‹ Annales algériennesChapitre 9 sur 119 · LIVRE xxxiv a · texte numérisé non relu

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estaient combattaient encore, lorsque des secours, accou-

Irus de Mered et de Bouffarik, vinrent mettre fin à cette

■ latte désespérée. Un monument, destiné à perpétuer le

l souvenir de ce fait glorieux, a été élevé au village de

(■Hered à ces 22 braves , dont voici les noms : Blandan,

1 Leclair, Giraud, Elie, Béald, Leconte, Zanhcr, Kamachar,

Père, Laurent, Bourrier, Michel, Laricourt, Dire, Girard,

Estai, Marchand, Monot, Villars, Lemercîer, Ducasse,

Ducros. Ce dernier était un chirurgien militaire qui allait

I rejoindre son régiment à Blida.

Le 27 avril, le général Ghangarnier partit de nouveau Ide Blida pour aller conduire un convoi de ravitaillement là la garnison de Miliana ; il fit, chemin faisant, une în- I cursîOD dans le pays des Hadjoutes, d'où il ramena encore I plusieurs familles d'émigrés. Pendant son absence, le 1 colonel Morris, qui commandait à Boufifarik , eut une pe- P tite affaire contre un parti de cavalerie que Ben-Salem I avait envoyé dans la Métidja. Rentré à Blida le 6 mai, 1 le général Ghangarnier en repartit le 9, pour aller con- I duire un convoi à Médéa, où avait commandé tout l'hi- I ver le colonel Mocquerey, qui venait d'être nommé ma- I réchal de camp. Dans celte marche, le général Ghangarnier fit une petite incursion chez les Mouzaia qui, malgré leurs fréquentes pertes, se montraient toujours hostiles. Le 16 mai, conjointement avec le colonel Reveu qui commandait ù Goléa, il fit une nouvelle course chez les Hadjoutes. n partit ensuite avec la majorité des forces de la division d'Alger pour se porter sur la vallée du Cbélif, où il fit jonction, ainsi que nous l'avons dit dans le livre précédent, avec le général Bugeaud et les troupes de Mostaganem, Celte réunion des forces de deux provinces que les soldats s'étaient presque habitués à coasi-

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dérer comme n'appartenant pas au même contineni, produisit un grand effet sur leur esprit et excita au plus haut degré leur enlhousiasme ; cet effet ne fut pas moindre sur

, «elui des indigènes. Voulant mettre à profit ces heureuses diepositions , le gouverneur général résolut de sillonner

' le plus de lerraÎQ possible en se rahattanl sur Blida; en eonséqucnce, il prescrivit au général Cbangamier de se

' |K)rter sur la Chiffa par le pays des Bcni-Menasscr, tandis qu'il se rendrait lui-même sur le même point par la route la plus directe. D'après ces dispositions, le général Ghangarnier se sépara de lui le 1" juin, et alla bivoua- Çier, le même jour, à l'Oued-Bedda, sur la rive droite

I du Chélif, Le lendemain, il se porta à la Dachera d'Ahmed-hen-Tadj , à travers un pays tellement difficile, que son arrière-garde n'y arriva qu'à la nuit, tandis que l'avaDt-garde y fut établie dès huit heures du matin, pays du reste admirable par ses sauvages beautés. Le 5, ii franchit lès sommets dti mont Mabali et s'établit sur le versant septentrional de cette montagne, en vue de la mer et du beau littoral de Cherchcl. Dans la journée du 4, son arrière-garde fut attaquée un instant par quelques centaines de Kbailes. Il bivouaqua, ce jour-là, sur l'Ouedliffès. Le 5 , il eut un combat d'arrière-garde plus vif

I ^e celui de la veille et alla coucher surl'Oued-Kalaa.

(ilie 6, il atteignit l'Oued- Hachem, et le 7, l'Oued-Djer, I point où cette rivière sort des montagnes et entre

b dans la Métidja. Le général Bugeaud venait d'arriver dans la plaine , après avoir parcouru , sans événements dignes de remarque, la corde du grand arc de cercle décrit par le général Cliangarnier. Parvenus au point où ils se trouvaient alors, ces deux généraux devaient, d'après ce qui avait été convenu entre eux, agir de concert contre

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lé§ Itfmi:âîâ t mais (^tlé tf ibU, d*atlehdabt à l'orage qui la Menaçait^ avait fait dès la veille èa soumifesioii entre M ïfialj^â dû cbto&el Gàuja^ bommandaiit de Blida. Les déûk géliêratii Éé ràbattiretit alors sur les montagnes de Soillflathâ> diêB Édtt-HaloUan et des Beni^Menad ; ils y pénétrôreiit de diVëts côtés par plusieurs colonnes ; ils commençaient à leur faire éprouver tous les maux auxquels lés loià de la guerre Soumettent les populations récalcitrautes , lorsque ces montagnards , par une soumission pltlè prôtnptè que sincère, s'en épargnèrent la plus grande partie. Gét exemple fut suivi par les Beni>Salah et par les turbulents Hadjotites eux-mêmes , dont les plus braves caVàllàfs cependant allèrent rejoindre Abd^el-Kader > dont lès malhëîirà et la constance étaient i^i dignes de raviver les sympathies des âmes fortes.

Après ces divers événements, le général Bùgèaud rentra à-AlgêT; les troUpes de Mostagattem retournèrent daûs<iette lôiialité, comme nous l'avons déjà dit> par le chemin qu'elles venaient de parcourir ; le général Ghangarnièr restaà Blida où il se pbépâra à de nouvelles expéditions. Un petit éôhëc §e tnèla à cette série de sucdès : le chef de bataillon Bisson,qui commandait à Miliana^ erut devoir sortir de cette placé avec une frès-faible colonne pour se porter chejÈ les Beni-Menacer, le 7 juin, au moment où le général Chàngarnier débouchait dans la Métidja. Il enleva d'abord beaucoup de bétail à ces Kbaïles qui ne s'attendaient pas à cette nouvelle attaque. Mais, bientôt reve^ uns de leur surprise ei s' apercevant du petit nombre de leurs adversaires, ils reprirent ce qu'on venait de leur enlever et forcèrent le commandant Bîsson à une retraite très-^péttible où il perdit qustfante-trois hommes tués dont felbq oîfielers, savoir : les capitaines Oliardi, Saint-Jean

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de Pointis, les lieutcoanls Berlhemol, Projeand et Hézard. Il eut, en outre, plusieurs blessés; il reçut luimême trois coups de feu. Il était sorti de sa place avec moins de six cents hommes, et s'était avancé, sans but bien déterminé, beaucoup plus loin que ta sagesse ne le voulait. Le résultat de cette action irréfléchie enfla tellement le courage des Beoi-Menacerj que nous allons les voir presque continuellement en scène, pendant le reste de l'année.

Le général Changarnier, après avoir donné quelques jours à l'organisation des tribus récemment soumises, des Hadjoutes surtout à qui on donna pour kaïd Sid-Aliben-Lekal de la famille de Moubarek, se remit en campagne pour retourner chez les Beni-Menacer. Arrivé sur le Bi3u-Roumi le 17 juin, il y reçut la visite de Sidi-el- Bagdadi-ben-cl-Chérif, chef puissant de Djendel, qui s'était mis en relation avec nous sous le général Voirol ; il en a déjà été question plusieurs fois dans cet ouvrage. Ce cheik venait offrir la soumission de la plupart des tribus du hautChélif retirées pour lors dans les montagnes de Matmata et qui, assurait-il, n'attendaient plus que la présence d'une colonne française pour se détacher d'Abdel-Kader. A celle importante nouvelle, le général Changarnier n'hésita pas à se porter sur le Chélif. Les choses se passèrent comme £I-Bagdadi le lui avait annoncé ; toutes les tribus désignées par ce chef firent leur soumission. Mais d'autres populations, plus dévouées à l'Emir, s'étaient ralliées àSidi-Moharamed-ben-Allai, son lieutenant, qui les entraînait vers le sud. Le général Changarnier se mit à leur poursuite à travers le pays des Aïad, et le 1" juillet, sa cavalerie, commandée par lecolonel Korte, les atteignit à Aïn-Tesemsil, à douze lieues au sud de

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rOuenseris. Après un combat coui'l mais très-vif, où nos chasseurs eurent onze hommes tués, le colouel Korlc se trouva maUre de quarante h quarante-cinq mille lèles de bétail et de près de trois mille prisonniers de tout sexe et de tout âge. Comme cette masse de gens et d'iinimaux aurait extrêmement gêné la colonne française dans sa marche, le général Changarnicr rendit la liberté aux prisonniers el remit le bétail aux Arabes des tribus soumises. Cela fait, il reprit la route de Blida où il rentra le 14 juillet. En passant auprès de Miliana, il ordonna au commaudant de cette place de faire une petite tournée dans ]a^ vallée du Chélif, aussitôt qu'il se serai t éloigné, afin que les Arabes vissent qu'il y avait toujours des troupes en mouvement. Ce commandant était le lieutenant-colonel Saint- Arnaud, qui avait remplacé le chef de bataillon Bisson.

Aprtis leur rentrée à Blida, les troupes du général Changarnicr furent employées, dans le restant de juillet el dans le mois d'août, à ouvrir une roule dans l'étroite vallée de la Chiffa, pour établir une communication moins pénible que celle du col de Mouzaïa, entre la Métidja et le plateau de Dilédéa. Les travaux de l'enceinte continue furent entièrement abandonnés. Cette puérile conception était tombée depuis quelque temps dans le plus complet discrédit, et excitait les sarcasmes de M.Bugeaud lui-même, qui n'avait paru l'adopter que pour ne pas choquer l'opinion de quelques personnes plus puissantes que lui, et un peu aussi par eomplaisance pour le général Berthois, son collègue à la Chambre des Députés. Ce général du génie avait été envoyé en Afrique pour en déterminer l'exécution. Dès qu'elle fut résolue, et que toute polémique eut cessé à cet égard, le temps, comme il arrive toujours en France, lit justice de et projet insensé.

Pendant les quatre premiers mois de l'année 1842, la garnison de Médéa ne remplit qu'un râle passirdans les affaires de l'Algérie. Par suite de cetle imprévoyance et de cet esprit de destruction qui nous caractérisent dans les commencements de toute occupation, celle ville n'était plus qu'un amas de décombres. Lorsque te temps des regrets et des reconstructions fut arrivé, le général Mocrquerey, qui la commandait, eut assez à faire des travaux matériels dont ses prédécesseurs lui avaient légué le soin. Ce commandant supérieur fut remplacé dans les ^emiers jours de mai, par le colonel Comman du ôô' de ligne. Il se trouva que ce dernier officier, à en juger par sa conduite et par les événements, était précisément l'Lomme qui convenait à la province de Tittery. Peu de jours après son arrivée, il apprit qu'une masse considérable de troupeaux, appartenant A des populations qui fuyaient devant le général fiugeaud, lequel arrivait alors de Mostaganera, se trouviiil à l'enlréo méridionale de la gorge de la Chiffa. 11 se porta aussitôt sur ce point, enleva quelques centaines de tètes de bclail et une trentaine de prisonniers dont vingt-deus femmes. Ces captifs furent traités avec toute sorte d'humanité; dès le lendemain, il les renvoya chez eux, en les chargeant de dire à leurs compatriotes qu'il ne demandait pas mieux que de vivre en paix avec eux, et qu'il était en mesure de leur faire, selon qu'ils choisiraient ta paix ou la guerre, autant de bien que de mal. Ces ouvertures, appuyées par des faits et par la marche de la colonne du général Ëugcaud, amenèrent d'heureux résultats : deux jours après, une foule d'Arubcs se présentèrent au marché de Médéa, et plusieurs tribus écrivirent pour entrer en accommodement. Sur ces entrefaites, le colonel Comman reçut un petit renfort do six cents hom-

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