SUR UN ANCIEN TABLEAU. A LA CATHÉDRALE UARRAS
Non-seulement les anges qui portent les instruments de la Passion devaient être en métal, en bronze ou en argent, mais les colonnes elles-mêmes pouvaient être coulées en bronze *. Quant à la crosse ou double volute, de laquelle
1. Autour de l'autel qu'il a fait exécuter pour la cathédrale de Clermont-Ferrand, M. Violletle-Duc a fixé ainsi des colonnes en nr.élal supportant des angos en métal également. Ce système, d'une richesse si grande et d'un éclat plus grand encore, est tout à fait conforme à l'esprit du
s'échappe le petit ange qui tient la suspension, elle est assurément en bronze ou au moins en fer forgé. Cette suspension, en forme de tour ou d'extrémité de clocher, est une œuvre d'orfèvrerie du même ordre que les nombreux reliquaires posés sur la table de l'autel et alignés sur la tranche du retable. Le « chef», assis sur la table et porté par deux petits anges agenouillés, doit être celui de saint Waast, apôtre et évoque d'Arras. Les autres reliquaires sont d'une forme assez variée, et que nous retrouverons dans ceux qui vont passer successivement sous nos yeux. Tout au sommet de l'édicule, auquel est accrochée la suspension de la réserve eucharistique, est plantée la croix à laquelle Jésus est attaché entre trois anges qui recueillent le sang divin, et Marie et saint Jean qui assistent à l'agonie du Sauveur. Cte petit groupe de six personnages était en métal, à n'en pas douter, comme il en existe encore bien des exemples. Nous engageons les architectes gothiques à méditer et scruter toutes les parties, même les moins visibles, qui constituent cet autel d'Arras : sauf les chandeliers et les vases sacrés, il y a là tous les éléments des autels de nos cathédrales du xiii* siècle.
De cet ensemble, passons aux détails.