PUPITRE PORTATIF. — XIV« SIECLE
A LA CATHiDllALB Dl HAHBOHNE.
Au XV* siècle, nous trouvons : « Un lutrin d'argent doré, esmaillée aux armes dudit seigneur (Jean, duc de Berry), ouquel a deux angeles aus deux costés ; et se ouvrent lesdis esmaulx pour mettre dessoubs des reliques, et ou front devant a deux escuçons tailliés aux armes de feu le conte d'Estampes que Dieu absoille. — Pesant 52 marcs 6 onces*. » — « Un aigle d'argent doré, couronné, qui sert pour un lettrin, séant sur une roche oîi il a plusieurs petis ymages, escureux et deux arbrisseaux ; et par-dessus a une escriptoire en laquelle a un cadran et oudit cadran un escusson aux armes de feu mons. d'Estampes. Sept marcs, 1 once, 5 esterlins. »
Dans le « Dictionnaire de Jean de Garlande^, » qui date de la fin du XI* siècle, on trouve une définition intéressante du pupitre et du lutrin :
(c Pulpitum, gallice letrum. Et nota quod pulpitum est assensus graduum ad locum ubi legitur, quia letrum, sive analogium, est id super quod ponitur liber. »
Suivant Jean de Garlande, le pupitre serait, à proprement parler, la série des degrés où l'on monte pour lire ou chanter (notamment les graduels), tandis
4. a Description du trésor de la Sainte- Chapelle de Bourges », année U04, par M. Hiver de Beauvoir, page 30, n» 74, page 67, nM i . Le lutrin de la page 67 est un meuble de bibliothèque, de cabinet de travail, et non de chapelle ni d'église. Le suivant, de la même page 67, n* 13, est un meuble de boudoir : « Un aigle d'argent doré, fait en guise d'un lutrin, tenant en son bec un mirouer, assis sur une roseémaillée de bleu et de rouge, qui fut de feu mons. d'Estampes; et par derrière un escusson de ses armes; et siet sur un pié fait en guise de terrasse; 8 marcs, 3 onces, 5 esterlins».
2. Publié dans la a Collection des Documents inédits sur l'histoire de France », par Géraud.
que le lutrin, en vertu de son étymologie (« légère, » d'où « letris » et « letrin ») , serait spécialement la partie sur laquelle on place le livre de lecture ou de chant.