‹ Annales archéologiquesChapitre 12 sur 184 · Mélanges d'archéol. », 1. 1, p · texte numérisé non relu

Mélanges d'archéol. », 1. 1, p

Généralement, sur les sarcophages, la traverse de la croix sert d'appui à deux colombes ' : image de la paix rendue au monde par la croix, image aussi des âmes fidèles qui viennent se poser sur cet arbre de vie et y chercher le salut et la paix. A Noie également il y avait des colombes, mais au nombre de douze probablement, car elles représentaient tout le collège apostolique, au dire de saint Paulin, et formaient autour de la croix comme une seconde couronne concentrique :

« Crucem corona lucido cingit globo

Gui corona3 sunt corona aposloli

Quorum ûgura est in columbarum clioro... »

On voit de même douze colombes sur la croix en mosaïque dont lut ornée, au xiu*" siècle, Tabside de la basilique de Saint-Clément, à Rome; mais au lieu d'être distribuées en cercle et en couronne comme les têtes des apôtres autour de la croix sur le revers de la fiole de Monza, dont une reproduction sera mise sous les yeux de nos lecteurs, elles sont semées sur le champ de la tige sacrée elle-même. Ce n'en est pas moins un exemple remarquable de la persistance traditionnelle jusqu'à cette époque des données précédentes, et d'autant plus que les riches guirlandes de feuillage dont est chargé le fond de la mosaïque autour de la croix semblent être ces bocages remplis de fleurs du paradis céleste au milieu desquels, àFondi, la croix s'élevait comme l'arbre de vie :

« Ardua crux, preliumque crucis sublime corona Ipse Deus nobis princeps crucis atque coronae Inter floriferi céleste nemus paradisi. »

Sur nos sarcophages, l'espace resté libre au-dessous de la croix est généralement occupé par deux soldats ; mais ce n'est pas sans exception, car celui de ces monuments qui provient du Vatican offre à cette place le Christ ressuscité apparaissant à deux des saintes femmes, près du tombeau, représenté lui-même avec l'aspect monumental de la coupole dont il était recouvert depuis le triomphe du christianisme.

Cette scène aidera à nous donner la signification des soldats * auxquels elle est substituée. Ordinairement , un des soldats, celui de gauche, est endormi, celui de droite au contraire lève les yeux vers la croix et il porte une

1. Sur le sarcophage de Saint-Tropbime, les colombes ont disparu; elles sV voyaient probablement comme sur le sarcophage du musée d'Arles et sur celui de Rome.

Page 1