LIVRE XL
CDsoite dans les montagnes, aidé des cavaliers de cette m6ine tribu, et fit tout rentrer dans la soumission après un petit combut qui fut livré, le 24 mai, chez les Oulad- Adjedj. H frappa de contributions de guerre les populations qui avaient pris part à la révolte et en exigea des otages. La crainte leur avait inspiré un si grand désir de la paix, qu'une tribu ayant hésité à livrer ses olages, les autres l'y contraignirent elles-mêmes. Si-Saad, abandonné de tout le monde, même des Ouiad-Teben, sa propre tribu, s'enfuit chez les Kbailes du nord . Le colonel Régcau ayant ainsi paci&é la contrée et rétabli l'autorité contestée de notre kaïd Si-Mokran, retourna à Constantine d'où il était parti.
Dans l'est de la province, un peu d'agitation se manifesta également : un prétendu chérif parut timidement dans l'Ëdough, dont il fut bientôt obligé de s'enfuir, chassé par les indigènes eux-mêmes qu'il avait cherché à entraîner à la révolte en leur promettant l'appui de Tunis. Vers Tebessa et les Hanencha, Haznaoui fit quelques efforts pour relever son parti. Le général Randon, qui se transporta sur les lieux, ne trouva nulle part do résistance organisée ; mais quelques assassinats commis autour de ses campements sur des soldats isolés annoncèrent qu'il y avait de la fermentation dans les esprits. Le 1" juin, un petit convoi de malades, qu'on évacuait de Tebessa sur Ghelma, fut massacré dans un douar des Oulad-Sidi- Yahia-ben-Taleb, où il s'était arrôlé pour passer la nuit. La vengeance ne se fit pas attendre, car, douze heures après, le général Randon atteignait la population coupable et la livrait à la juste colère de nos soldats irrités. Deux cents Arabes payèrent de leurs tètes leur lâche guetapens. Nos troupes s'emparèrent en outre d'une grande
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ANNALES ALGËlllËNNES.
quantité de bétail. Une contribulion de guerre fut de pttht imposée à toute la tribu, qui livTa cinq individus désignés comme les principaux instigateurs du crime du l"juin, lesquels étaient parvenus à se soustraire à notre première vengeance.
Après cette éclatante exécution, le général Randon était, le 19 juin, chez les Oulad-Rhiar, fraction des Hanencba, lorsqu'il se trouva subitement en face d'un fort rassemblement de fantassins et de cavaliers qui marchail à lui en attitude hostile. On ne put d'abord s'expliquer d'où venaient ces nouveaux ennemis, presque tous les cbeiks du pays étant avec le général et protestant de la soumission de leurs administrés. Enfin, on sut bit-nfôl que c'étaient des Ouargab et autres Arabes de diverses tribus tunisiennes de la frontièri; conduits par Ël-Hoznaoui, qui était parvenu à leur faire prendre les armes contre nous. Le général tes chargea auiisitôt, les tailla en pièces et les pourauivitjusqu'audelàde la frontière, au milieu de leurs douars qui furent saccagés. Ce fut le dernier événement de l'expédition du général Randon, qui ne tarda pas k rentrer à Rûne.
L'acte agressif des tribus tunisiennes avait eu lieu & l'insudii bey de Tunis, dont les dispositions à notre égard n'avaient et ne pouvaient avoir rien d'iiostile, mais qui avait eu le tort de tolérer la présence d'El-Haznaoui dans une contrée où elle pouvait amener des troubles. Sur les représentations qui lui furent faites à ce sujet, il prit des mesures qui ne laissèrent à ce factieux d'autre ressource que d'implorer la clémence de la France. Aussi ne tardai Ml pas à faire sa soumission.
Pendant que le général Randon opérait dans l'est de la province de Conslantine, le colonel Eynard, qui venait de