emir parvint à se sauver sur le premier cheval qui lui tomba sous la main. Jamais, dans tout le cours do cette guerre, il n'avait vu de si près la mort ou la captivité ; il perdit dans celte affaire 250 hommes tués, 140 pri- «onnicrs et tous ses bagages. Le colonel Géry prouva ce
I jeur-là qu'il n'était pas impossible d'atteindre Abd-el- ■Kader, contrairement à l'opinion qui commençait à s'accréditer dans l'armée, oii les uns croyaient à la réalité de cette impossibilité, vu la mobilité presque surnaturelle du nouveau Jugurtba, et où d'autres ne la faisaient Wnsister que dans la mauvaise volonté supposée de quelj|ues chefs, auxquels ils n'étaient pas éloignés de prêter
[ Jes mêmes calculs que Marins prêtait à Métcllus, et aveo fout aussi peu de justice. Quoi qu'il en soit, le colonel -6éry aurait eu de grandes chances de terminer la guerre, le 2â juin, s'il eût fait commencer la charge par ses chas-
I jeurs, au lieu d'engager d'abord ses Arabes.
Abd-el-Kader s'occupa ensuite de reconstituer sa Smala, et pour la pourvoir de grains, il fit foire la mois-