‹ Annales archéologiques (volume 3)Chapitre 92 sur 240 · ENCENSOIR AUX ANGES. — FIN DU XVI« SIECLE · texte numérisé non relu

ENCENSOIR AUX ANGES. — FIN DU XVI« SIECLE

PROVENA.NCE IKCONNCB.

Les navettes destinées à contenir de l'encens et les petites cuillers avec lesquelles on prend cet encens ne sont pas d'une forme très -variée. La navette ressemble plus ou moins ù une petite barque, mais à une barque élevée sur un pied et fermée par un couvercle dont une moitié reste ordinairement fixe, tandis que l'autre moitié s'ouvre et se ferme à la volonté du preneur d'encens. Un bouton ou le col d'un petit animal permet de saisir facilement cette partie mobile du couvercle.

NAVETTE A ENCENS, ÉMAILLÉE ET CISELÉE. — XIII* SIECLE. 91. — CORPS DE LA NAVETTE. 92. — COUVERCLE.

AD MUSÉE DE RODEZ. — LONCUEl'R, li CENT., LARCBOR, 7 CENT.

Cette forme de navette n'est peut-être pas antérieure au xu* siècle; mais, à partir de cette époque jusqu'à la nôtre, elle a régné partout, sans modifications essentielles. Déjà le nom de navette, qui emporte avec lui la forme de nacelle, existe au commencement du xin* siècle, et M. A. Darcel l'a cité * d'après un inventaire de la cathédrale de Salisbury : — « Thuribula iij argent, cum nacella argentea ad thus. »

1. « Annales Archéologiques », vol. xiv, page 26i, article « Na\ elles à encens ».

Les anges émailles sur le couvercle se voient assez fréquemment : « Une navette dorée à mettre encens et est esmaillée à angeloz et poise ij marcs *. » Quelquefois on les remplace par ces petits dragons enroulés sur eux-mêmes, qui servent de boutons au couvercle, comme ix une navette allemande du XIII* siècle, que nous venons de^faire fondre d'après-un moulage.

Le duc Jean de Berry, qui avait pour devise « Orsine » et pour « rébus » un ours et un cygne, donna à la Sainte-Chapelle de Bourges une navette d'or qui rappelait cette fantaisie : — « Une navette d'or qui siet sur un ours, et dessus ladite navette a un cygne émaillié de blanc, et tient ledit cygne avec le bec un escuçon.aux armes dudit seigneur. Pesant, avec la cuillère, l\ marcs, 2 onces, 5 esterlins 2. »

Les cuillers à prendre l'encens, dont il est fait mention ici, sont devenues bien plus rares que les encensoirs; je ne sais même pas s'il en existe encore un exemple ancien. Dans. cette pénurie, M. Dareel nous en a composé une dont Textrémité finit en tête de serpent, en petite « gargoule » comme l'appelle r « Inventaire de Charles V, de Tan 13S0, cité par M. de Laborde dans l'ouvrage cité ci-dessus, « Notice des émaux du Louvre » : — « Une navette d'argent verre, avecla cuiller où il a une gargoule, pesant ij marcs, j once, XV esterlins. »

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