‹ Annales archéologiques (volume 5)Chapitre 28 sur 82 · LE GLAY · texte numérisé non relu

LE GLAY

Musée des Thermes et de l'hôtel Cluny. — Nous devons nous empresser de publier la lettre suivante que M. Albert Lenoir vient de nous écrire. M. Lenoir, chargé d'approprier l'hôtel Cluny pour y classer la collection de M. Du Sommerard, s'est acquitté de cette tâche avec un zèle des plus louables; nous n'avons donné que des éloges sur ce point. Cependant, à l'article vandalisme contenu dans notre précédent numéro, nous avions blâmé un badigeon passé sur les murs de l'hôtel et dans les cages d'escalier; ce badigeon nous avait semblé inutile, et nous devions le désavouer. Mais M. Lenoir avait d'excellentes raisons pour faire à contre-cœur cette opération. Ces raisons, il les donne dans la lettre suivante; nous sommes heureux de faire droit à d'aussi justes réclamations. Il serait à désirer que tous ceux qui badigeonnent pussent se retrancher derrière des motifs aussi louables et aussi nombreux. — t Mon cher Didron, ... Quant à votre accusation de vandalisme, je la trouve un peu sévère, d'autant que vous ajoutez que c'est sans raison que j'ai usé du badigeon. Vous n'ignorez pas que le plâtre était la seule matière dont je pusse faire usage pour restaurer promptement, à peu de frais et d'une manière toute provisoire , une foule de moulures, de balustrades, de trous de scellement , de troiis de planchers, de tuyaux de conduites, etc., qui couvraient les murs de l'hôtel Cluny, tant sur la cour que sur le jardin. Deux cabinets d'aisances, deux cuisines, des ateliers, détruits dans la cour et dans le jardin, laissaient des places blanches et rouges qui s'élevaient depuis le sol jusqu'à la corniche presque. Fallait-il laisser ces

4 . Jamais conventions n'ont été exécutées avec plus d'exactitude et plus de loyauté, et il en est résulté des chefs«d'œuvre incontestables de grftce et de beauté.

sales arlequinades de blanc, de jaune, de rouge, telles que je les trouvais après la démolition? Je vous demande ce que vous auriez fait. Du reste, vous me répondez vous-même dans vos t Annales Archéologiques » , page 14 de votre premier volume , en disant qu' « en cas d'urgence le badigeon est le meilleur mode de nettoyage » . J'étais dans ce cas d'urgence et, de plus, dans celui du provisoire; de sorte que je pouvais m' appliquer ce que je lis encore page 15 : « Quoi de plus facile à enlever que le badigeon ? un peu d'eau dans une éponge, et il n'y paraît plus » . Voici pour l'extérieur. Quant aux cages d'escalier, nous en avons quatre qui ont été badigeonnées. Celle qui conduit à la salle peinte avait servi à plusieurs générations d'imprimeurs pour monter à la chapelle; je l'ai trouvée si encrassée d'huile et d'encre d'imprimerie, qu'il était impossible de la laisser telle qu'elle était. Le peintre peut vous dire que j'ai fait essayer tous les moyens pour la nettoyer, et ce n'est qu'au dernier moment que je me suis décidé pour le badigeon, pensant bien en faire le ravalement aussitôt que j'aurai de l'argent pour cela. Les trois autres cages sont livrées tous les jours aux ouvriers de l'imprimeur Sauvé, notre ennemi de tous les moments, qui nous fait des procès, qui a cassé noséchafauds et fait lancer des oignons à la tête du public. Si j'avais opéré un nettoyage complet dans des escaliers livrés journellement à de pareilles gens, qui se font un plaisir de tout ce qui nous vexe, et qui nous promettaient d'empester le public de leurs huiles puantes et autres saletés, c'eût été de l'argent perdu. Voilà, je crois, de bonnes raisons; pesez-les. « Tout à vous.

f Albert LENOIR. »

— M. Ferdinand Leroy, préfet de l' Indre, nous a envoyé l'arrêté d'organisation de la Commission des monuments historiques de son département, le rapport qu'il a présenté à cette Commission, l'instruction détaillée et les questions archéologiques qu'il adresse à ses correspondants, une circulaire aux maires, le classement général des monuments historiques de l'Indre jugés dignes d'être décrits et conservés. C'est un manuel complet sur cette hnportante matière.

— M. Letronne, garde général des archives du royaume et membre de l'Institut, nous a envoyé le résumé de la discussion qu'il a soutenue avec un bon sens égal à son remarquable savoir sur la prétendue découverte du prétendu cœur de saint Louis. M. Letronne sait que nous partageons entièrement ses convictions à cet égard, et que ce cœur ne saurait être celui de saint Louis» Nous pourrons revenir sur un ouvrage qui résout enfin la question.

DIDRON

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