‹ Annales archéologiques (volume 2)Chapitre 80 sur 135 · A Winchester · texte numérisé non relu

A Winchester

4. « Poema del Cid ». Voir le délicieux chef-d'œuvre d'Ozanam, intitulé : « Un pèlerinage au pays du Cid ».

5. « En 4835, et pour la somme de trois francs, selon le journal espagnol l'a Heraldo », de janvier 4 844. Ce monastère, l'un des plus magnifiques édifices de Grenade, avait d'abord été construit par Gonsalve pour lui servir de palais ; le roi Ferdinand le Catholique, étant allé l'y visiter, lui dit avec aigreur : « Ce palais est plus beau que le mien. — Cela est vrai, sire, lui « répondit Gonsalve, mais il est destiné à un plus grand seigneur que vous, car je le donne à Dieu ». ~ Je cite la tradition telle qu'elle me fut racontée à Grenade, en 4 843, par un colonel de cavalerie qui assistait au pansement des chevaui^ de son régiment sous les cloîtres admirables dus à la générosité du grand capitaine ».

de saint Bernard ^, a été arraché de son mausolée royal pour être profané par des soudards ^.

a Encore si en confisquant ces abbayes séculaires, si en condamnant leurs paisibles habitants à l'exil ou à la mort, on en eût au moins conservé les ruines; si, comme en Angleterre et en Allemagne, on eût pu montrer, dans leur beauté funèbre, quelques débris de ces monuments d'un art inimitable et d'une architecture sublime. Mais les vandales modernes ont su renchérir sur l'exemple que leur avaient donné les prétendus réformateurs d'il y a trois siècles. En Espagne, en Portugal, en France surtout, l'art de la destruction a reçu des perfectionnements inconnus aux plus barbares de nos aïeux.

« Chez nous il n'a pas suffi de piller, de profaner, de confisquer; il a fallu renverser, raser, ne pas laisser pierre sur pierre; que dis-je! fouiller jusqu'aux entrailles du sol pour en extirper la dernière de ces pierres consacrées. On l'a dit avec trop de raison *, jamais une nation ne s'était laissé ainsi dépouiller, par ses propres citoyens, des monuments qui attestaient le mieux chez elle, non-seulement la culture des sciences et des arts, mais encore les plus nobles efforts de la pensée et les plus généreux dévouements de la vertu. L'empire d'Orient n'a pas été saccagé par les Turcs comme la France l'a été et l'est encore par cette bande de démolisseurs insatiables qui, après avoir acquis à vil prix ces vastes constructions, ces immenses domaines, les exploitent comme des carrières, pour en retirer un lucre sacrilège. J'ai vu de mes yeux les chapiteaux et les colonnettes de telle église abbatiale, que je pourrais nommer, employés comme autant de cailloux pour la route voisine. Autant en feraient des marchands de couleurs qui enlèveraient avec un grattoir le carmin ou le bleu d'outremer des tableaux de Van Eyck ou du Pérugin, pour en augmenter leur fonds de boutique,

« En Asie Mineure, en Egypte, en Grèce, il reste encore çà et là quelques débris que la rage des infidèles a épargnés, quelques lieux à jamais célèbres, où la pieuse ardeur du pèlerin et la curiosité de l'érudit peuvent trouver à se satisfaire. Mais, en France et dans les pays qui l'imitent,

Tota teguntur Pergama dumetis; etiam periere ruinae...

Le vandalisme ne s'arrête que lorsqu'il n'y a plus rien à pulvériser. On voit

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