‹ Annales archéologiques (volume 5)Chapitre 20 sur 82 · ATAM- A DBOX -COBir^S DB- SBBPBRT · texte numérisé non relu

ATAM- A DBOX -COBir^S DB- SBBPBRT

Mtnoscrit do doc d'A^joo . à la BibUothèqoe Royale, Oq do xiu* sièele.

Peut-être y a-t-il cette diflTérence que, dans le premier, le serpent indique les remords qui suivent l'action ; dans le second, ceux qui suivent la pensée.

Le rôle vengeur du serpent ne se borne pas toujours à la simple privation morale : il devient, dans certaines représentations de l'enfer, un agent matériel des tourments des damnés. Langlois de Rouen décrit ainsi un fragment de sculpture qu'il déterra dans les ruines de l'église de Notre-Dame de Caillouville : « Ce sont deux torses nus et de sexe différent, accolés de la plus étrange manière, et dont les bras sont singulièrement renversés. Des seipents, qui traversent leurs chairs, les enlacent de leurs hideux replis : les uns leur mordent les mamelles, les autres les déchirent plus étrangement encore, mais d'une façon fort propre à donner au peuple une leçon de continence. La fameuse tour de Montmorillon offre plusieurs statues dans une situation du même genre; et le portail de l'ancienne église abbatiale de Moissac renferme aussi des figures à peu près semblables' ».

Le serpent est pris quelquefois aussi pour le péché lui-même : le symbolisme du pélican qui s'ouvre les entrailles est fondé, suivant les plus anciennes traditions, sur la supposition que le serpent s'introduit dans le nid de ces oiseaux, blesse les petits à mort, et que le sang de leur mère, qui se perce elle-même le

4. « Essai historique et descriptif sur l*abbaye de Fontenelle ou de Saint-Wandrille », avec un grand nombre de figures, parmi lesquelles se trouvent celles qui viennent d'être décrites.

sein, arrosant leurs blessures, peut seul les rendre à la vie. C'est tout le mystère de la Rédemption.

Dans les fresques du Campo-Santo, le serpent redevient l'emblème de la vie, mais seulement de la vie matérielle ; c'est par son intermédiaire que le démon boit le sang ou plutôt l'âme d'une de ses victimes. La vie, dirigée par lui, est, pour ainsi dire, le siphon avec lequel il aspire la substance et l'âme de ceux qui tombent sous son empire.

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