‹ Annales archéologiquesChapitre 103 sur 184 · Jacob, v · texte numérisé non relu

Jacob, v

Hébreux : « Que les prêtres offrent les hosties, non-seulement pour eux, mais aussi pour le peuple ». Ensuite l'homme se développe, quant à sa propagation naturelle, ce qui se fait par le Mariage, tant dans la vie du corps que dans la vie de Tâme, parce que ce n*est pas seulement lin sacrement, mais un office de la nature. Ensuite, nous apparaît le nombre des sacrements, selon qu'ils sont ordonnés contre le péché ; en effet, le Baptême est institué contre la mort spirituelle ; la Confirmation, contre l'infirmité de l'âme, comme on le voit dans les nouveau-nés; l'Eucharistie, contre la facilité de l'âme à pécher; la Pénitence, contre le péché actuel, commis après le Baptême; l'Extrême- Onction, contre les restes des péchés qui n'ont pas été suffisamment effacés par la pénitence, soit par négligence, soit par ignorance; l'Ordre, contre la dissolution de la multitude; le Mariage, en remède contre la concupiscence personnelle, et contre la diminution de la multitude qui arrive par la mort. Mais quelques-uns entendent le nombre des sacrements, comme étant adapté aux vertus, aux fautes et aux pénalités de la vie chrétienne, disant qu'à la Foi répond le Baptême qui est ordonné contre la faute originelle; qu'à l'Espérance répond rExtrême-Onction qui est ordonnée contre la faute vénielle; à la Charité, l'Eucharistie qui est ordonnée contre la peine due à la malice; à la Prudence, l'Ordre qui est ordonné contre l'ignorance; à la Justice, la Pénitence qui est ordonnée contre le péché mortel; à la Tempérance, le Mariage qui est ordonné contre la concupiscence; à la Force, la Confirmation qui est ordonnée contre la faiblesse*.

Dans cette longue citation de saint Thomas, nous avons la pensée du Moyen-Age sur l'ordre des sept sacrements. Nous voyons les ingénieux et solides rapprochements dont se sert la scolastique pour éclairer le monde spirituel, des clartés du monde naturel ; ou plutôt, nous suivons « l'Itinéraire » (c'est le titre de l'un des plus profonds opuscules de saint Bonaventure), l'itinéraire dont elle se sert pour passer de la sphère visible à la sphère invisible, pour pénétrer du corps à l'âme, pour s'élever du signe à la réalité, de l'accident à la substance. Saint Thomas brille comme un soleil au sommet du Moyen* Age, au zénith de la théologie scolastique; son vaste génie résume la tradition de treize siècles chrétiens, comme sa vaste Somme de théologie résume tous les enseignements de l'école, autour du dogme catholique : ce qui n*empêche pas le grand théologien d'être un esprit très-original sous sa figure d'ange, et la Somme, d'être un ouvrage très<-personnel sous la forme hiératique du syllogisme et de la déduction. Nous avons donc, avec la pensée de saint

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