RÉCOMPENSES
^accomplis un devoir de reconnaissance doublé d'un sentiment de bonne amitié, en apprenant aux lecteurs des « Annales archéologiques », — beaucoup d'entre eux pourraient l'ignorer, — que l'un des principaux et des plus anciens collaborateurs de ce recueil, M. Alfred Darcel, a reçu la croix de la Légion d'honneur en août dernier. Bien des personnes éprouveront un grand élonnement à la lecture de cette nouvelle, car elles pensaient, cela est probable du moins, que M. Darcel avait reçu depuis longtemps cette distinction. Il est évident que le savant et infatigable archéologue méritait, il y a plusieurs années déjà, la croix qui est venue le trouver cette année-ci : ses services sont anciens, considérables et nombreux ; mais si l'attente a semblé longue à ses amis, leur satisfaction n'en est que plus grande, comme la valeur attribuée à la récompense officielle est proportionnée aux titres qui l'ont fait obtenir.
Une bonne part de ces titres accumulés par M. Darcel est formée des travaux si variés que notre ami a publiés dans les « Annales » : Thonneur qui lui a été accordé rejaillit donc sur cette publication, dont il reste le fidèle collaborateur.
Une haule distinction vient d'être également accordée à celui des rédacteurs des « Annales archéologiques » dont un mémoire d'une importance exceptionnelle absorbe la plus grande partie de cette livraison : j'ai nommé M. le chanoine Barbier de Montault. Le savant ecclésiastique a reçu dernièrement de Rome le titre de camérier d'honneur du pape Pie IX. Une semblable récompense a un grand prix pour notre collaborateur, mais elle
honore k un degré suprême l'archéologie du Moyen-Age, à laquelle M. Barbier de Montault a dévoué sa plume, ainsi que les doctrines que nous défendons.
LE TÉLÉICONOGRAPHE.
M. Henry Révoil, l'habile architecte des cathédrales de Montpellier, de Fréjus et d'Aix-en-Provence, ainsi que des arènes de Nîmes et de l'amphithéâtre d'Arles, vient d'inventer un instrument fort ingénieux qu'il appelle le téléiconographe, c'est-à-dire qui sert à a dessiner les images de loin ». On s*étonne qu'un semblable instrument, à l'aide duquel il est. facile de reproduire, à une grande échelle, des objets placés à plusieurs kilomètres de distance, n'ait pas été trouvé plus tdt. Tant mieux, du reste, puisque Thonneur en revient à notre ami, lequel peut se vanter d'avoir rendu un service inappréciable aux archéologues qui dessinent, aux artistes, ainsi qu'aux officiers d'état-major et du génie. Cette invention fait grand bruit, comme on devait s'y attendre; aussi l'empereur Napoléon, comprenant les immenses avantages qui pouvaient en résulter dans une campagne, s'est-il fait présenter M. Révoil et l'a-t-il invité à lui donner des explications sur le téléiconographe.
J'ai vu des desseins merveilleux exécutés par M. Révoil à l'aide de son instrument : sites alpestres, détails d'architecture et de sculpture copiés à une distance considérable, tout est parfait d'exactitude et rejette bien loin ce qu'on obtenait jusqu'ici avec la chambre claire, qui déformait les objets et ne permettait pas de les reproduire dans d'aussi grandes dimensions.
On ne peut que féliciter M. Révoil et souhaiter que son téléiconographe soit entre les mains de tous les archéologues-artistes.