‹ Annales archéologiques (volume 3)Chapitre 122 sur 240 · CALICE DE COLOGNE. — Xill* SIECLE · texte numérisé non relu

CALICE DE COLOGNE. — Xill* SIECLE

HaOTEOR totale, 90 CENT- — LARGEOR DO PIED, iZ C. — OUVERT. DE L\ CODPE, 11 C — UAUf. DE LA CODPB, 8 C.

La coupe a une forme particulière et qui diffère un peu moins des coupes actuellement en usage que celle des calices du xii* siècle ; elle serait très-acceptable aujourd'hui. La fausse coupe et le pied offrent de ces côles arrondies et convexes que Théophile compare, avec juste raison, à des cuillers, « cochlearia » : « par le repoussé, exécutez sur la coupe des côtes plates ou rondes qui se rangent autour comme des cuillers. L'un et l'autre de ces travaux ornent beaucoup un calice. Si vous voulez nieller les côtes, donnez plus d'épaisseur à l'argent et faites que ces côtes, toujours en nombre égal, soient alternativement dorées et niellées. Après les avoir battues, limez

et raclez-les également. Sur celles que vous voudrez nieller poussez^ en les creusant à gros contour, des feuillages grecs, tandis qu'à, l'intérieur de ces feuilles vous creuserez des cercles déliés et d'un travail. délicat* ».

On croirait que ce calice de'Cçlogne a été godronné au repoussé avec un gros trait de contour extérieur et une ciselure fine au dedans pour dessiner ces rinceaux qui sont grecs, si Ton veut. C'est le texte de Théophile presque complètement réalisé. * • . :

Un autre calice de Cologne, d'une dimension un peu plus forte*, est historié non-seulement à la coupe, mais encore au pied. Au pied, sur quatre médaillons circulaires, s'enlèvent, en bas-reliefs exécutés au repoussé, l'Annonciation, la Nativité, le Crucifiement, la Résurrection. Autour de la coupe, les douze apôtres à mi-corps sont gravés au trait et placés dans de petites arcades romanes comme ceux du calice n* il/i. Le nœud n'est orné que de filigranes.

Mais il y a des calices , surtout en Allemagne , qui sont chargés d'iconographie au pied, au nœud, à la coupe, et cette iconographie déborde même jusque sur la tige.

Le calice, nous le répétons, est l'instrument spécial du sacrifice; par conséquent, tout doit y parler, par la voix de l'histoire ou celle de la symbolique, du sacrifice divin. D'un autre côlé, le moyen âge oppose perpétuellement l'Ancien Testament au Nouveau, pour les compléter l'un par l'autre, et il projette sans cesse la lumière de la réalité ou de l'Évangile sur les ombres de la figure ou de la loi ancienne.

Les calices où se traduisent en émail ce parallélisme et cette concordance des deux Testaments sont assez rares ; mais il en existe encore, et ils n'en sont que plus précieux. Le suivant n'en peut donner qu'une idée imparfaite, mais il servira à faire comprendre la disposition du plus important des calices de ce genre , qui n'a pas péri et dont je ferai une description un peu détaillée.

Au pied , quatre médaillons de sujets do l'Ancien Testament , reliés par les quatre fleuves du Paradis terrestre. Au nœud, petits personnages imberbes

1. « Percute in ventre, si volueris, costas œquales, sivc rotundas, quae stent in circuitu sicut cochicaria; quod opus utrumque magnum ornatum dat calici. Quas costas, si volueris, cum nigello para; hoc procura ut argentum spissius sit, et sic âge ut una costa deauretur et altéra denigretur, quas semper oporlet pares esse. Quas cum percusseris, lima aequaliter et rade, et in iliis quas denigrare vis perlrahe grœca folia et fode grosso tractu, camposque eorum fodies gracilibus circulis et subtili opère. » — « Schedula diversarum artium», par Théophile, liv. ii, chap. xxviî.

2. Hauteur totale, 20 centimètres; diamètre du pied, IG; largeur de la coupe, 44; profondeur do la coupe, 7 cent.

qui semblent être là personnification des vertus. A la coupe, vie et mort du Sauveur reliées par les attributs des Evangélistes. A la patène, l'Agneau triomphant entouré -des grands sacrificateurs.

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