‹ Annales archéologiques (volume 3)Chapitre 34 sur 240 · XIX · texte numérisé non relu

XIX

en 1605 et 1675. Sur un tombeau de pierre, exécuté dans les premières années du xv* siècle, on lisait :

In boc sarcophago

lacent Sidrac, Misac, Abdenago

Igné usti ut pelago

Qvos Persarvm rex Senonas

Transferri ivssit Lingonas

Ad depellendvm demonas.

Le roi François P' et la reine Claude de France, Charles IX et Louis XIII ont honoré ces reliques dans la cathédrale de Langres. François P% ayant même attribué à leur vertu le fils que lui donna la reine Claude, nomma cet enfant, qui mourut tout jeune, Charles Abdenago ^

Les derniers saints de l'Ancien Testanient dont on ait des reUques, sont les saints Innocents, les rois Mages et saint Jean-Baptiste.

Avec le Précurseur, nous passons du judaïsme au christianisme, et, dans la disposition des- reliques, du côté gauche au côté droit.

A droite^ c'est la religion chrétienne et ses innombrables saints qui remplissent les casiers à reliques. Ces reliques s'ordonnent suivant l'ordre chronologique, depuis saint Jean-Baptiste et la sainte Vierge jusqu'à sainte Jeanne de Chantai et saint Vincent de Paul.

Au centre de ce grand casier, c'est, pour ainsi dire, le rendez-vous de l'Ancien et du Nouveau Testament ; mais les places les plus nombreuses et les plus honorables appartiennent au christianisme. Par la disposition des reliques, on simule le jugement dernier, comme sur la porte centrale des portails ou dans les rosaces en verres peints de nos grandes cathédrales.

Au milieu, le Christ sur son trône de juge, figuré par quelqu'une de ses reliques et surtout par le bois de la vraie croix. A ses côtés, à gauche, saint Jean évangéliste qui assista au supplice de la croix et qui doit spécialement assister au triomphe; à droite, la sainte Vierge; puis les divers anges porteurs des instruments de la Passion. C'est là qu'on doit mettre des parcelles de ces reliques insignes que possédait notre Sainte-Chapelle : couronne d'épines, clous, éponge, fer de lance. Puis, au premier cordon de circonférence, les neuf chœurs des anges, représentés par les reliques attribuées à ceux qui ont pris

4. Voir, sur tous ces faits, les divers historiens de la ville et du diocèse de Langres. Les trois jeunes Babyloniens y étaient appelés aussi les benedicite, parce que, dans leur fournaise, ils avaient chanté le fameux cantique rempli de ce mot. Au-dessus de leur tombeau de pierre, placé devant le mattre-autel de la cathédrale do Langres, était étendue une « lame » de cuivre sur laquelle gisaient, en relief et en bronze, les trois statues des enfants.

quelquefois la figure humaine comme l'ont prise les trois archanges, Gabriel, Raphaël, Michel. Au deuxième cordon, à gauche du Christ, les douze enfants d'Israël ou les douze tribus; à droite, les douze apôtres, assesseurs du souverain juge. Au troisième cordon, les martyrs; au quatrième, les confesseurs; au cinquième, les docteurs; au sixième, les vierges; au septième, les saints continents et les saintes veuves.

Une cathédrale riche en reliques peut avoir des parcelles plus ou moins nombreuses de ces divers ordres de saints, et l'on comprend que la variété des reliquaires que nous venons de cataloguer n'est pas trop grande pour toutes ces reliques du monde antérieur, contemporain et postérieur à Jésus-Christ.

Lorsque ce vaste casier à trois compartiments est ainsi occupé, il s'agit d'honorer toutes ces reliques devant lesquelles vont s'accomplir les offices. On commence par placer les chandeliers et par allumer les cierges, car l'éclairage est un des modes principaux de l'honneur liturgique. Nous allons donc proposer quelques modèles de chandeliers, comme nous avons proposé divers modèles de reliquaires.

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