‹ Annales archéologiquesChapitre 13 sur 184 · XXVI · texte numérisé non relu

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18 ANNALKS ARCHÉOLOGIOUtS.

lance : c'est une double allusion à ceux qui, sur le Calvaire, le centurion et Longin, leporle-lance, en tête, reconnurent le Fils de Dieu, et aux gardiens endormis du tombeau, peut-être avec intention de rappeler les deux états de riuimanité avantet après l'œuvre de la Rédemption par la croix, peut-être aussi pour établir une distinction entre les Gentils qui se convertirent et les Juifs restés dans l'aveuglement ; mais nous serions porté à croire que celte seconde pensée ne fut patronée par l'art chrétien qu'un peu plus tard.

Les rapports qui existent entre les croix des sarcophages et le labarum amènent à comparer les soldats dont nous venons de parler avec ceux des médailles de Constantin et de ses successeurs associés au labarum avec cette légende : « Virtus exercitus, gloiia exercitus » \ Si l'on considère l'origine de ces deux groupes, il n'est pas permis de confondre les représentants de l'armée impériale avec les gardes du sépulcre ou du Calvaire, mais cette différence d'origine n'exclut pas une certaine convergence vers le même but qui contribue à faire choisir les soldats, préférablement à tous autres personnages, pour exprimer dans une série de monuments le triomphe de la croix, et qui contribue à former tout un cycle sur lequel nous ne nous étendons pas plus dans ce moment parce que nous aurons occasion d'y revenir.

Sur trois des sarcophages dont il s'agit, la croix est accompagnée des apôtres comme le serait le Sauveur lui-même dont elle tient la place. Ils élèvent tous la main pour l'acclamer, et, sur les deux sarcophages d'Arles,* ils ont eux-mêmes la tête surmontée d'une couronne pour montrer qu'ils participent à son triomphe : on peut dire même qu'ils font partie de son triomphe, car ils représentent l'Eglise si glorieusement enfantée sur la croix.

Le sarcophage précédemment publié dans les « Annales »' est tout entier consacré au souvenir de la Passion, mais également de la Passion envisagée par son côté glorieux : Notre-Seigneur comparaît devant Pilate; mais, avec l'attitude plutôt d'un juge que d'un condamné et son couronnement d'épines se change en un couronnement de fleurs. Le portement de la croix semble conçu, il est vrai, dans un sentiment d'humiliation, sinon de souffrance; toutefois, ce n'est pas le Christ lui-même, selon toutes les apparences, qui est ainsi représenté ; un autre lui a été substitué, Simon-le-Cyrénéen, probablement, et l'on s'est attaché au fait historique de son intervention pour rappeler le combat dont la victoire est le prix, tout en évitant d'en appliquer à Jésus lui-même les ignominies passagères.

\, Planche indiquée précédemment, fig. 5.

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