ANGE « CANÉPIIORK ». — XII* SIÈCLE
DU TRÉSOR DE GRANDIIONT. — AUJOURD'HUI ▲ SAIKT-SULPICE-LES-FEUILLES (HAUTE- VIEKKB). - HAUTEOR TOTALE, 26 CENT.
Les reliques les plus insignes sont celles qui viennent de Notre- Seigneur : la chair, le sang, les larmes, les cheveux du Sauveur ont été recueillis avec piété et placés dans les plus riches reliquaires. La chair à l'ab-
que nous avons fait exécuter notre petite gravure. L'inscription transcrite plus haut, nous r avons relevée sur un estampage en papier que M. H. Brécy, architecte à Montauban, avait eu Tobligeance de nous envoyer en janvier 1856. M. Jouglar donne à ce reliquaire le nom de Sainte- Épine, parce que des épines de la couronne de Jésus-Christ sont les premières reliques notées dans l'inscription ; nous l'appelons de la Sainte-Couronne, pour ne pas le confondre avec un autre reliquaire de la Sainte-Épine, que nous offrirons plus loin, et qui est trop connu ainsi pour qu'on lui enlève ce nom.
4. M. l'abbé Tbxier, a Dictionnaire d'orfèvrerie chrétienne i», in-B*', colonne 868. XIX. &
baye de Charroux * , le saint sang à Bruges et dans mille endroits, les larmes à Vendôme, les cheveux ou les poils de la barbe dans le monde entier 2. Puis les vêtements du Sauveur : sa robe sans couture, sa ceinture de cuir. Puis tout ce qui, à la Passion, a touché son corps divin ou servi à son supplice.
Si j'en avais le temps, je voudrais faire Thistoire chronologique de la naissance , de la vie, des miracles , de la mort et de la résurrection du Sauveur, uniquement en décrivant et dessinant les objets matériels qui rappellent ces phases différentes de la vie divine et les reliquaires où ces objets sont contenus. Ainsi, à la Nativité, la crèche, les langes, le berceau, le foin de Tétable ^. A l'adoration des mages, l'or, la myrrhe et l'encens ^. Puis la robe sans couture et la ceinture de cuir qui la serrait à la taille ^. La chair de la circoncision ^. L'âne de la fuite en Egypte ^. Au baptême, l'eau du Jourdain. Les pierres de la tentation. Les urnes, si célèbres et si nombreuses, qui servirent aux noces de Cana. Le fouet qui chassa les vendeurs du temple. La pierre du puits où Jésus s'appuya
4. Le reliquaire en a été trouvé en 1856, caché, depuis la révolution de 1793, dans la maçonnerie d'une arcade du cloître. « Bulletin de la Société des antiquaires de l'Ouest », année 1857, notice de JVI. A. Brouillet sur les reliquaires de Ctiarroux.
2. Le reliquaire tarré, no 29, que nous appelons de Tous-les-SainLs, contient, en tète de toutes les autres reliques : quidam pilus domixi.
3. A Sainte-Marie-Majeure, h Rome, est honorée particuiièrement la crèche et parmi les reliques est conservé du foin de l'étable où naquit Jésus. « Voir l'a Année liturgique à Rome», par l'abbé X. Barbier de Montault, Paris, 1857. Dans ce petit ouvrage, si rempli de faits, sont mentionnées les reliques innombrables que Rome possède, et l'on peut dire qu'elle a, soit en entier, soit par fragments, toutes les reliques de l'univers : Rome est la source d'où se sont répandues dans le monde les reliques de tous les saints.
4. Au couvent de Saint-Paul, dans le mont Athos, on m'a montré, distribués dans douze petits reliquaires en Oligranes d'or, soixante-douze grains d'encens et de myrrhe pétris ensemble et donnés au couvent, à ce que l'on dit, par Constantin le Grand. L'or dont les reliquaires sont faits serait celui-là môme que les mages offrirent à l'enfant Jésus.
5. Celle ceinture est en grande vénération dans le trésor d'Aix-la-Chapelle; la monstrance où elle est renfermée est scellée du sceau de Constantin le Grand. Quant à la robe sans couture, elle est à la cathédrale de Trêves et, en partie du moins ou en copie, dans l'église d'Argonteuil, près Paris. •
6. Celle-là même qui fut trouvée dans le cloître abbatial de Charroux en 4856.
7. Il était tout entier, dit-on, et il serait encore à Santa-Maria-in-Organo de Vérone. On en aurait enfermé le cadavre dans une forme en bois, revêtue de métal ciselé et gravé. Quelques parcelles de cet animal, si injustement ridiculisé, auraient été distribuées en divers endroits. Je ne serais pas étonné que le groupe de la fuite en Egypte, qui se voit dans la sacristie de l'église de Saint-Esprit, faubourg de Rayonne, et dont l'âne est de grandeur naturelle, ne re^ifermât quelque partie détachée de l'âne recueilli et honoré à Vérone.
en parlant à la Samaritaine. La barque d'où la tempête fut apaisée. Les parfums de Madeleine. Les épis rompus le jour du sabbat. Quelques objets de la maison de Marthe et Marie et de celle de Zachée. Pierres du tombeau de Lazare et larmes versées sur cet ami qui venait de mourir *. Palmes de Tenlrée triomphante à Jérusalem. Table de la Cène ^. Le vase sacré de la Cène, le célèbre Saint-GraaI. Le linge dont Jésus essuya les pieds de ses apôtres*. Les trente pièces d'argent de la trahison. La pierre de l'agonie au jardin des Oliviers. Oliviers du jardin de Gethsémani. Fouet et colonne de la flagellation^. Couronne d'épines, sceptre de roseau, manteau de pourpre. La croix. La sainte face. Les clous, le marteau, l'éponge, la lance, les dés, les tenailles, le suaire, les parfums, la pierre du sépulcre. La bêche du divin jardinier apparaissant à Madeleine. La maison d'Emmaûs. Le rocher de la montagne de l'Ascension, d'où le Dieu-Homme remonta au ciel ^.
Toutes ces choses et bien d'autres, rappelant la vie mortelle du Sauveur, ont été émiettées, pour ainsi dire, et placées dans des reliquaires de la plus grande richesse, du plus bel art et de la plus infinie variété.
Une publication qui se ferait, en texte et dessins, sur ce sujet unique, une monographie des reliques et des reliquaires relatifs au Sauveur serait assurément des plus originales et aurait un très-grand succès. A côté de l'intérêt se placerait l'utilité, car un grand nombre de ces beaux reliquaires pourrait et devrait se reproduire aujourd'hui. Évidemment Fart et la piété y gagneraient beaucoup.
Un des plus beaux reliquaires consacrés aux épines de la couronne du
i . C'était l'une de ces larmes que Vendôme honorait particulièment. — « Un lampier d'argent, pesant xhj marcs, iv onces et demy, que le roy a donné à l'église de la Trinité de Vendosme pourestre mis devant la Sainte-Larme ». Comptes royaux, année 1472, extrait donné par M. le comte de Labordo, « Notice des émaux du Louvre », deuxième partie, Documents et Glossaire, page 364.
2. A Saint-Jean-Kle-Latran. Elle est en bois de cèdre et en deux panneaux dont chacuq a 60<^ de longueur et 1"Î0 de largeur. Je l'ai mesurée moi-même avec mon mètre. Il paraît qu'elle était autrefois entièrement revêtue d'argent.
3. Dans la basilique de Sainl^Jean-de-Latran. Voir l'abbé Barbier de Montault, a l'Année liturgique k Rome ». Paris, 1857, page 190.
4. Celte colonne est aujourd'hui dans une chapelle spéciale de Sainte-Praxède^ à Rome. Elle est en jaspe fleuri, fort basse et posée sur une base très-large. Au-dessus de l'entrée de cette chapelle on lit : « In questa santa cappella non possono entrar le donne sotto pena di scomunica». Pourquoi cette interdiction? Je l'ignore complètement.
5. Dans les inventaires des trésors de nos églises, surtout dans « l'Année liturgique à Rome », de M. Barbier de Montault, on trouve la mention de toutes ces reliques et de bien d'autres encore relatives à Jésus-Christ.
iù ANNALES ARCHÉOLOGIQUES.
martyr divin est celui d'Arras, que M. Charles de Linas et M. l'abbé Lequette nous ont fait connaître, qui appartient à une communauté de religieuses et dont voici le dessin :