‹ Annales archéologiques (volume 3)Chapitre 111 sur 240 · XII. — PUPITRES ET LUTRINS · texte numérisé non relu

XII. — PUPITRES ET LUTRINS

Ces beaux livres liturgiques, si riches à l'extérieur et dans leurs vêtements du dehors, ne sont pas moins splendides à l'intérieur. Écrits sur vélin teint en pourpre, en argent ou en or, comme à l'époque carlovingienne , ils offrent, surtout aux xii% xiu* et xiv* siècles, des miniatures d'une splendeur et d'un art merveilleux.

Inunédiatement avant l'office on étale les livres du chœur sur des lutrins en marbre, en argent, quelquefois en bronze ou en bois, richement sculptés, et c'est alors que brillent ces enluminures dont le nom vient de Paris, et dont les artistes étaient encore si renommés à l'époque du Dante ^. Ces miniatures, nous n'avons pas à nous en occuper ici, du moins en ce moment, mais nous devons dire un mot des lutrins ou pupitres sur lesquels on les exposait.

En prenant les mots dans leur acception actuelle , et les choses dans leur usage d'aujourd'hui , on peut diviser en deux classes les meubles destinés à porter les livres liturgiques de lecture ou de chant.

1. Lb Dante, chant xi* du Purgatoire, rencontre Oderisi, le célèbre miniaturiste ;

0, dissi lui, non se' tu Oderisi,

L'onor d'Agobbio, e l'onor di queïF arte

Ch'aliuminare è chiamala in Parisi?

En répondant au Dante, Oderisi nomme un autre miniaturiste, Franco de Bologne, alors plus illustre que lui :

Frate, diss' egli, più ridon li carte Che penneileggia Franco Bolognese :

L'onore è tutto or suo, e mio in parte.

Dans la traduction de la «Divine Comédie», par son père, M. Léonce Mesnard a mis cette note à ce passage : — « Oderisi d'Agobbio avait tenu un rang distingué parmi les « miniaturistes » du temps, qui employaient à Fornement des textes sacrés, ces sanctuaires intellectuels de la religion, un art appelé, sous d*autres formes et dans des proportions différentes, à décorer les sanctuaires matériels du moyen âge.» — cLa Divine Comédie », traduction nouvelle, par M Mesnard, membre de l'Institut, vol. ii, le « Purgatoire », page 476.

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