‹ Annales archéologiques (volume 2)Chapitre 27 sur 135 · PINIBVS, VT SIT IN HIS HIC SINB FINE CINIS · texte numérisé non relu

PINIBVS, VT SIT IN HIS HIC SINB FINE CINIS

HVNG DEV8 IPSE TORVM MIHI STRAVIT , VT HIG COR EORTM

ME REGOLAT, QTORV'M RB8 REGO , SERVO GHORVM.

HVNG TVMVLVM MIHI FEGI , QVI FVNDAMINA JECI

EGGLESI<£ TANT^, QVAM NVNG REGO 8ICVT BT ANTB :

BIG MBA MENERA TEGI VOLO, SIG GONFIRMO QVOD BGI ^.

Au-dessus des inscriptions, la doucine ou simaise de l'entablement est garnie de bronze doré« ciselé en feuillages.

Le larmier ou couronne est garni de vingt-huit pièces de bronze doré et émaillé de diverses couleurs, dont les dessins sont presque tous différents; et entre les émaux il y a des plaques de bronze doré , qui représentent chacune un petit bassin et quelques feuillages.

Au-dessus de la couronne, il y a une baguette de bronze qui fait le tour de Tentablement.

L*entablement, vu par dessus , forme une espèce de cadre dont les platesbandes sont couvertes de grandes pièces de bronze ciselé, gravé, doré et rempli d'émaux de différentes couleurs , qui forment de petits bouquets de fleurs et autres dessins, d'un grand travail et d'un goût tout particulier.

La doucine du cadre est couverte de feuillages de bronze doré et ciselé , et au bas des feuillages règne un réglet de bronze doré qui fait le tour du dedans du cadre y sur lequel sont gravés et relevés en émail ces mots, à commencer par la tête du tombeau ;

BIG MGBT HENRIGVS, GOMIS GOMBS ILLB TRBCORVM, HAEG LOGA QVI STATVIT , BT ADHVG STAT TVTOR EORVM» ANNOS MILLENOS GENTENOS TERQVE NOVBNOS IMPLERA8, GHRISTE, QVANDO DATV9 EST DATOR 18TE; BIS DENI DEERAf^ DE GHRISTI MILLE DVGENTIS ANNI8, GVM MEDIVS MAR8 08 GLAVSIT MORIBNTIS *.

I . « C'est ici que mon destin m'a rappelé des contrées lointaines, afin que ma cendre soit à jamais en ce lieu.

€ C'est ici que Dieu lui-même m*a préparé ce lit funéraire, pour que j'y reçoive les tendres hommages de ceux à qui je commande, et dont je garde le chœur.

« Ce tombeau, je me le suis fait, le jour où j'ai jeté les fondements d'une si grande église, que je gouverne à présent comme autrefois.

< C'est ici que je veux que mes membres reposent; ainsi je confirme ce que j'ai fait »•

8. « Ici repose Henri, cet affable comte de Troyes, qui fonda cette église, et en est encore le protecteur.

Xe dedans du cadre se trouve divisé en cinq portions par une manière de crûi;^ très<magnifique de bronze doré, gravée, ciselée et émÂiltée, aunàiiieu de laquelle est une grande rose qui porte un petit cadre d'argent , sur lequel est en émail la figure du prophète Isaîe et sa prophétie représentée par un arbre qui pousse une fleur, sur laquelle est le Saint-Esprit , pour indiquer qu'il prédit la venue de Notre-Seigneur, dont on voit le portrait au bas de la croix, sortant d'un nuage, ayant un livre scellé à la main, sur lequel est un petit rubis, et comme donnant sa bénédiction entre le soleil, la lune et les étoiles. La figure de Notre-Seigneur et tout ce qui est dans les trois portions du cercle est tout d'argent doré en plusieurs endroits.

Les trois portions du cercle forment un cadre en manière de trèfle , dont les plates-bandes sont couvertes de bronze doré , ciselé et émailié par bouquets. La doucine est garnie d'une feuille de bronze doré , poussée en feuillage , et sur le réglet qui termine le cadre , qui est aussi de bronze doré , est écrit ce qui suit en lettres gravées et relevées en émail :

PONS BGO SVM VITiS; VENTA DATOft, BRGO VENITE AD MBA JVSSA : MEI VINCVLA SOLVO BEI ^.

Au bas du réglet il y a un chapelet de bronze doré , qui fait le tour du dedans du cadre, pour couvrir les clous qui tiennent le fond attaché.

Au-dessus de la figure de Notre-Seigneur sont deux anges, l'un à droite , l'autre à gauche , tous deux de relief en demi-bosse, hauts chacun d'environ quinze pouces sur six de largeur; ils sont d'argent doré en quelques endroits, sur un fond aussi d'argent, semé de petites rosettes d'argent doré.

Au-dessus des anges, dans la partie du côté de l'épître, en tirant vers l'aigle, on voit la figure du comte Henri, toute d'argent en demi-bosse, haute de vingt-trois pouces sur sept de largeur, tenant en ses mains la représentation d'une église d'arrçent doré, qu'il paraît offrir à saint Estienne, qui est auprès. La couronne est aussi d'argent doré, garnie de pierreries, qui sont : un saphir, une agate orientale et quatre petits grenats. Il y a au-dessus de la tête une espèce de tour accompagnée de deux petits dômes : le tout aussi bien que le fond est d'argent, doré en quelques endroits, semé de rosettes, et ter-

« Tu avais vu s'écouler onze cent vingt-sept années, ô Christ! quand ce fondateur nous fut donné;

« Deux fois dix ans manquaient au xii' siècle du Christ, quand mars, au milieu de son cours, vint fermer sa bouche mourante ».

(Né.eo 4427, le comte Henri est décédé le 47 mars 4 180.)

1. « Je suis la source de la vie; c'est moi qui pardonne; rendez-vous donc à mes ordres : je brise les chaînes du coupable qui a recours à laoi ».

miné , de même que toutes les autres figures, par un chapelet de bronze doré.

Dans la portion du côté de l'évangile, tirant vers l'aigle, il y a la figure de saint Estienne, de même relief que celle du comte Henri, toute d'argent, haute de vingt-deux pouces sur environ six de large , revêtue de l'habit de diacre, tenant en main un texte doré, au milieu duquel est une croix sur laquelle Jésus-Christ est attaché , et les figures de la sainte Vierge et de saint Jean, aux deux coins de la croix; de l'autre main il tient une palme dorée , ainsi que le manipule, le collet, les cheveux, te bas des manches, le bas de l'aube , les fleurs dont la tunique est semée ; le reste de la tunique est gravé de différents feuillages , le fond en est d'argent, semé de plusieurs rosettes dorées, et terminé par un chapelet de bronze doré.

Dessous ce tombeau git le corps du comte Henri I", fondateur de cette église, mort le 17 mars 1180; il est déposé dans une grande pierre, creusée de. la longueur du personnage, et garnie d'un couvercle aussi en pierre.

88. — Lb Tombeau , érigé du costé de l'autel , est celui du comte Thibault III ^. Il est enrichi d'un grand nombre de pierreries et d'émaux, de différents dessins et de plusieurs figures d'argent, qui représentent la famille des comtes de Champagne. Il mesure les mêmes hauteur, longueur et largeur que le précédent, et est élevé sur un pareil piédestal. Ouvrage de Blanche de Navarre, il est un monument de son amour pour son mari , comme on le voit par ces deux vers gravés au-dessus de sa figure :

HOC TVIIVLO BLANCHA, KAVARRAE REGIBVS ORTA, DVM COMITEM VELAT, QVO FERVEAT IGNE REVELAT *.

La plinthe de la base est garnie d'argent et enrichie de vingt-huit grands émaux, dont les différents dessins et l'or rendent cet ouvrage d'une rare magnificence. Entre chacun des émaux il y a une espèce de bassin, poussé sur l'argent, qui en fait la séparation. La doucine est aussi couverte d'argent ciselé. Le liteau ou réglet est couvert de bandes de bronze doré, sur lesquelles sont gravés, en lettres relevées en émail, ces mots qui commencent à la tête du tombeau , du côté de l'évangile :

HAC DBVS VRBE MORI MIHl GONTVLIT VT GBNITORI, IVDABAM PBNETRARE, PIVM VOTVM, MBDITANTI

4. Nous ne connaissons aucun dessin anUientique du tombeau du comte Thibault III. Ceux qui ont été publiés dans ces derniers temps ont été composés d'imagination» et seulement d'après la descrtptian du chanoine Hugot.

2. « Par ce riche tombeau, dont elle couvre le comte, Blanche, issue des rois de Navarre, révèle toute l'ardeur de sa piété conjugale ».

80LYERB; QVOD VOVI DOMINO, PBOBAT ISTA FIGVIA. VT BBQVIBS DETVR MlHI, QVI LEGIT ISTA, PEECETVB. FILIVS HOC TVMVLO GENITORI PROXIMVS B£RET, MVNIAT VT 8TEPHAN0 DVPLIGI SVA DONA SIGILLO.

ANNI8 A GBRISTO COMPLETIS MILLE DVCENTIS, ME, GAPVT AEVI, FINIS M AU CLAVDIT IN VRNA *.

De dessus la base s*élèvent trente-quatre colonnes à huit pans de bronze doré et ciselé, dont le chapiteau est d*ordre corinthien, qui, avec leurs accompagnements , forment plusieurs niches très-magnifiques , savoir : une à la tête , une aux pieds , et quatre à chacun des côtés , dans lesquelles sont placées autant de figures d'argent, d'environ quatorze pouces de haut.

Derrière chaque colonne il y a une plaque de bronze doré et dentelé aux côtés. Le fond de chaque niche est couvert d'argent, ainsi que tout ce qui sert de fond à tout le reste du tombeau.

La plate-bande est couverte de bronze doré, gravé et émaillé. La doucine est garnie d'une plaque d'argent poussée en feuillages. Le liteau est de bronze doré, sur lequel sont gravées les inscriptions convenables à chaque figure.

Au bas du liteau, dans Ja capacité de son demi-rond , trois portions du cercle forment un trèfle. L'espace, depuis le liteau jusqu'au trèfle, est couvert de plaques d'argent doré , poussées en gros feuillages ; le trèfle est terminé par un chapelet de bronze doré : d'où résulte un ornement agréable.

L'entablement est soutenu, aux quatre coins, par huit pilastres d'argent dorés en quelques endroits , et ciselés en feuillages , dont les deux côtés de chacun sont terminés par un chapelet de bronze doré. A chaque coin du tombeau, entre les deux pilastres, il y a une baguette de même métal, dorée.

Les niches sont soutenues par les trente-quatre colonnes , aux côtés desquelles, entre les vides que laisse le dehors de chaque cercle jusqu'à l'entablement, il y a la figure d'un ange à demi- corps tout d'argent, doré en quelques endroits ; ces anges sont au nombre de quatorze, dont six ont les ailes étendues, et huit dont il ne paraît qu'une des ailes, parce que ces anges sont placés dans les encoignures du tombeau.

!• « Dieu m'a donné, ainsi qu'à mon père, de mourir dans cette ville, lorsque je me disposais à accomplir le vœu pieux d'un voyage en Terre-Sainte; cette statue témoigne de ce vœu, que je fis au Seigneur.

a Que celui qui lit ces lignes prie pour que je repose en paix.

€ Dans ce tombeau, le fils dort tout près de son père, afin qu'il mette comme un double sceau à sa munificence envers saint Etienne.

« Après douze cents ans écoulés depuis le Christ, les derniers jours de mai virent se pencher vers la tombe ma tète, la première année du siècle »•

(Thibault III mourut à Troyes le 24 mai 1201, âgé de vingt-cinq ans.)

Dans la niche qui regarde Tautel est la figure de Louis le Jeune , VU* du nom, roi de France, aïeul de Thibault III, par Marie de France, fille de ce roi, épouse du comte Henri, P'du nom. Cette figure tient en main un sceptre, avec une couronne sur la tête, garnie de pierreries : au-dessus de la niche sont gravés ces mots relevés en émail :

REX EGO FRANCORVMy GRAVIS HOSTIEVS HOSTIS EORVM ^.

Dans la niche qui suit, du côté de Tépître, est la figure de Henri, IP du nom, comte de Champagne, qui, depuis , fut roi de Jérusalem et de Chypre; il tient un sceptre et a sur la tête une couronne garnie de pierreries ; au dessus sont gravés ces mots :

VRRB TVA, CHRISTS, REX ELECTVS FVIT ISTB NORILIS BENRIGVS, D1VIN.1! LEGIS AMIGVS *.

Dans la niche suivante, tirant vers Taigle, est la figure de Marie de France, épouse du comte Henri P% au-dessus de laquelle on lit ces mots :

MARIA GOMITfSSA MATER EGO GOMITIS, CHRISTVM ROGO SIT TIRI MITIS '.

Dans la niche suivante est la statue du comte Henri I", qui tient en main la figure de cette église, par lui fondée. Au-dessus de la tête sont gravés ces mots:

HIC EST HENR1GVS, THBORALDE, TVI GENITIVVS, QVI FVIT ECGLBSIAE PBAESBNTIS GOMPOSITIVVS *,

Dans la niche suivante, proche le tombeau du comte Henri, est la statue de Scholastique , sœur de Thibault III. Ces mots sont gravés au-dessus de sa niche :

SCHOLASTIGA HABG, TBEORALDE, TVA SOROR EST GOMITISSA *.

Dans la niche qui regarde le tombeau du comte Henri est la statue de Henri, roi d'Angleterre. Cette statue tient à la main une couronne garnie de pierreries. Au-dessus de sa tête sont gravés ces mots :

ANGLIGA REGNA REGO, REX REVERENOVS EGO *.

Dans la niche du côté de Tévangile , proche du tombeau du comte Henri ,

4 . c Je duis le roi des Francs, ennemi redoutable de leurs ennemis. »

2. « Dans ta ville, ô Christ! fut élu roi ce noble Henri, ami de la loi divine. »

3. « Moi, comtesse Marie, mère du comte (Thibault III), je prie le Christ d'ôtre doux pour tei«9

4. « Thibault, c'est ici qu'est Henri, ton père, le fondateur de cette église ». '5. « Voflà ta sœur, Thibault, la comtesse Scholastique ».

6. « Je gouverne le royaume d'Angleterre, et fais respecter mon sceptre. j>

est la statue de Marie, sœur du comte Thibault et de Scholastique, épouse de Baudoin, comte de Flandre et empereur de Constantinople; au-dessus de 6& tête sont gravés ces mots :

HAEC EST GERMANA, FLOS VNICVS, YSk MARIA, CIRGA QVAM STVDVIT FORMANDAM TOTA SOPHIA ^

Dans la niche suivante est la statue de Blanche , troisième fille de Sanche le Fort et épouse du comte Thibault III. Elle tient en ses mains la figure de ce tombeau, qui fut son ouvrage. Au-dessus de sa tête sont gravés ces mots :

HOC TVMVLO, BLANCHA, NAVARRAB REGIBVS ORTA, DVM COMITEM VELAT, QVO FERVEAT IGNE REVELAT '.

Dans la niche suivante il y a deux statues qui sont entièrement d'argent doré : l'une est de Marie, fille unique de Thibault III ; l'autre est celle de Thibault, IV* du nom , comte de Champagne; au-dessus de leurs têtes il y a ces mots :

DAT PRO PATRE DVOS DEVS HOS FLORES ADOLERE , VT TIBI VER PAGIS, GAMPANIA , GONSTET HABERE '.

La dernière niche est celle de Sanche le Fort, dixième roi de Navarre, père de Blanche, épouse de Thibault III. Cette statue a sur la tête une couronne garnie de pierreries, et au-dessus est écrit :

SANCHIVS EST PRAE8ENS, QVEM SIGNAT IMAGO DEGENTER, QVOQVE GVBERNATVR NAVARIA REGE POTENTER *.

Au-dessus des quatorze anges il y a un réglet ou liteau de bronze doré, qui règne tout autour, où sont gravés ces mots, à commencera la tête du tombeau, au coin du côté de l'évangile :

TANT A PALATINO NE PRINGIPE TERRA GARERET, TRANSIT IN HiEREDEM VITA PATERNA NOVVM.

1. « Voilà ta sœur (ô Thibault) ; cette fleur unique, cette incomparable Marie, la sagesse à mis toute son étude à la former ».

On sent dans ce dernier mot de « sophia » pour « sapientia » comme un souvenir des croisades où ces princes champenois s'étaient battus avec tant de courage. Ces Croisés, qui avaient VU et admiré Sainte -Sophie à Constantinople, retenaient son nom qu'ils aimaient à substituer à celui de la sagesse. ( Note de M* Didron, )

2. « Par ce riche tombeau, dont elle couvre le comte, Blanche, issue des rois de Navarre, révèle toute Tardeur de sa piété conjugale ».

3. « A la place de leur père, Dieu te donne, ô Champagne I ces deux fleurs aux suaves parfums, afln qu'elles soient pour toi comme un gage assuré du printemps de la paix »•

4. « Vous avez devant vous Sanche (le Fort), que reproduit convenablement cette image,. 6t qui'gouveme la Navarre en puissant monarque ».

TRÉSOB DE SAINf-ÉTIENNE DE TROYES. 95

QVI PVER<, VT PHOBNIX, DE PVNÊRB PATRI8 AlORTVS, GONTINVET PATRIOS IN 8VA JVRA DIBS.

DAMNA REDEMPTVRVS CRVC1S ET PATR1AM CRVC1FIXI, STRVXERAT ËXPBNSXS, MILITE, CLASSE, Y1AM.

TERRENAM QVABRENS, GOELBSTEM RBPPERIT VRREM; DVM PBOCVL HABG PETITVR, OBVIAT ILLA DOMl ^.

La doucine, ou cimaise^ de l'entablement, est couverte d'argent, poussée en feuillages.

Le larmier, ou couronne, est garni de 28 pièces de bronze doré, émaillé de couleurs et dessins différents , entre lesquelles il y a des plaques d'argent ciselées en forme de bassin, ornées de feuillages.

L'entablement, vu par-dessus, forme une espèce de cadre, dont les platesbandes sont couvertes de bronze ciselé, gravé, doré et émaillé de différentes couleurs.

La doucine est d'argent ciselé et poussé en feuillages, et il y a un liteau de bronze doré qui fait le tour du cadre sur lequel est gravé ce qui suit :

HOG, THBOBALDE, LOGO RBGVBAS LVGTAMINB FORTI, MORS VITAE, PRO QVO GONPLIXIT, VITAQVE MORTi; VICIT IN BAG LITE VITAM MORS INYIDA VITAE :

INTVLIT INVITE VIRES ET ADEMIT El TE*, QVA TIBI RVMPENTE FLORES ET FILA JWENTAE, VIM FACIT .ETATI NIMIS AVSA LIGENTIA FATI.

IVDAIGI8 OPIBVS INOPES RELEVANDO FIDELES, PBINGIPIO SVMMI PR1NGIPIS EGIT OPVS.

QVI LEGIT HOG, ORET PRO COMITE ^.

4. c Pour que la Terre-Sainte ne fût pas privée de la présence d'un prince palatin, la vie du père passa dans un nouvel héritier.

a Cet enfant, pareil au pbénix, est sorti des cendres de son père, a6n de continuer à ses États les jours fortunés de ses ancêtres.

c U devait, à ses frais, avec des troupes de terre et de mer, entreprendre un voyage aux saints lieux, dans le but de réparer les revers des Croisés et de venger la patrie du Christ.

c n cherchait une ville terrestre, et voilà qu'il a trouvé la Jérusalem céleste.

c Tandis qu'il demande Tune aux contrées lointaines, l'autre s'offre à lui dans son pays natal i».

2. « C'est ici, ô Thibault I que tu reposes après une lutte courageuse, où la mort combattit )a vie et la vie la mort ;

a De ce combat à outrance sortit victorieuse la mort, jalouse de la vie :

c C'est comme à regret qu'elle a, pour te ravir, déployé toute sa force;

« En brisant le fil et la fleur de tes jeunes années, l'impitoyable pouvoir du destin fait violence à ion âge.

« En soulageant, avec les ressources des Juifs, Tindigence des fidèles, Thibault fit œuvre de prince souverain.

€ Que celui qui lit ces lignes prie pour le comte ».

Le sens de ces deux vers me parait n^avoir aucune connexité avec celui de l'ensemble de la

Dans le cadre qui est sur un fond couvert d'argent, orné de plusieurs ro^ settes dorées, est la statue de Thibault, IIP du nom, comte de Champagne^. Elle est grande comme nature, toute couverte d'argent, couchée de son long, et la tête sur un carreau d'argent garni d'un chapelet de bronze doré. Cette statue a les mains jointes; elle porte une longue robe, une ceinture et un man* teau qui descend fort bas. Le personnage tient à la main un bâton de pèlerin pour marque du vœu qu'il a fait , et qu'il ne put accomplir, d'aller en la Terre-Sainte combattre les ennemis du nom chrétien. Il a, à sa ceinture, une bourse sur laquelle sont ses armes. Ses cheveux sont assez courts ; ils sont dorés ; il est sans barbe. On voit sur sa tête une couronne, et à chacun de ses bras des bracelets dorés. La couronne est garnie de pierreries, savoir : quatre pierres bleues , deux cornalines, cinq perles, une émeraude, deux pierres blanches, deux pierres jaunes, un saphir, un grenat et une autre pierre de couleur.

Les yeux de la statue, qui sont ouverts, sont émaillés de blanc et de bleu au naturel, le collet de sa robe est en filigrane d'argent doré, garni de trois émeraudes, quatre amétystes et un grenat.

L'attache du manteau est d'argent doré en fleurs et feuillages ; sur l'épaule droite est une croix en filigrane d'argent doré, garnie de pierreries, ainsi que les deux bracelets.

Sa ceinture est de plus d'un pouce de largeur en filigrane d'argent doré, toute garnie de pierreries.

Au milieu de la ceinture, on voit une boucle d'argent doré, dans laquelle passe le bout de la ceinture, qui va jusqu'aux genoux; le tout est brillant en pierreries. Au bas de la ceinture, du côté gauche, il y a une bourse, ou escarcelle, qui tient à une bande d'argent doré avec ses pendants; le tout est travaillé en filigrane, orné de pierreries et de pièces d'émail.

Au milieu de la bande, il y a les armes de Champagne, et, aux quatre angles, quatorze roses d'argent doré; les armes sont d'azur à la bande d'argent, de cottices d'or fleuronné sans nombre; au lieu des cottices^ elles portent à présent des contre-potences au nombre de seize.

Au bas des genoux, il y a une bande de bronze doré en feuillages t les pié-

présente inscription. Cependant, ils occupent cette place dans le mantiscrit et dans. la plupart des auteurs de notre histoire locale. C'est ce qui m'a déterminé à les y maintenir.

4. Dans l'article précédent, nous avons dit pourquoi, suivant quelques personnes, la statue de Henri le Large était couchée sous des arcs, au lieu d'être étendue sur l'entablement du sarcophage, comme l'était celle du comte Thibault.

destaux et le marche-pied sont d'argent doré; le dessus, en forme de bassin, est de bronze doré. Cette statue tient un bâton de pèlerin couvert d'argent.

Dessous ce tombeau gît le corps de Thibault III, comte de Champagne, fils de Henri I", fondateur de cette église, dans une grande pierre creusée de la longueur du corps, étroite vers les pieds et s'élargissant jusqu'à la tête, couverte d'une pierre de même nature, qui déborde d'environ un pied. Le prince Thibault III mourut à Troyes, le 24 mai 1201, âgé de vingt-cinq ans*.

Ici se termine le mémoire (ou inventaire) dressé par M. Jean Hugot, chanoine de la collégiale de Saint-Étienne de Troyes.

4. L'église de Saint-Élienne ayant été supprimée en 1791, on fit, le 23 février de l'année suivante, l'exhumation des corps de Henri et Thibault, comtes de Champagne, en présence des cornmissaires du directoire du département. Ces restes précieux furent déposés, pendant quatre jours seulement, dans la salle du trésor de la collégiale.

Le 27 février 1792, ils furent transportés, avec leurs riches mausolées, et déposés dans la chapelle de Notre-Dame, située derrière le chœur de l'église cathédrale, en présence de Tévêquo (constitutionnel) Augustin Sibille, et des notabilités de la ville de Troyes.

La tempête révolutionnaire de 4793 fit disparaître les tombeaux émaillés de Henri et de Thibault, ainsi que la tombe de bronze de l'évoque Hervée, fondateur de la cathédrale ; mais elle respecta la cendre de ces grands personnages.

Des fouilles exécutées, en octobre 1844, à l'occasion de la construction d'un caveau dans la chapelle de la Vierge, à la cathédrale, amenèrent, la veille de la fête de la Toussaint, de ladite année, la découverte des deux cercueils de nos comtes de Champagne.

Dans le premier, celui de Henri, on trouva l'inscription suivante, gravée sur une lame de cuivre mince, de 32 centimètres de longueur, sur 17 de hauteur :

HIC JAGET HENRICUS PALATINUS CAMPANIAE ET BRIAE COMBS.

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