LES VIERGES SAGES
Cessez de grâce de nous prier
Plus longtemps, ô nos sœurs ;
Car il ne vous servirait de rien
De nous adresser, à ce sujet, de plus longues prières :
Malheureuses ! chétives ! vous avez trop dormi.
Allez maintenant, allez vite,
Et priez humblement les marchands
De vous donner de Thuile pour vos lampes,
Puisque vous avez été négligentes :
Malheureuses ! chétives ! vous avez trop dormi.
(les VIERGES folles:) Ah ] malheureuses ! qu^avons-nous fait?
Ne pouvions-nous veiller?
Ce malheur que nous souffrons, Nous nous le sommes nous-mêmes attiré : Malheureuses*! chétives ! nous avons trop dormi.
Et de(t) nobis mercator ocius Quam habeat merces, qiias socius.
Oleum nunc quœrere venimus, Negligenter quod nosme(t) fudimus, Dolentas ! Chaitivas ! trop i avem dormit.
(prudentes :) De nostr' oli queret nos a doner; No'n auret pont ; alet en achatper Deus marchaans que lai veet ester :
Dolentas ! Chaitivas ! trop i avet dormit.
MERCAT0RES :
Domuas gentils, no vos covent ester Ni lojamen aici ademorer, Cosel queret, no'n vos poem doner; Queret lo deu chi vos pot coseler.
Alet areir a vostras sajes soros, E prélat las per Deu lo glorios.
De oleo fasen socors a vos; Faites a tost, que ja venra Tespos.
(fatu« :) Ah ! miserae nos ad quid venimus?
Nil est enim illuc quod quserimus.
Fatatum est, et nos videbimus,
Que ce marchand, que son associé nous donne Promptement la marchandise qu'ils ont.
n nous faut, à présent, chercher de Thuile, Parce que nous avons négligemment perdu la nôtre : Malheureuses ! chétives ! nous avons trop dormi.
(les VIERGES SAGES :)
Vous nous demandez de vous donner de Thuile : Vous n'en aurez point. Allez en acheter Aux marchands que vous voyez là :
Malheureuses ! chétives ! vous avez trop dormi.