LES ARMES DE LA VILLE DE PARKS
Nous arrivons un peu tard pour plaider ici la cause du blason. Une plume très-compétente a déjà ici même, dans un article précédent, démontré l'utilité de cette science pour les travaux archéologiques. Cependant nous allons essayer de prouver non-seulement son utilité, mais sa nécessité absolue.
Si Ton convient que la connaissance de l'histoire proprement dite et que des études, au moins élémentaires, sur l'architecture, la sculpture, l'iconographie, la peinture, la numismatique et la paléographie sont indispensables à tout archéologue, quelle que soit l'époque de l'art sur laquelle il dirige ses travaux, on ne saurait nier raisonnablement que la science héraldique ne doive être nécessairement l'objet des études les plus sérieuses de la part de l'écrivain, du savant ou de l'artiste qui veut décrire ou expliquer, copier ou réparer les merveilleux monuments du moyen âge, et même des xvif et xviii* siècles.
Jusqu'au xii* siècle, les armoiries ne furent guère que des insignes ou des marques adoptées plus particulièrement et selon la fantaisie de chacun par les gens de guerre et principalement par les chefs militaires. Déjà, sous les Mérovingiens, on croit trouver cette coutume établie, et l'on pense que les leudes de nos rois fainéants portaient, sur leur bouclier et jusque sur leurs vêtements, des figures d'animaux et d'armes, ou certaines représentations des astres peintes, gravées ou brodées; mais cet usage ne peut se rattacher qu'indirectement à l'art héraldique tel qu'il fut constitué vers la fin du xir siècle. A cette époque, les croisades pour la noblesse, l'émancipation des communes pour les villes, la formation des corporations pour les bourgeois, furent autant de causes qui nécessitèrent la régularisation des armoiries, L'écusson, symbole synthétique de la gloire des aïeux pour le gentilhomme, de l'antique origine ou de la puissance de la cité pour les citoyens, ou témoignage imprescriptible des privilèges de la confrérie pour les bourgeois, devint une propriété particulière , inalié- 1. 56
nable et transmissible par droit d'hérédité. Les règlements les plus sévères protégèrent ces nobles possessions ; dès lors les armoiries jouèrent un grand rôle, un rôle très-sérieux et très-important, non-seulement dans la vie individuelle des nobles, mais encore dans la vie collective des bourgeois, membres solidaires de la cité et des corporations, et dans celle du peuple où se recrutaient surtout les communautés religieuses. L' «octroy » ou le «retniict», même le simple changement des armoiries devinrent des sujets d'ambition ou de crainte pour les membres des trois ordres de la grande famille française. La joie et la fierté des citoyens auxquels le roi de France octroyait « un chef de France», ou simplement une royale fleur de lis, comme addition aux armes de leur cité, n'étaient ni moins grandes, ni moins sincères que la honte et le désespoir du chevalier félon qui voyait briser son écu accroché ignominieusement en « contre-pal » au poteau d'infamie. L'office, les fonctions et les prérogatives des hérauts d'armes et des juges d'armes avaient été réglés par le roi Louis VII à l'occasion du sacre de Philippe-Auguste. Donc, la science héraldique, ou le blason, était définitivement fixée dès la fin du xn* siècle; or, depuis cette époque jusqu'en 1790, c'est-à-dire pendant six cents ans, les armoiries ne cessèrent plus de figurer dans tous nos monuments historiques, civils, religieux, militaires, domestiques, et partout elles occupèrent la première place.
Le blason est le frère, et le frère légitime, de la paléographie , on ne peut le nier; ils peuvent, ils doivent figurer au même titre, côte à côte, dans le splendide cortège des sciences qui constituent l'archéologie chrétienne. Tous deux nous apparaissent à chaque moment étroitement liés l'un à l'autre, aussi bien sur les tombes ou sur les verrières de nos basiliques que sur l'annure du chevalier ou sur les portes de nos cités. Ici, l'écu armorié complète le sens de l'inscription; là, l'inscription est le commentaire de l'armoirie. Si l'inscription nous révèle avec complaisance, souvent en beau langage , les secrets d'une tombe ignorée, le blason, fier de ses brillantes couleurs et de ses héroïques symboles, nous raconte, dans sa langue hautaine, concise et pleine de noblesse, pour qui sait la lire, les gloires d'une génération ou d'un peuple tout entier. Ne séparons donc plus dans nos travaux ces deux sciences, que la raison et notre propre intérêt d'archéologues nous obligent d'étudier simultanément.
On a vu une école archéologique, triomphante alors et pleine d*un mépris superbe pour les chefs-d'œuvre merveilleux des cinq siècles les plus féconds de Père chrétienne en fait d'art, s'appliquer à détruire, mutiler et, qui pis est, à restaurer avec une rare audace ces admirables œuvres qu'elle ne pouvait comprendre pour plus d'une raison. Cette école grattait aussi les écussons armoriés qu^elle ne savait pas lire; ne pouvant les apprécier, elle les appelait « les
fcocfcfcte de la vanité ». Le mot fit rni certain effet, et le peuple, sans doute par iHibean retour d'hunjHhé, brisa lui-même ses annes, à f imitation de certains gentflshommes. Nous concevons cela de la part d'une école fbrt peu soucieuse de iws véritables gloires nationales. Quel besoin avait-elle de connaître et de conwfter îe Mason, cette vieille science si éminemment chrétienne, elle qui, après Tart grec , Tart romain et certains monuments appelés druidiques, ne jugeait phis rien digne de son attention, si ce n'est ses propres œuvres : c'était déplorable, mais rigoureusement logique. Passons donc. D'ailleurs, on doit beaucoup pardonner aux morts et même aux mourants.
Mais que dire de l'inconcevable indifférence de la plupart des archéologues et surtout des artistes peintres, sculpteurs, architectes de l'école moderne, pour cette science si intéressante? A tous ces artistes , le blason est nécessaire mjn-Beolement pour leurs explorations rétrospectives, mais encore pour leurs traraux de chaque jour, soit qu'ils édifient de nouveaux monuments dans un style plus ou moins chrétien , soit qu'ils réparent quelques-uns des précieux joyaux de l'époque du moyen âge. Comment excuser, comment s'expliquer cette déplorable ignorance des règles même les plus élémentaires de l'art héraldique î Cette ignorance fait commettre , jusque dans les travaux officiels, les plus incroyables bévues , des erreurs bizarres et bien propres à nous rendre la risée du plus mince et du plus ignorant bourgeois d'une ville quelconque de rUorope. Paris, il faut le dire, se distingue en ce genre d'une façon toute particulière; nous voulons en administrer la preuve, en racontant aux lecteurs des « Annales » une petite aventure archéologique en deux actes , dans laquelle nous avons joué un rôle peu flatteur pour notre amour-propre parisien.
1! y a quelques années, au retour d'un voyage, je m'arrêtai dans une petite ville du nord de la France où demeurait alors un de mes amis, antiquaire a«sez distingué. Je me présentai chez lui, et j'y trouvai quelques-uns de ses voisins réunis en manière de cénacle archéologique. Un jeune élégant , beau parleur, arrivé tout récemment de Paris, entretenait la compagnie des magnifiques travaux exécutés à cette époque par l'administration municipale de la capitale. Si Tapologie des œuvres de nos édiles fut enthousiaste, nous devons dire que la critique n'en fut pas moins amère, mordante et juste de la part des provinciaux. L'un blâmait énergiquement le honteux abandon de l'hôtel de La Trémouille, qu*on allait démolir; l'autre parlait avec peu de révérence des étrwiges restaurations que subissaient plusieurs églises ; un troisième, un quatrième, s'obstinaient à nier les bonnes intentions archéologiques de M. le préfet de la Seine. Toutes ces critiques, faites avec un grand sens, dénotaient ch« leurs auteurs une certaine connaissance de la matière.
khk ANNALES ARCHÉOLOGIQUES.
Notre jeune admirateur intempestif paraissait surpris de rencontrer dans ce petit salon de province un auditoire aussi bien instruit, et il semblait tout disposé à abandonner la partie. Pour l'honneur des Parisiens, je crus devoir prendre la défense de notre édilité, et je tâchai, à force d'exemples, d'établir la prééminence de notre vieille cité, sur les autres villes de France, dans les tendances archéologiques en matière de travaux publics. Je crus finir par un coup de maître en alléguant partout l'empressement de l'administration à faire restituer, sur les monuments publics et jusque sur les nouveaux candélabres d'éclairage, l'antique écusson de Paris. Un de mes amis venait de m'écrire et de m'annoncer cette mesure, qu'il qualifiait de glorieuse, sans doute à cause de la bonne intention. Un petit ricanement, fort sec et très-impertinent, vint, comme je finissais mon plaidoyer, me siffler dans l'oreille; je me retournai interdit , mécontent , et je vis un petit vieillard à la physionomie pleine de malice et d'intelligence, sur les lèvres duquel le rire courait encore. «Pardon, Monsieur, me dit-il, de mon impertinente gaieté; mais c'est qu'aussi il est impossible de choisir plus malheureusement une preuve de l'intelligence et des lumières de votre municipalité de Paris que vous ne venez de le faire è l'instant. Permettez-moi, ajouta-t-il, de vous faire subir un court interrogatoire avant de vous donner raison de mon rire. » Avec le respect que commandait son âge, je saluai en signe d'acquiescement ce vieillard qu'on me dit descendre d'une très-noble famille, et je me tins prêt à répondre à ses questions.
« Monsieur, connaissez-vous le blason? — Oui, Monsieur. — Quelles sont donc les armes de la ville de Paris, s'il vous plaît? — De gueules, au vaisseau
d'ARGEM', HABILLIÉ d'ARGENT, ET VOGUANT SUR DES ONDES DE MÊME, AU CHEF
cousu DE France ancien, l'écu surmonté d'une couronne mukale de sept TOURS d'argent MAÇONNÉES DE SABLE. — Parfaitement , Monsieur. Me feriezvous la grâce de me dire comment vous représenteriez ces armoiries par la gravure, sans couleurs ni métaux?»
Sans savoir précisément où mon interlocuteur en voulait venir, j'étais tellement prévenu par sa charmante urbanité et son air de contentement, que je poursuivis ainsi mes réponses : « Christophe Butskens, au xvr siècle, et Vulson de La Colombière, au xvii% inventèrent et perfectionnèrent le système des hachures en sens divers, pour tenir lieu, dans la gravure ou la sculpture des armoiries, des couleurs ou des métaux qu'on y emploie pour les peindre. Jusqu'à cette époque, on s'était contenté de désigner l'émail ou le métal de chaque partie de l'écu ou de chaque pièce des armoiries par la lettre initiale de cet émail ou de ce métal, tels que A pour argent, S pour sinople, et ainsi des autres. Le nouveau système était bien préférable, à cause de son extrême sim-
BLASON. khb
plicité, et surtout parce qu'il ne défigurait nullement les armoiries. L'or ou le jaune fut représenté par le pointillé; l'argent ou le blanc, par l'uni absolu; l'azur ou le bleu, par des lignes horizontales à distance d'épaisseur; le gueules ou le rouge, par des lignes verticales ; le sinople ou le vert, par des diagonales de droite à gauche; le pourpre ou le violet, par des diagonales de gauche à droite ' ; et le sable ou le noir, par des horizontales et des perpendiculaires croisées à angles droits. Les pannes ou fourrures furent désignées au moyen des lignes correspondantes aux couleurs ou métaux dont elles sont formées. Ainsi, pour l'hermine, on laissa le fond en blanc, et ses mouchetures furent tracées par des lignes croisées du sable, etc.
Mille grâces! Monsieur, reprit le noble vieillard; je vous affirme que vous en savez plus en blason, à vous seul, que la commission tout entière des beaux-arts de votre Paris. Ne me remerciez pas , car le compliment n'en vaut pas la peine. Maintenant, Messieurs, continua-t-il , croiriez-vous bien que la bonne ville de Paris, cette orgueilleuse qui nous regarde tous en si grande pitié, et admet à grand'peine que ses sœurs de la province aient bec, ongles et cervelle, croiriez-vous que cette digne ville ne connaît plus ses armes ni son vieil écusson si laborieusement défendu et conservé pendant six siècles, par ses braves citoyens, comme le plus noble joyau de leur trésor! Jugez plutôt : on vient de poser dans tous les quartiers de la ville quinze ou vingt mille candélabres et bras en fonte de fer ouvrés avec luxe et destinés à supporter les lanternes de l'éclairage public par le gaz; eh bien, sur les bras scellés dans les maisons et sur un des côtés du fût des candélabres, on a fait ciseler à grands frais les armes des drapiers de Paris, lesquelles sont : « d'azur au vais- « seau d'argent habillé d'argent et voguant sur des ondes de même»; tandis que sur l'autre face de ces mêmes candélabres on a placé un « écu d'azur au vaisseau d'argent, au chef d'argent plein, à la bordure de même. » Ce qui rend l'erreur bizarre, c'est que ces armes ainsi faites appartiennent à une maison de l'Artois. Comme j'exprimais quelque doute sur la réalité de ces faits, le malin vieillard ajouta que, si l'heure n'était pas si avancée, il pourrait nous récréer d'une douzaine de gentillesses héraldiques de cette force, commises par les administrateurs de la ville de Paris.
Aussitôt mon retour, je vérifiai les faits énoncés, et je les trouvai tous, il faut le dire à notre honte, de la plus rigoureuse exactitude.
4 . La droite et la gauche d'un écu s'entendent de la même manière que la droite et la gauche d'une personne en face de laquelle on est. Donc, lorsqu'on regarde un écu d'armoiries, on a son côté droit à main gauche, et son côté gauche à main droite : en langage héraldique, la droite s'appelle « dextre », et la gauche « senestre ».
iW . ANNALES ARCHÉOLOGIQUES.
Quelcfues années s'étaient écoulées dqpuîs cette époque, lorsqu'un jour de l'été dernier j'entrai dans la charmante église de Saint-Severîn de Paris, pour visiter une chapelle récemment peinte à fresque par M. Ffandrin. Je débouchais par Tabside si élégante de cette jolie église, lorsque j'aperçus, arrêté seul devant la chapelle en que^ion et donnant des signes visibles de la plus vive indignation, un petit homme armé d'une lorgnette qu'il dirigea à plusieurs reprises vers la voûte de cette chapelle. En approchant, je reconnus le vieillard qui m'avait fait subir un examen héraldique quatre ans auparavant. Distrait par le bruit de mes pas, il se retourna vers moi tout d'une pièce, et, m'ayant reconnu à son tour, il me dit vivement et à voix basse : t La rencontre est bizarre vraiment ; et il parait que nous ne devons nous voir que pour constater les faits... comment appeler cela? Regardez donc là haut, à la clef de voûte. Hé bien! je vous en donne ma parole d'honneur, je ne suis absolument pour rien dans la décoration de cette chapelle. Je n'ai pas contribué pour un lîard dans la dépense , et pourtant voici que mes armes s'y pavanent , à la place d'honneur, absolument comme si j'étais le donateur de ces fresques ou de ces vitraux singuliers, ou de ce tabernacle ridicule, ou de cet autel grotesque. Parbleu, c'est trop fort! Dans les rues, de vingt pas en vingt pas, les armes des drapiers de Paris ou celles d'une famille de f Artois, pour les armes de la ville ; ici, les miennes, mes propres armes, mais avec une « devise » qui n*y a jamais figuré, et toujours pour les armes de la viHe. Monsieur, poursuîvit-îl avec une certaine dignité, ma maison porte depuis l'an 12ft9: « de gueules au vaisseau d'or, habillé d'or et voguant sur des ondes de même, « au chef d'azur chargé de trois étoiles d'or à la bordure de même. » Ces armes ont été octroyées à l'un de mes ancêtres pour la belle conduite qu'il tint devant Damîette, par le roi saint Louis ; elles m'appartiennent par droit d'hérédité , et je n^entends pas qu'on me les vole pour les exposer, tronquées et défigurées, sous le nom d'armes de Paris! »
Je trouvai bien un peu comique la grande colère du petit vieillard de T Artois; cependant je ne pus me défendre d'une certaine émotion triste, lorsqu*en me quittant, il me dit avec une certaine solennité : « Mon cher monsieur, c'est une chose fâcheuse que de voir un homme ou une société d'hommes répudier ou mépriser l'héritage de ses pères! L'écusson civique est pour la ville ce qu'est l'épée paternelle pour un fils. Malheur à la cité qui oublie ou dédaigne ce signe symbolique de toutes ses gloires ; car elle est alors bien près d'oublier son histoire. Après tout, si le Paris de Charlemagne, de Philippe-Auguste, de saint Louis et de Louis XIV se contente déftorioais d'être la meiliettro, la plw amusante et la plus vaste auberge des deux mondes, il devrait an moins
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conserver une enseigne, et quelle plus belle enseigne peut-il prendre que son vieil et fier écusson? » Le noble vieillard me serra affectueusement la main et disparut. Moi, j'examinai de nouveau Técusson de la clef de voûte. Je compris d'autant moins l'incroyable erreur, qu'à moins d'un mètre de distance, sur le vitrail même de la chapelle, Tartiste a placé un écufêon de Paris exact, sauf les fleurs de lis du chef, qu'on n'a sans doute pas été autorisé à y faire figurer.
Cette anecdote, dont on nous pardonnera le récit, pourra faire utilement apprécier la portée du désordre qui règne dans les travaux d'art exécutés par la ville de Paris, surtout en matière archéologique.
Qu'il nous soit permis, avant de terminer, de constater ici les heureuses tendances archéologiques manifestées par les habiles ingénieurs chargés du service des eaux de la ville de Paris. La faute héraldique, commise d'abord, a été ensuite effacée sur le grand réservoir du puits de Grenelle, établi récemment près de la place de l'Estrapade. M. Alphonse Vigoureux^ in^ecteur des eaux et l'un de nos architectes les plus zélés pour l'art,, cliargé par M. l'ingér* nieur Lefort de faire sculpter en proportion monumentale le bel écusson de la ville de Paris sur le côté qui regarde la rue de l'Estrapade et sur celui q^ longe la rue GlotiJde, n'a rien négligé pour s'acquitter de cette tâche seloa les règles héraldiques. Le sculpteur avait commis une grave erreur dana la direction des hachures du champ ; M. Vigoureux a exigé que cette erreur fût immédiatement corrigée. Ceci est d'un bon exemple. Dans ces écussons,. on a dû s'abstenir de mettre le chef, par cette raison que l'administration ayant fait effacer ailleurs les fleurs de lis restituées de la veille, il était préférable de ne> placer ici que l'écusson de la ville proprement dit , sans y comprendre une concession royale défigurée. Nous avons eu aussi la satisfaction de voir adopter cette fois la proposition que nous avions faite de restituer la bette devise : FLUCTUAT NEC MEKGiTUR. Cette inscription , qui a figuré si souvent depuia la xvi* siècle sous l'écusson parisien, devait reparaître à notre époque ; elle peint merveilleusement, à notre avis, les destinées de la vieille nave parisienne,, delà ville toujours agitée et qui ne périt jamais. En résumé, si ces panonceaux ne sont peut-être pas irréprochables sous le rapport de l'agencement général^ ils sont au moins, à l'heure qu'il est, parmi tous ceux qui figurent sur tous les monuments municipaux de Paris, les plus conformes aux prescriptions héraldiques. Remercions donc MM. les ingénieurs du service des eaux, et particulièrement M. Alphonse Vigoureux, de cette bonne action archéologique^
PETIT DE JULLEVILLB,