DE L'ÉGLISE SAINT-JEAN-DU-DOIGT
Forcé, il y a quelques années, d'aller passer tout un été au bord de la mer, j'avais fui loin des bains à la mode l'ennui de retrouver le monde de Paris en province, et j'étais venu m'établir avec les miens au « fin fond » de la Bretagne, sur la plage de Plougasnou. Nous étions à peine installés, que la fête de la Saint-Jean nous conduisait dans un village qui s'élève à quelque distance, au fond de la vallée au débouché de laquelle s'arrondit l'anse où nous passions nos journées à nous saler d'importance. Ce village était celui de Saint-Jean-du-Doigt, qui a reçu ce nom et ce surnom parce qu'il possède la phalange de l'un des doigts de saint Jean-Baptiste.
Cette relique qui fut rapportée d'une abbaye de Normandie, en 1447, par un jeune gars de Plougasnou, avait été l'occasion de la fondation de l'église et la cause de nombreux pèlerinages dont le « pardon » de la Saint-Jean est aujourd'hui le souvenir *.
4 . Nous copions, dans Albert le Grand, qui la raconte dans les « Vies des saints de Bretagne », la légende de Saint-Jean-du-Doigt Nous ne nous sommes permis que de simples coupures qui n'altèrent en rien la bonhomie que montre en son récit, fait en 1636, le naïf dominicain de Morlaix.
« Sigebert en son «Chronicon » sur l'an 513, et saint Grégoire de Tours, livre i*' de la « Gloire des Martyrs », cb. xiv, disent que le pouce de saint Jean fut apporté par une femme à Saint-Jean-de-Maurienne en Savoye, et les Malthois disent posséder en leur lie le doigt duquel le glorieux Précurseur montra le Sauveur lorsqu'il dist « voilà l'agneau de Dieu, voicy celuy qui oste a les péchez du monde », et nos Bretons armoricains de la paroisse de Plougaznou assurent qu'ils ont le môme doigt dont Jésus-Christ fut montré, lequel se garde révéremment en l'église de Saint- Jean a Traoun-Meriadec », dite communément « Sain^-Jean-ar-Bis», c'est-à-dire SaintrJean-du- Doigt.
« Dieu ayant envoyé une pluie extraordinaire pour éteindre le feu dans lequel les païens ( par Tordre de Julien l'Apostat) avoient jeté le corps de saint Jean, ses reliques furent incontinent
:aL]^^E
;:OiNNF: FAR
s-^v^EAN DU'DOJOT