CROIX ÉMAILLÉE, DU XII* SIECLE
PROVIEKT DU LIMOUSIK; EST AOJOORD'BUI E» RUSSIE. — HAUT., 57 CENT.: LARG., 34 CERT.
d'hui le musée précieux de M. le comte Ouvaroff, curateur de l'Université de Moscou.
Au centre des branches, Jésus, triomphant sur l'instrument de son supplice, a les jambes plongées dans les nuages ; il bénit de la main droite, il tient de la main gauche le livre des Évangiles. A droite et à gauche de son nimbe
crucifère resplendissent l'A et Tn du Créateur et du dernier Juge de ce monde. Des anges d'émail colorent les branches de la croix dont les quatre extrémités sont occupées par les quatre attributs des Évangélistes.
A cette croix sans pied nous ajoutons, plus bas, un pied sans croix. La croix que nous y avons fixée a été composée par M. Gaucherel, pour montrer l'effet que peut produire l'objet complet. Notre Crucifix y est habillé, d'après un très-beau modèle en émail du \iV siècle, que possède M. Arondel et que M. Darcel nous a dessiné. Nous le dirons nettenient, ces Crucifix habillés sont bien plus nobles que les Crucifix à peine protégés par une étroite et mauvaise draperie. Le nu est beau, mais à sa place, chez les païens surtout, et il a fallu oublier le sens et le goût de l'art chrétien pour se donner le plaisir d'exécuter, comme aux xv% xvi% xvii* et surtout xviii* siècles, des Crucifix à peu près nus. Il ne tiendra pas à nous qu'on ne revienne aux Christ anciens, longuement vêtus, attachés à quatre clous et non à trois seulement, les bras horizontaux et non en V. Déjà nous en avons fait exécuter un modèle en bronze pour l'attacher sur une croix du xii* siècle.
Le pied de croix du n* 69 appartient à l'église Saint-Michel de Lùnebourg, au royaume de Hanovre. On l'attribue au x" siècle; il n'est pas, à notre avis, antérieur à la fin du XIl^ 11 offre de l'analogie avec celui de Saint-Omer. Sur les quatres serres d'aigle qui en forment le pied, sont assis les quatre Évangélistes qui écrivent, comme à Saint-Omer, les textes de la naissance,* de la vie, de la mort et de la résurrection du Sauveur. Seulement ils montrent leur dos et non, comme à Saint-Omer, le devant de leur corps aux spectateurs, et ce mouvement est moins heureux que le nôtre. Au socle, entre les archanges qui montrent et soutiennent la tige de la croix, une petite figure, celle d'Adam, ressuscite et sort du tombeau. Sous cet Adam, on lit :