‹ Annales archéologiques (volume 3)Chapitre 90 sur 240 · ENCENSOIR DES SACRIFICES. — XII® SIECLE · texte numérisé non relu

ENCENSOIR DES SACRIFICES. — XII® SIECLE

AU MUSÉE DE LA CATHÉDRALE DE TRÀYES. — HAUTEUR, 25 CENT., DIAMÈTRE, li CENT.

Comme on le voit, c'est d'une iconographie compliquée; mais l'encensoir fondu de Théophile est moins simple encore. Dans les couronnes ardentes qui se développent sur une circonférence de quinze et vingt mètres, on a essayé de figurer la Jérusalem céleste, et Ton n'y a pas trop mal réussi ; mais dans un petit objet, comme un encensoir, on a voulu exécuter la même représentation, et il a fallu par conséquent ramasser une foule de figures dans un espace fort resserré. Cette Jérusalem fut un idéal qui tourmenta constamment le moyen âge ; les grands artistes des cathédrales, comme les artistes moyens ou petits des couronnes et des encensoirs, n'ont pas pu se soustraire à cette obsession et, malgré l'insuccès ou la réussite incomplète, il faut les en remercier : ils portaient haut cet idéal qui leur a fait exécuter des œuvres très-importantes.

Surmontez l'encensoir de Trêves n" 88 du sommet en forme de ville forte et de donjon si bien accusés au n° 87, et vous aurez dans sa forme essentielle l'encensoir fondu décrit au long par Théophile *. Dans le bas, comme au n** 88, Vertus sous la forme de femmes à mi-corps. Plus haut, contre les quatre parois de la cassolette, les douze prophètes disposés trois par trois. Au couvercle, les douze apôtres assortis aux prophètes et disposés de même dans des arcades surmontées d'un tympan. Au milieu de chaque tympan, une des douze pierres précieuses désignées dans l'Apocalypse. Près de ces pierres, une ouverture, douze en tout, pour exprimer le symbole de la Jérusalem que vit saint Jean

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