‹ Annales archéologiques (volume 3)Chapitre 150 sur 240 · Font de Stanton Fitz Warren (Wiltshire · texte numérisé non relu

Font de Stanton Fitz Warren (Wiltshire

4. Voir tous les fonts anglais dans les a Baptismal Fonts », par Paley, in-8', Londres, 1844.

5. Puisque je ne fais pas une monographie des fonts baptismaux , il est assez inutile que je donne la liste de tous les fonts, môme en métal, qui peuvent encore exister. Je demande cependant à mentionner un font en bronze, qu'on voit aujourd'hui dans le Musée d'antiquités de Bruxelles et qui porte la date de il49. Le pied et le couvercle n'existent plus, mais la cuve est entière et, dans une série de quatorze arcades, on voit, sculpté en relief : Jésus baptisé, Jésus crucifié, Jésus glorifié, les quatre évangélistes, les apôtres saint Pierre et saint André, l'évoque saint Germain. A la lèvre de la cuve, on lit :

CHRISTVS FONS VITE FONTEM SIC CONDIDIT ISTVM VT NISI PER MEDIVH MISERI REDEAMVS AD IPSVM

Au filet qui sert de base à l'arcature :

VERRO AGCEDENTB AD ELEMENTVM FIDEI SACRAMENTVM.

Enfin, sur des bandes verticales qui divisent en quatre parties la base de la cuve :

graphie parcimonieuse ou banale , et je louerai particulièrement le font baptismal, en marbre blanc d'un seul bloc, sculpté dans le baptistère de Florence par un élève de Donatello, en 1470.

Ce font est hexagone et sur chaque face est sculpté un baptême avec une inscription qui nomme chaque scène spéciale.

CHRISTVS BAPTISAT lOIIANNEM. — lOHANNES BAPTISAT POPVLUM. — lOHANNES BAPTISAT CHRIS- TVM. — CHRISTVS BAPTISAT APOSTOLOS. — S. SILVESTER BAPTISAT CONSTANTIN VM. — SACERD08 BAPTISAT PVEROS.

Je ne savais pas que le Sauveur eût baptisé saint Jean. Si j'ai bien lu, je comprendrais que le Christ ou plutôt Dieu a transmis à saint Jean le pouvoir de baptiser, et alors j'expliquerais ainsi ces inscriptions:

Dieu baptise Jean, Jean baptise le peuple, Jean baptise le Christ, le Christ baptise les apôtres, saint Silvestre (homme apostolique) baptise Constantin, le prêtre baptise les enfants.

C'est presque une généalogie du baptême et une transmission chronologique du pouvoir baptismal : « Dieu baptise Jean, qui baptise le Christ, qui baptise les apôtres, qui baptisent les nations, etc. » Malheureusement, cette cuve est endommagée : les inscriptions et les sujets sont mutilés, difficiles à lire et assez difficiles à voir. Quoiqu'il en soit, dans la cathédrale d'un grand pays, comme celle de Paris, par exemple, on pourrait mettre à profit cette idée et représenter chronologiquement, sur le font baptismal, les plus fameux baptêmes du monde. Si, en Italie, on a représenté le baptême de Constantin, en France, il faudrait y ajouter celui de Clovis.

XVllL -^ VASES AUX SAINTES HUILES.

A l'entrée, au milieu et à la sortie de ce monde, c'est-à-dire au baptême, à la confirmation et à l'extrême-onction , l'église assouplit, fortifie et ranime les membres de ses fidèles en les frottant d'huile , comme on frottait autrefois les athlètes qui se préparaient au combat.

Cette huile bénite étant destinée aux trois termes delà vie humaine, au

ANNO DOMINICE INCARNATIONIS M C QVADRAGESIMO NONO REGNANTE CONRADO EPISGOPO HEN- RIGO 11 DE DIONANTE MARCHIONE SEPTENNI GODEFRIDO.

Il est donc à peu près certain que c'est à Dinant, si célèbre par la batterie de cuivre ^ laquelle même elle a donné son nom (la dinanderie), que ce font, assez laid du reste, a été exécuté en 4449. M. Ar. Schaepkens a décrit et gravé cet objet curieux dans son « Trésor de l'art ancien en Belgique », p. 8, pi. v.

début, au. milieu et à la fin de la carrière, est de trois espèces. Pour le nouveau-né ou le nouveau baptisé, c'est l'huile des catéchumènes; pour l'homme fait, c'-est le saint chrême; pour l'agonisant, c'est l'huile des infirmes.

On la renferme, aujourd'hui et depuis bien longtemps, dans un vase unique, mais muni de trois compartiments. Chaque compartiment est aflecté à Tune des trois espèces d'huiles. La forme, qui s'est naturellement présentée pour contenir ensemble et loger à part ces huiles saintes, est celle d'un faisceau de trois tourelles. Trois petites tours collées, pour ainsi dire, à un noyau central, qui peut être un triangle ou une tour plus grosse, telle est la construction ordinaire des vases de ce genre.

Les textes anciens accusent suffisamment cette forme :

En 1295. — « Très ampullae argenteaî, cum crismate et oleo^ »

En 1404. — « Ung cresmier d'argent véré , à trois estuis, pour mettre le saint cresme, 2 marcs, 5 onces, 10 esterlins 2. »

En 1492. — « Ung cresmeau à trois tourelles, dont le pié est en faconde boette pour mettre pain à chanter*. »

Mais le texte le plus important pour nous, à cause de ses détails techniques, est celui de l'inventaire du trésor de la cathédrale de Laon, dressé en 1523 :

« Tria vasa magna argentea facta instar phialarum. In quarum prima solet poni sacrum chrisma ; in secunda, sacrum oleum (catechumenorum) , et in tertiaoleum infirmorum. Et soient recludi in armario quod est juxta piscinam* Et in summitate operculi cujuslibet est fragum deauratum, ac super predictum operculum scriptum quid in singulis vasis contineatur. Super autem pedem cujuslibet sunt insignia. In quolibet illorum vasorum est longa virga argentea in more cochlearis facla ad extrahendum liquorem ex eis ^. »

« Trois grands vases d'argent, en forme de fioles. Dans le premier, a coutume d'être déposé le saint chrême; dans le second, l'huile sacrée (des catéchumènes) ; dans le troisième, l'huile des infirmes. Ces vases sont ordinairement renfermés dans l'armoire contiguë à la piscine. Au sommet du couvercle de chacun d'eux est un bouton doré; sur ce couvercle est écrit ce que chaque vase contient ; sur le pied sont des armoiries. Dans chaque vase est une longue verge d'argent, en forme de cuiller, faite pour en extraire la liqueur. »

1. « Inventaire de Saint- Paul de Londres », dans le « Monasticon anglicanum » de Dugdale.

2. «Description du trésor de la Sainte -Chapelle de Bourges », par M. Hiver de Beauvoir, p. 67, n* 42.

3. « Inventaire nécrol. de Paris », cité par M. de Laborde; « Notice des émaux du Louvre », 2« partie, « Glossaire », p. 233, au mot « Cresme ».

4. a Inventaire du trésor de la cathédrale de Laon », par Ed. Fleury, p. 47.

Les personnes habituées à Ticonographie byzantine connaissent fort bien cette verge, en forme de spatule, destinée à extraire d'une boîte carrée les onguents que les saints médecins, comme saint Côme et saint Damien, portent constamment avec eux, car c'est leur attribut spécial. Si, pour prévenir toute erreur, on écrit A sur la burette à l'eau et V sur la burette au vin, à plus forte raison, pour ne pas confondre les trois espèces d'huiles, faut-il marquer d'un signe chaque flacon spécial. L'usage de placer ces trois vases dans Tarmoire pratiquée près de la piscine est bon à noter. Souvent la piscine est au côté sud de l'autel, et l'armoire au côté nord, comme la Sainte-Chapelle de Paris en offre un si bel exemple.

Comme chacune des trois huiles ne sert pas dans les mêmes cérémonies, et comme on doit souvent porter au loin l'huile des malades, il a fallu chercher le moyen de détacher chaque vase pour le sacrement spécial où il doit servir, tout en le renfermant ensuite dans une enveloppe qui les contient tous trois. Les trois tourelles, en effet, sont attachées à un noyau et ne forment qu'un tout avec lui ; mais chaque tourelle contient une petite fiole mobile qu'on enlève et qu'on replace à volonté.

Dernièrement j'ai acheté à Paderborn un vase aux saintes huiles dont voici le dessin :

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