XIX
celui de Saint-Barthélémy de Liège, provenant de Sainte-Marie-aux-Fonts, qui devait être le baptistère ancien, principal et sans doute unique, de la ville de Liège.
Je ne répéterai pas ici la description minutieuse que j'en ai faite dans les « Annales Archéologiques^ » ; je ferai seulement remarquer de nouveau que cette cuve d'airain est portée par les douze bœufs de la mer d'airain du temple de Salomon, et que sur les parois s'enlèvent en fort relief les baptêmes les plus célèbres et les plus anciens. Celui des publicains par saint Jean-Baptiste^ de Jésus-Christ par le même saint Jean, du centurion Cornélius par saint Pierre, et du philosophe Craton par saint Jean-Évangéliste. Le couvercle n'existe plus, par malheur, mais les textes anciens nous apprennent que des prophètes et des apôtres occupaient cette place :
Hoc quod fontes desuper operit Aposlolos et prophotas exeril'.
Ces prophètes devaient être ceux qui ont pressenti le baptême et qui ont énuméré les qualités mystérieuses de l'eau; ces apôtres devaient être les dix autres (puisque saint Pierre et saint Jean sont aux parois de la cuve), qui ont baptisé les diverses nations comme on les a représentés dans les mosaïques du baptistère de Saint-Marc de Venise.
C'est là, assurément, une belle iconographie et parfaitement appropriée à un font baptismal. Cependant il en est une plus belle encore et plus complète, qui compose ou couvre la base, la cuve et le couvercle du font baptismal de Ilildesheim, dont nous donnons une petite représentation.
En hauteur totale, base, cuve et couvercle , il mesure deux mètres ; il a un mètre d'ouverture à la bouche de la cuve. Il date du second ou troisième tiers du xiii* siècle, cette époque souveraine pour l'art dans le monde entier.
La forme générale en est d'une rare beauté; mais l'iconographie symbolique, dont les supports de la base, le ventre de la cuve et les pentes du couvercle sont animés, va de pair avec tous les monuments du xiir siècle*.
Trois étages de construction : base , cuve et couvercle. Trois étages de