‹ Annales algériennesChapitre 8 sur 119 · LIVRE XXXIV · texte numérisé non relu

LIVRE XXXIV

Opérations militaires dans la provinee d'Alger. — Mort héroïque du sergent Blaudan. —Soumission de plvsieorf tribus. — Affaire de Titteri et pacification de la contrée. — Etpédiiion vers l'Ouenseris et combat sur rOued-Fodda.-^ EipéNHtion contre les Kbaïles de l'est.-— Expédition sur les Beni-Ouragh. — Affaires de la province de Gonstantine. —Expédition de Tebessa. — Affaires de Sétif. — Affaires de fiône. — Affaires de Bougie.

Je ne me suis occupé, dans le livre précédent, que des affaires de la province d'Oran en 1 842 ; je dois dire maintenant ce qui se passa, dans la même période, sur les autres parties du théâtre d'une lutte que sa monotonie rend peu brillante, il faut Tavouer, mais dont l'issue est si importante pour l'humanité et la civilisation. Il ne s'agit pas ici, comme sur d'autres points du globe où les Européens ont porté leurs armes, d'intérêts mercantiles placés en première ligne et traînant à leur suite, comme accessoires, quelques intérêts d'un ordre plus relevé : en Algérie, ce sont les intérêts moraux de la chrétienté, du monde progressif, qui sont l'âme de l'entreprise; les avantages matériels que l'on peut en retirer ne viennent qu'après. La France obéit, en cela, à l'impulsion de ses instincts assez habituellement généreux. Elle a marché au but à travers une série d'événements dont quelques-uns sont par euxmêmes glorieux pour nos armes, mais dont la plupart , je dois le confesser, sont d'une vulgarité aussi fâcheuse pour l'écrivain que pour le lecteur. Je passerai sur ceux-

ci avec autant de rapidité qu'il me sera possible de le faire, sans nuire à l'ensemble du tableau. C'est une règle . dont j'ai toujours cherché à ne pas m'écarter, et à la- \ quelle j'ai surtout besoin de me soumettre dans ce livre. Le général Bngeaud, après son expédition de TIem- (■ cen , fit, dons le mois d'avril, une incursion chez les Beni-Menassor, qui se mainlenaient toujours en état d'hostilité contre la garnison de Cherchel. Il ût quelque , dégât dans les propriétés d'EI-Berkani, et, au bout de I quelques jours, il se replia sur Cherchel, d'où il retourna par mer à Alger. Le général Changarnier, chargé de ramener à lîlidft les troupes qu'on en avait tirées pour cette expédition, alla fouiller le bois des Karesas, où il tua quelques Hadjoutes. Plusieurs familles d'émigrés de Beni-Kclil s'étant rendues à lui, il tes ramena dans nos lignes. Le territoire de la Maison-Carrée et le village de Guerouaou avaient été assignés comme demeures provisoires aux émigrés rentrés, qui commençaient à être en assez grand nombre. Les soldats appelèrent plaisamment Beni-Ramassés celte population hétérogène. Le 11 avril, 22 hommes chargés de la correspondance I entre BoulTarik et Blida, commandés par le sergent Biaur dan, du 26* de ligne, se trouvèrent subitement envelop- [ pés par 500 cavaliers arabes envoyés en course par Ben- I Salem. Sommé de mettre bas les armes, Biandan répon- I dit par un coup de fusil qui renversa le chef indigène qui [lui faisait cette proposition; un combat acharné s'engagea alors entre ces deux troupes de forces si inégales. Biandan, succombant ;'i trois blessures, donna pour dernier ordre il ses intrépides compagnons celui de se défendre jusqu'à la mort. Cet ordre fut entendu; dix-sept de ces vaillants soldats tombèrent successivement; les cinq qui

Page 1