AUTEL DE BALE, EN OR. — XI« OU XII* SIECLE
AU rniSÉB DE L'HOTEL DE CLONY. — LOKC, 1m82; HAUT., |m|3.
11 y a d'autres autels en métal, bien plus célèbres et bien plus riches encore que celui de Bâle : le « Paliotto » de Saint-Ambroise de Milan, la « Palla-d'Oro » de Saint-Marc de Venise, la « Palla-d'Oro » d'Aix-la-Chapelle, dont il ne reste plus que dix-sept bas-reliefs en or repoussé 2. Je ne parle ni de Tautel de Pistoja^ ni de l'autel Saint-Jean à Florence, ni d'un autre autel de Saint -Marc de Venise, parce qu'ils datent d'une époque trop récente, des xiv* et xv* siècles. Du reste, tous trois sont en argent et d'une très-grande valeur; d'ailleurs encore, si l'on voulait en exécuter de ce style, il serait nécessaire d'aller s'y inspirer.
Aux xii'' et xiii" siècles, ce n'est pas seulement le devant de l'autel que l'on décore; on en pare surtout le dessus, puis le retable, puis la tranche même du retable, et enfin tout ce qui l'environne.
Sur le dessus de l'autel, la table proprement dite, on pose les chandeliers
4. M. W. Wackernagel a publié dans les « Mittheilungen der Gesellschaft fur vaterlaendischc AlterlhiJmer in Basel » ( Bàlo, 1857, in-i"), un mémoire sur cet autel. ABàle, MM. Wackernagel et Ch. Riggenbach sont persuadés que Tautel est bien du xi*" siècle. En Prusse, Kugler, et en Autriche, M. G. Heider, l'assignent au commencement du xiii" siècle. Entre ces deux époques, nous pencherions volontiers pour le xii* siècle, car le roman est très-nettement accusé sur ce monument.
2. Je possède le moulage en plâtre de ces bas-reliefs, infiniment curieux, qui représentent la vie, la mort et la résurrection de Jésus-Christ, et enfln le Sauveur (imberbe) dans sa gloire entre la sainte Vierge, saint Michel et les quatre attributs des évangélistes. Il paraît que l'empereur Henri II, donateur, à ce qu'on assure, de l'autel, de Bàle, aurait également donné cet autel d'or à Aix-la-Chapelle. Mais celui d'Aix, d'alleurs plus riche et plus intéressant que rautel de Bàle, est aussi plus ancien de cent ans peut-être. En conséquence, en assignant le commencement du XI" siècle à l'autel d'Aix, il faudrait avancer jusqu'au xii* celui de Bàle.
et les vases sacrés ; au retable, on représente en relief ou en peinture les 'scènes principales de la Passion ou de la vie du patron dont l'autel porte le vocable; sur la tranche, on aligne les reliquaires; du milieu de cette tranche part une petite construction, pilastre, faisceau de colonnes, clocheton, où Ton suspend la réserve et que Ton surmonte du crucifix. Autour de l'autel on plante des colonnes où se dressent des anges qui tiennent soit des candélabres, soit les instruments de la Passion. Tout cela, chandeliers, candélabres, vases sacrés, bas-reliefs, reliquaires, tabernacle et réserve, crucifix et anges, s'exécute en bronze, en argent, en or, en métal fondu ou battu.
Le ïf 4, réduction d'un autel de l'ancienne cathédrale d'Àrras, tel qu'il est peint sur un vieux tableau, offre l'exemple le plus complet d'un autel ainsi paré et meublé.