‹ Annales archéologiquesChapitre 104 sur 184 · Sum. theol., 3* part., q. lxv, art · texte numérisé non relu

Sum. theol., 3* part., q. lxv, art

Thomas, la pensée de tout le Moyen-Age, nous entendons ce Moyen-Age qui monte, éclate et s'épanouit, avec saint Thomas et saint Bonaventure, assistant saint Louis. Si donc Van der Weyden intervertit cet ordre dans son tableau, si le sculpteur du rétable de Hal, dont nous parlerons dans la suite, n'en tient pas plus de compte, c'est parce que ces deux artistes sont déjà bien éloignés du Moyen-Age et du rayonnement de la théologie, c'est qu'ils sont déjà touchés, le sculpteur surtout, par le souffle de la Renaissance. Il faut dire aussi que le peintre flamand était commandé, par la disposition de son tableau, de mettre l'Eucharistie au sommet de la courbe, et que, d'ailleurs, cette disposition se Justifie par la prééminence du grand sacrement de l'autel, comme nous allons le dire tout à l'heure. Saint Thomas défend l'ordre si clair, si logique et si profondément mystérieux, qu'il donne aux sacrements, contre toutes les objections. Il le défend en nous ramenant sans cesse aux notions fondamentales de l'homme avec ses deux natures, et de la société avec son organisme vivant, à la comparaison du chrétien et de l'Église, en consultant les relations nécessaires, les complications et les harmonies du corps avec l'âme, de la vie sociale et de la vie spirituelle. Mais il répond d'abord aux objections, aux a videtur quod non » , comme il procède toujours, en dégageant les abords de sa thèse et la façade de son Église ; il répond par cette raison sommaire de l'accord universel des théologiens, et nous pouvons dire aussi des artistes du Moyen-Age; car tout artiste alors était doublé, du moins inspiré d'un théologien. « In contrarium est quod communiter ordinantur ab omnibus sacra^ menta, sicut prius dictum est articulo precedenti » ^ • Cependant, à cette objection que l'alimentation précède l'accroissement, comme la cause précède l'effet, il répond : on peut dire et que l'alimentation précède l'accroissement, comme en étant la cause, et qu'elle suit Taccroissement, comme conservant l'homme dans la perfection de sa taille et de sa force ; c'est pour cela qu'on peut mettre l'Eucharistie avant la Confirmation, comme le fait Denis l'Aréôpagite, en son livre de la Hiérarchie; et qu'on peut la mettre après, comme le fait le Mattre au quatrième livre des Sentences. Ainsi l'Eucharistie pourrait précéder ou suivre la Confirmation, dans l'ordre rationnel et théologique, cet ordre qu'adopte et défend naturellement Suarez, et qu'il développe comme saint Thomas. « Quemque concilium Florentinum amplexum est », dit-il, c'est aussi l'ordre, on le sait, que donne le catéchisme du concile de Trente, qui ne fait que résumer la grande page de saint Thomas. Nous voyons cet ordre traditionnel un peu troublé dans le tableau de Van der Weyden ; mais

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