C.AIICE ALLEMAND. — X1I« SIECLE
D*AI»Rirs UNE' CRAVDRE ANCIENNE.
Ainsi, à la base, TAncien Testament; au nœud, la transition entre le monde ancien et le monde moderne ; à la coupe, le Nouveau-Testament; à la patène, la fusion des deux .époques qui ont précédé et suivi la victime sacrée jusqu'à son triomphe dans Je ciel. : »
Le calice, existant aujourd'hui , qui reproduit le mieux cet idéal de l'iconographie, telle que nous. la comprenons, se voit à Hildesheim (royaume de Hanovre), dans l'église S.airit-Mauricé. En voici les dimensions : hauteur, 48 centimètres; diamètre.du pied, 18; 'diamètre de la coupe, 16.
Au pied, les sacrifices et offrandes de l'Ancien Testament. Au nœud, les attributs des evangélistes, entrevus confusément par Ézéchiel et vus directement par saint Jean , transition par conséquent entre l'Ancien Testament et le Nouveau. A la coupe, les douze apôtres en buste, assistant à cette Cène de tous les jours, comme ils assistèrent et participèrent à la dernière Cène du Sauveur*. A la patène, qui n'existe plus ou que je ne connais pas, probablement la passion du Sauveur, suite et consommation de la dernière Cène.
Voilà Tordre des sujets, qui se suivent chronologiquement dans ce calice, comme ils se suivent matériellement, depuis le pied jusqu'à la coupe, et certainement jusqu'à la patène dont la coupe est couronnée. Voyons les délails.
Au pied, quatre médaillons occupés par des sujets.
Dans le premier, Abel , jeune homme imberbe , offre un agneau à Dieu , et Melchisedech , vieux et barbu, élève un calice surmonté d'une hostie. A la bordure de ce médaillon :
+ MELCHISEDECH • VINVM • DAT • ABEL • LIBAMEN • OVINVM •
Dans le second, à l'opposé, Abrp.ham . lève l'épée.pour. sacrifier le jeune
1. C'est la gravure de ce texte du «Lauda Sion Salvatorem » de saint Thomas d'Aquia : a.. • Panis vivus et vitalis... quem in sacrae mehsa cenai turbse fratrum duodenœ datum non ambigitar.»
Isaac. Un ange arrête le bras du père des croyants, et lui montre un bélier pris dans un arbre. A la bordure :
+ PROGENIKH • SA RE • PATER • ARRAU • DESTINAT • ARE ^ •
Dans le troisième , Moïse , pieds nus , montre à un Hébreu imberbe et malade le serpent d'airain accroché sur un pieu en Y. En bordure :
+ QVl • GONTEUPLATVR • ANGVEU • VITE • REPARATVR * •
Dans le quatrième, en face de Moïse, Josué et Caleb, jeunes et imberbes, bâton en main, portent sur leurs épaules la grappe gigantesque de la terre promise. En bordure :
+ BOTRVM • LEGATI • REFERVNT • IN • VECTE • PROBATI •
Dans les quatre angles laissés libres par ces médaillons, un ange à micorps tient la boule du monde à la droite, un sceptre fleuronné à la gauche. L'ange est bien partout ; cependant sa quadruple présence ici , sous la forme d'un souverain, ne s'explique pas aussi bien que les sujets des médaillons relatifs aux sacrifices sanglants et non sanglants, et à la rédemption par le serpent divin et le sang de cette vigne à laquelle le Sauveur est comparé.
Au nœud, les attributs des évangélistes, trop connus pour les décrire. A la coupe , les apôtres , dont deux sont imberbes , tiennent des livres ou des rouleaux et ressemblent aux apôtres également connus.
A la base du pied , cette inscription en doux vers :
+ HOSTIA . XPE • TVI • CALICIS • SIT • SANCTlFtCATIS • GLORIA • SIT • VENU • VIV1S • REQVIES • TVMVLATIS •
u Que l'offrande de ton calice, ô Christ, soit la gloire des sanctifiés, le pardon des vivants, le repos des morts. »
Ce n'est pas une poésie bien harmonieuse de paroles, mais c'est une prière bien noble de sentiments *.
1. Ce sujet est très-fréquent sur les calices. Dans le « Lauda Sion », il est rappelé, avec l'immoation de l'agneau pascal et la manne du désert, comme figure anticipée du fils de Dieu immolé par son père et rachetant de son sang l'humanité perdue :
« In figuris presignatur, Cum Isaac immolatur; Agnus paschae deputatur; Datur manna patribus ».
2. Sur le calice de saint Bernward, également à Hildesheim, ce sujet est entouré de l'inscripion suivante, qui me parait d'un latin médiocre et embarrassé :
+ IN • CRVGE • DVM • PATITVR • HOC • XPC • IN • ANGVE • NOTATVR •
3. A n'en voir que le pied, la lige et le nœud, ce calice serait du xii* siècle; mais la coupe, l'arcature et les apôtres qui le décorent accusent au moins la fin du xiii*. Dans toutes les œuvres de l'Allemagne existe ainsi ce compromis ou plutôt cette incohérence entre deux siècles et deux
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Pour clore ce paragraphe sur les calices, nous donnerons comme un modèle fort simple, très-facile à exécuter et très-convenable pour ceux qui aiment le XV* siècle, ce calice qui appartient à Saint-Géréon de Cologne^. Pas de pierreries, pas d'émaux, pas de sujets historiés; tout au plus quelques filigranes, qui peuvent se remplacer on ne peut mieux par des feuillages tout simplement gravés.