‹ Annales archéologiques (volume 4)Chapitre 65 sur 103 · JEAN-BAPTISTE · texte numérisé non relu

JEAN-BAPTISTE

Il est venu

Sutularis Un porte-chaussures tel,

Cujus non sum etiam Que je ne suis pas

Tarn benîgnus Digne

Ut sim ausus D'oser délier

Solvere corrigiam. Le cordon de ses souliers.

( PRiECENTOR ad Virgilium : ) (le PRÉCHANTBE à Virgile : )

Vates, Maro, Gentilium, Virgile, poète des Gentils,

Da Ghristo testimonium. Rends témoignage au Christ.

YIRGILIUS : VIRGILE : [velle

Ecce polo demissa solo nova progenies est. Voici qu'est envoyée du ciel en terre une racenou-

( PRiECENTOR ad NabuchodonOSOr : ) (le PRÉCHANTBE à Nabucbodonosor : )

Age, fare, os lagenœ, Allons, dis, face de bête,

Quœ de Ghristo nosti vere? Ce que tu sais vraiment du Christ.

Nabucbodonosor, prophetiza, Nabucbodonosor, viens donner par ta prophétie

Auetorem omnium auctoriza . De l'autorité à l'auteur de toutes choses.

NABCGHODONOSOR : NABUCBODONOSOR :

Gum revisi Lorsque je revis

Très quos misi Les trois jeunes hommes

Viros in ineendium. Que j'avais fait jeter dans la fournaise,

Vidi justis Je vis le Fils de Dieu,

Incombustis Au milieu de ces justes,

Mixtum Dei filium. Q^^ n'avaient pas touché les flammes.

Viros très in ignem misi , J'avais jeté dans le feu trois hommes ;

Quartum cerno prolem Dei. Le quatrième, je le vois, est le Fils de Dieu.

( PRi£GENTOR ad Sibyllam : ) (le préchantre à la sibylle : )

Vere pande jam, Sibylla, Expose-nous aujourd'hui clairement, ô Sibylle !

Quœ de Ghristo prœseis signa. Les signes que tu as lus dans l'avenir sur le Christ.

SIRYLLA : la sibylle :

Judieii sîgnum : tellus sudore madeseet ; Signe de jugement: la terre se mouillera de sueur;

E eœlo rex adveniet per saecla futurus, Du ciel viendra le roi des siècles futurs.

Scilioet in carne prœsensut judieet orbem. il se fera chair pour juger le monde.

( PRiGCENTOR ad Judœos : ) (le préchantre aux Juifs : )

Judœa incredula , O Judée incrédule !

Gur mânes adhuc invereeunda ? Pourquoi persister encore sans honte?

Ce mystère se termine par des «Benedicamus », en signe d'allégresse et de réjouissance de la nativité.

La partie la plus importante de ces mystères, au point de vue sous lequel nous les considérons ici, est la musique dont ils sont accompagnés. C'est en

raison de cette importance que nous les avons, tous les trois, reproduits totalement en fac^imilé parmi les monuments inédits dont notre '' Histoire de l'harmonie " est illustrée.

La notation de ces drames, les plus anciens connus du moyen âge, est en neumes à points superposés. Ces neumes sont généralement bien formés, nettement disposés. Ce qui en rend la lecture plus facile encore , c'est la ligne tracée à la pointe sèche dans le vélin , et qui sert de guide en indiquant aux notes une place déterminée.

M. Fétis et les nouveaux éditeurs de la « Science et pratique du plain-chant » de dom Jumilhac ont publié le fac-similé d'un fragment du «Mystère des Vierges sages et des Vierges folles », d'après celui qui a été donné par M. Bottée de Toulmon dans les « Instructions du Comité historique sur là musique » ; mais ce fac-similé est inexact dans quelques détails, et surtout en ce qu'il ne reproduit pas la ligne, qui est une chose importante. Nous donnons les nôtres comme très précis. Il ne sera pas sans intérêt de pouvoir examiner ces précieuses reliques dans leur état original, avec leur écriture et leur notation ; car, sous tous les rapports, ce sont de véritables monuments.

Pour apprécier leur caractère musical, il faut examiner le caractère littéraire et moral des drames liturgiques. Qu*on se rappelle donc que leurs sujets sont puisés dans les principaux faits de l'Ancien et du Nouveau Testament, qu'ils étaient représentés dans les églises par des clercs ou des religieux. On n'y rencontre ni les passions, ni les intrigues, ni les mouvements scéniques qui jouent le principal rôle dans le drame profane; ce qui y domine, au contraire, c'est le calme et la simplicité des récits, c'est l'élévation et la noblesse des pensées, la pureté des principes moraux. La musique, destinée à traduire de semblables sentiments et à y ajouter une expression plus puissante, devait nécessairement avoir le même caractère. Aussi n'y faut-il pas chercher une musique rhythmée et mesurée, si propre à seconder les passions mondaines; mais une musique plane, établie d'après les règles de la tonalité du plain-chant, soumise toutefois à certaines lois de rhylhme et d'accentuation qui n'ont rien de commun avec la division exacte des temps de la musique.

En preuve qu'il en était ainsi, c'est qu'à son origine le drame liturgique ne consistait que dans les offices de certaines fêtes. Ces offices s'exécutaient et se chantaient d'une manière plus pompeuse qu'habituellement, en y ajoutant des personnages et des costumes, avec intercalation de séquences et d'autres chants composés expressément pour la cérémonie dramatique. Ces mélodies étaient du plain-chant semblable à celui des pièces liturgiques. Peu à peu ces accès-

soires prirent un développement de plus en plus considérable et se transformèrent en épisodes et en drames à part, mais ils conseryèrent toujours leur caractère littéraire et musical originaire.

Il ne peut donc pas exister de doute sur la nature de la musique des mystères du Ms. 1 139 ; c'est du plain-chant. Par conséquent, c'est en plain-chant et non en musique mesurée que doivent être traduites les mélodies qui les accompagnent. C'est de la même manière qu'il faut traduire la notation des autres drames liturgiques ou religieux ^

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