‹ Annales archéologiques (volume 3)Chapitre 180 sur 240 · I. — PORTES DE TABERNACLES · texte numérisé non relu

I. — PORTES DE TABERNACLES

D'une part les ecclésiastiques, de l'autre les orfèvres et les bronziers réclament instamment des portes et des tabernacles en style du moyen âge. Nous Tavons dit plusieurs fois, rien n'est plus rare qu'un ancien tabernacle, et par conséquent rien n'est plus rare qu'une porte destinée à le fermer. Mais un tabernacle , par sa forme ou sa destination , étant fort analogue à une châsse, à un reliquaire , et même à un missel, la couverture d*un livre liturgique ou d'un reliquaire, et surtout la porte d'une châsse, peuvent servir de modèles pour le clore.

Entre le tabernacle et le reliquaire l'analogie est si frappante, que Guillaume Durand, comme nous Tavons dit tout récemment, confond l'un et l'autre : « Sur l'autel on.place le tabernacle où sont déposés le corps du Seigneur et les reliques* ». Un livre liturgique contient la parole de Dieu et le tabernacle renferme l'auteur même de cette parole; c'est donc une autre analogie qui confine à l'identité, et qui permet d'emprunter au livre sa couverture pour en abriter et en fermer le tabernacle.

Autorisé par ces relations si manifestes , par ces rapprochements si légitimes , nous avons déjà proposé comme modèles de portes pour un tabernacle la couverture d'un évangéliaire de Cologne* et celle d'un reliquaire de Trêves*. Ce magnifique reliquaire de l'église Saint -Mathias, à Trêves, nous apporte aujourd'hui la partie antérieure de sa couverture, celle qui renferme les reliques et la plus précieuse de toutes, le bois de la croix. Jetez les yeux sur la gravure placée en tête de cet article, et dites si vous connaissez une œuvre

4 . « Super altare collocatur arca seu tabernaculum in quo corpus Domini et relîquias ponuntur ». ^ G. Durand, c Ration, div. offic. », livre i, chap. ii.

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