I. Pêalterium cumfigurU^ Bibl. Nat., Suppl. fr
d'aDges que sa main droite bénil. Ces rayons traduisent matériellement pour les yeux les paroles que Dieu prononça, le « Fiat » spécial, à l'expression duquel les anges naquirent. Ces anges, êtres incorporels, n'ont qu'une tête cernée du nimbe et deux ailes. Il n'était pas possible de nous les faire . voir à moins.
I. — CtéttiQiiMsaeatfKateii'iBfts. — Hlnlatin delà Un da un* «iicla.
Il y a neuf groupes, composés chacun de trois anges; mais tous ces groupes et chacun de ces anges sont identiques. Le miniaturiste a voulu rappeler que la multitude innombrable de ces esprits célestes se partageait en neuf divisions ; mais dans ce petit tableau il n'a pas voulu les hiérarchiser, et il les a représentés tous entièrement semblables. Comme lui, nous réserverons la hiérarchie pour un autre chapitre.
Une seconde repr^entation nous est offerte par une sculpture de la cathédrale de Chartres. Ici , deux anges seulement , et non pas les neuf choeurs réunis. Plus matérialiste, si l'on peut parler ainsi, que le peintre en miniature , le statuaire chartrain a montré des anges plus qu'il n'était nécessaire pour les accuser matériellement aux regards ; il leur a donné un corps , et un corps habillé de deux vêtements superposés. Les deux anges ouvrent le premier acte de leur existence par l'adoration : l'un prie à mains jointes le Créateur, auquel le second semble, par la position de ses bras, rendre des actions de grâces. Cette création, nous l'avons donnée dans le neuvième volume, page 1 01 , des « Annales Archéologiques » ; nous ne pouvons donc le reproduire ici, et nous engageons nos lecteurs à la revoir où elle est.
Une troisième représentation, que nous avons publiée dans 1' a Histoire de Dieu », page 574, planche 148, nous offre la création de l'univers disposée en cercles concentriques. Les neuf chœurs des anges occupent neuf de ces cercles. Il est permis de croire que l'auteur de ce tableau, Buonamico Buffamalco, qui le peignit sur mur au xiv* siècle, dans le Campo-Santo de Pise, était d'avis que les anges avaient été créés après le monde matézi. ki
riel. En effet, les neuf cercles externes sont remplis par les anges; les cercles internes, le noyau, par la terre ; mais entre les anges et la terre, on voit les signes du Zodiaque, les constellations, le soleil et la lune. Or, les astres ayant été créés après la terre , de leur position intermédiaire entre le globe terrestre, qui est au centre, et les cercles angéliques, qui sont à la circonférence, il faut conclure que Tordre indiqué par cette peinture procède en effet du centre à la circonférence. Donc, suivant Buffamalco, la création se perfectionna spirituellement et s'agrandit matériellement, depuis le petit point rond, qui est notre globe, jusqu'à l'énorme cercle de circonférence qui est rempli par les plus sublimes d'entre les créatures célestes, par les séraphins.
Ainsi , sans trop forcer l'interprétation de ces trois œuvres figurées , nous pouvons voir : dans la première, qui est une miniature de la fin du xiii* siècle, la création des anges avant la création du monde ; dans la seconde , qui est une sculpture de la première moitié du xiii* , la création des anges au deuxième jour, avec le firmament ; dans la troisième, qui est une peinture murale de la première moitié du xiv^ siècle, la création des anges après celle de l'univers.
J'appelle la réflexion sur ces trois époques de la naissance des anges, non pas pour les fixer, je l'ai dit plus haut, mais pour les constater, et pour que les personnes qui s'occupent d'iconographie y fassent une attention minutieuse. Rien n'est indifférent dans ces figurations du moyen âge, et plus d'un dessin n'est que la représentation rigoureuse d'une doctrine théologique. Dans son traité sur les anges, saint Jean Damascène s'exprime ainsi : « Quelques-uns disent que les anges ont été faits avant toutes les autres substances créées. Ainsi le témoignent ces paroles de Grégoire le Théologien ' : « D'ace bord Dieu pense les vertus angéliques et célestes, et cette pensée se tra- « duit en œuvre. » D'autres admettent de préférence que les anges ont été créés après le prunier cieh Mais tous soutiennent qu'ils furent créés avant la formation de l'homme. Quant à moi, je vais des pieds et des mains dans l'opinion de Grégoire le Théologien. Il convenait, effectivement, que la nature intelligente fût créée d'abord, ensuite la nature sensible , et qu'ainsi fàt enfin créé l'homme, qui est composé de ces deux natures ^. »